Robert McEwen, fondateur et actionnaire majoritaire du groupe, va jusqu'à parler d'exercices 2019 et 2020 catastrophiques. L'exercice en cours ne s'annonce pas extraordinaire non plus. Il s'agira plutôt d'une année de transition, dédiée à la résolution des problèmes de production, à la poursuite des travaux d'exploration et à l'étude d'éventuelles scissions destinées à séduire les investisseurs, après l'annonce de résultats très nettement inférieurs à la moyenne du secteur.
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Robert McEwen, fondateur et actionnaire majoritaire du groupe, va jusqu'à parler d'exercices 2019 et 2020 catastrophiques. L'exercice en cours ne s'annonce pas extraordinaire non plus. Il s'agira plutôt d'une année de transition, dédiée à la résolution des problèmes de production, à la poursuite des travaux d'exploration et à l'étude d'éventuelles scissions destinées à séduire les investisseurs, après l'annonce de résultats très nettement inférieurs à la moyenne du secteur. McEwen Mining s'articule autour de quatre mines en activité (El Gallo, San José, Black Fox et Gold Bar), un projet en cours de développement (Lexam VG Gold, à proximité de Black Fox) et une opportunité dans le cuivre (Los Azules). Compte tenu de l'envolée du cours du cuivre, Robert McEwen envisage de faire coter Los Azules à part, étant entendu que McEwen Mining en resterait un actionnaire important. La production de la mine mexicaine d'El Gallo arrivera bientôt à son terme mais grâce à Fenix, un projet d'extraction d'argent de taille moyenne, sa durée devrait être prolongée. Fenix aussi pourrait être coté à part, tout en conservant McEwen Mining comme actionnaire de référence. Ces opérations permettraient de financer tant Los Azules que Fenix. Les fonds disponibles (49 millions de dollars) pourraient alors être affectés à la résolution des problèmes dans les mines en activité et à la poursuite des travaux d'exploration, dans le but de porter la production aux alentours de 300.000 onces troy d'équivalent or à partir de 2023, un objectif dont le groupe a été très éloigné en 2020 (114.800 onces troy, ou une chute de 34% par rapport aux 174.400 onces produites en 2019). La crise sanitaire ayant durement frappé en Amérique du Nord et en Amérique latine (Mexique, Argentine), le recul affecte toutes les mines. Gold Bar pose problème. Dès sa mise en service (retardée), en juin 2019, les chiffres de production prévisionnels sont apparus trop optimistes. Le projet n'a pas la qualité annoncée, et les réserves sont de 25% à 35% moins élevées que prévu - d'où la dépréciation de 83,8 millions de dollars actée en 2020. Cette dépréciation, ajoutée à la révision de la production prévisionnelle et à la hausse des coûts de production (due surtout à la pandémie), a fait plonger dans le rouge les résultats du groupe (seule San José s'est révélée rentable). Après avoir perdu non moins de 59,7 millions de dollars (-0,17 dollar par action) en 2019, McEwen Mining a achevé l'exercice suivant sur une perte de 152,3 millions (-0,38 dollar), ce qui l'a contraint à lever des fonds bien plus souvent que prévu. La démarche n'a heureusement engendré aucune décote, la levée du mois d'août ayant même été assortie d'une prime de 21%. Le groupe espère produire entre 141.000 et 160.400 onces troy d'équivalent or en 2021. Les résultats sont extrêmement décevants depuis deux ans. L'augmentation soutenue des cours des métaux précieux est une véritable béquille pour les mines dans cette situation; mais pour redevenir rentable à partir de 2022, et pour recommencer à attirer les investisseurs, McEwen Mining va devoir annoncer plus que l'augmentation de production évoquée. Des scissions bien menées pourraient y aider. Nous avons là un candidat au redressement pour l'investisseur conscient des risques. Conseil: acheterRisque: élevéRating: 1CCours: 1,14 dollarTicker: MUX USCode ISIN: US58039P1075Marché: NYSECapit. boursière: 523 millions USDC/B 2020: -C/B attendu 2021: -Perf. cours sur 12 mois: +91%Perf. cours depuis le 01/01: +9%Rendement du dividende: -