Le cours de Melexis a pris deux orientations opposées, récemment. Si les chiffres du premier trimestre sont, dans l'ensemble, en ligne avec les attentes, les prévisions émises pour le trimestre en cours sont, elles, inférieures aux projections des analystes. Le marché des semi-conducteurs a peu évolué, ces derniers mois. Les clients ont réduit leurs stocks, et donc passé moins de commandes. Par ailleurs, aucune amélioration n'est à prévoir à court terme sur les plans économique et géopolitique. Françoise Chombar a néanmoins su rassurer les investisseurs. Selon la CEO, le pire est passé: de timides améliorations sont observées, au cours de ce trimestre. Il n'en a pas fallu davantage pour que la perte initiale de près de 7% du cours soit gommée.
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Le cours de Melexis a pris deux orientations opposées, récemment. Si les chiffres du premier trimestre sont, dans l'ensemble, en ligne avec les attentes, les prévisions émises pour le trimestre en cours sont, elles, inférieures aux projections des analystes. Le marché des semi-conducteurs a peu évolué, ces derniers mois. Les clients ont réduit leurs stocks, et donc passé moins de commandes. Par ailleurs, aucune amélioration n'est à prévoir à court terme sur les plans économique et géopolitique. Françoise Chombar a néanmoins su rassurer les investisseurs. Selon la CEO, le pire est passé: de timides améliorations sont observées, au cours de ce trimestre. Il n'en a pas fallu davantage pour que la perte initiale de près de 7% du cours soit gommée. Mais, dans le secteur, on n'est pas toujours optimiste. Texas Instruments, par exemple, a étouffé l'espoir d'un redressement rapide du marché des semi-conducteurs. La niche des puces destinées aux voitures se porte nettement mieux, mais la progression sera-t-elle suffisante pour se refléter dans les résultats globaux? Le mois dernier, Infineon revoyait à la baisse ses prévisions de croissance pour l'ensemble de l'année. Et à 116,5 millions d'euros au terme des trois premiers mois de 2019, le chiffre d'affaires (CA) de Melexis est de 16% inférieur à celui de l'année précédente. La société a pourtant tiré profit de l'évolution du dollar, qui a progressé de 3% face à l'euro. A cours de change constants, le repli, par rapport à un an plus tôt, aurait atteint 19%, ce que le groupe avait d'ailleurs annoncé en début d'année. Du fait de l'érosion du bénéfice brut (-26%), la marge brute a reculé à 40,1%, contre encore 45,3% un an auparavant. De 54%, le recul du bénéfice opérationnel (Ebit) est encore plus marqué. La marge d'Ebit stagne à 13,5% (contre 24,6% en 2018). Les perspectives d'Ebit pour le trimestre courant (entre 117 et 123 millions d'euros) sont inférieures au consensus (125 millions). Il en va de même pour la marge brute (41%) et la marge d'Ebit (14%). Pour Melexis, l'évolution du nombre de semi-conducteurs par véhicule est plus importante que les ventes d'automobiles mêmes. Mais, de par son caractère cyclique, la santé du marché automobile demeure en tout état de cause un paramètre déterminant. Or tous les principaux marchés de débouchés sont en perte de vitesse. En Chine, les ventes de véhicules de tourisme ont reculé en mars pour le neuvième mois d'affilée. Au premier trimestre, le marché automobile chinois a fléchi de 13,7% et aux Etats-Unis, de 4%. Beaucoup dépendra en outre de la décision de Donald Trump d'instaurer ou non sa taxe à l'importation de 25% sur les voitures et les pièces. Laquelle taxe nuirait très probablement aux ventes. Au sein de l'Union européenne, les immatriculations de voitures ont reculé de 3,3%, au premier trimestre. Et il semble que la baisse s'accélère, puisqu'en mars, le septième mois consécutif de recul, le marché a faibli de 3,9%. Melexis pronostique pour 2019 un CA inférieur à celui de 2018 (569,4 millions d'euros). La marge brute devrait être comprise entre 41 et 43%, contre encore 45,9% l'an dernier. Melexis est bien positionné sur le marché et sa santé financière est bonne. Mais son action est pour l'heure excessivement chère. Ni les résultats trimestriels ni les perspectives ne peuvent justifier la hausse de cours de plus de 40% (!) depuis le début de l'année et la prime de valorisation par rapport à la moyenne du secteur. De (bien) meilleures opportunités d'entrée se présenteront. Alléger. Conseil: vendreRisque: moyenRating: 3BCours: 72,25 eurosTicker: MELE BBCode ISIN: BE0165385973Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 2,9 milliards EURC/B 2018: 29C/B attendu 2019: 37,5Perf. cours 12 mois: -4%Perf. cours depuis 01/01: +42%Rendement du dividende: 3%