Tous les astres étaient alignés pour le fabricant de semi-conducteurs, au dernier trimestre de 2020: la demande sur les marchés finaux a bondi (hausse des ventes d'automobiles) et les stocks des clients étaient bien dégarnis. Certains signes pointaient déjà vers un redressement du marché automobile mondial au terme du 3e trimestre, et la tendance s'est confirmée entre octobre et décembre. Or, l'industrie des semi-conducteurs ne disposant pas de suffisamment de capacités de production, les fabricants d'automobiles et leurs fournisseurs ont rapidement manqué de puces. Melexis, lui, a pu tirer profit au maximum de la situation: le groupe avait veillé à maintenir ses stocks. Cette stratégie aurait pu se retourner contre lui, alors que la menace d'une troisième va...

Tous les astres étaient alignés pour le fabricant de semi-conducteurs, au dernier trimestre de 2020: la demande sur les marchés finaux a bondi (hausse des ventes d'automobiles) et les stocks des clients étaient bien dégarnis. Certains signes pointaient déjà vers un redressement du marché automobile mondial au terme du 3e trimestre, et la tendance s'est confirmée entre octobre et décembre. Or, l'industrie des semi-conducteurs ne disposant pas de suffisamment de capacités de production, les fabricants d'automobiles et leurs fournisseurs ont rapidement manqué de puces. Melexis, lui, a pu tirer profit au maximum de la situation: le groupe avait veillé à maintenir ses stocks. Cette stratégie aurait pu se retourner contre lui, alors que la menace d'une troisième vague de coronavirus aurait pu tuer dans l'oeuf la reprise. Melexis tablait sur un chiffre d'affaires (CA) de 140 millions d'euros pour le 4e trimestre, le consensus, 145 millions. Avec 147,4 millions d'euros, il a dépassé les attentes. En rythme trimestriel, la croissance atteint 21%, malgré un effet de change négatif de 3% lié à la dépréciation du dollar. Comme au 3e trimestre, Melexis a donc dû acter une dépréciation de ses stocks, à 123,5 millions d'euros (128,5 millions, un an auparavant). Depuis, la paire euro/dollar a encore reculé, de 1,23 à 1,2. Dans ses prévisions pour l'exercice 2021, Melexis se basait sur un cours à 1,21. La marge brute s'est établie à 39,5%, la marge opérationnelle à 17,5%. Melexis a généré un cash-flow disponible de 29,6 millions d'euros. Grâce à l'excellent 4e trimestre, le groupe a enregistré une croissance de son CA (+4%) sur l'ensemble de l'exercice, à 507,5 millions d'euros; la marge brute (39%) a été nettement plus élevée qu'en 2019. Melexis a réalisé un résultat net de 65,3 millions d'euros (+15%), ou 1,72 euro par action. La division non-automobile a publié une croissance du CA de pas moins de 40%. Les marges de l'activité automobile compensent la faiblesse de celles de ce segment. Notons que le nombre de semi-conducteurs par véhicule va croissant; les véhicules électriques et hybrides en comptent bien davantage que ceux à combustion classique. Melexis pronostique un carnet de commandes fourni pour le 1er semestre de 2021, mais se montre plus prudent pour le 2e. Il prévoit pour le 1er trimestre en cours un CA de l'ordre de 155-160 millions d'euros, ou 10% de plus que le consensus. Pour l'intégralité de l'exercice 2021, Melexis vise une croissance du CA de 15 à 20% et une marge brute de 41%. Sur l'exercice 2020, le groupe a produit un cash-flow disponible de 71 millions d'euros. A l'issue du 4e trimestre, il détenait 59 millions d'euros en caisse, pour un endettement à long terme de 64 millions. Françoise Chombar, co-fondatrice et CEO du groupe, démissionnera cet été pour prendre la présidence du conseil d'administration. Ce dernier présentera à l'assemblée générale un dividende brut final de 0,9 euro par action, qui porterait le dividende total à 2,2 euros brut.Si l'on excepte la dépréciation du dollar, le contexte de marché était optimal au 4e trimestre. Par sa stratégie judicieuse, Melexis a pu en tirer parti au maximum. L'action vaut plus de 6 fois le CA et plus de 20 fois le bénéfice d'exploitation attendus en 2021. Dans l'hypothèse d'une hausse du bénéfice par action de 25% cette année, le rapport cours/bénéfice dépasse 40. C'est extrêmement onéreux - et une nouvelle hausse n'est pas à exclure, vu que Melexis pourrait se faire racheter. Nulle raison, pour autant, de se précipiter sur le titre. Conseil: conserver/attendreRisque: faibleRating: 2ACours: 97,5 eurosTicker: MELE BBCode ISIN: BE0165385973Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 3,9 milliards EURC/B 2020: 57C/B attendu 2021: 45Perf. cours sur 12 mois: +27%Perf. cours depuis le 01/01: +22% Rendement du dividende: 2,3%