Le titre LVMH (pour LouisVuitton Moët Hennessy) a inscrit un nouveau record à l'annonce de ventes en forte hausse, mais brille moins qu'au trimestre précédent. La croissance du bénéfice a manqué de peu les attentes, mais Bernard Arnault, l'actionnaire de référence, n'a pas de raison de se plaindre: depuis janvier 2019, ses seules actions LVMH ont accru sa fortune de 28,8 milliards d'euros, ce qui en fait de loin l'Européen le plus riche. Les doutes entourant la conjoncture chinoise se sont à nouveau dissipés et les Chinois les plus fortunés - des clients cruciaux pour le secteur du luxe - se sont remis à acheter. Mais les belles performances de LVMH ne se résument pas à l'empire du Milieu. Le groupe excelle à identifier les nouveaux talents du design et ...

Le titre LVMH (pour LouisVuitton Moët Hennessy) a inscrit un nouveau record à l'annonce de ventes en forte hausse, mais brille moins qu'au trimestre précédent. La croissance du bénéfice a manqué de peu les attentes, mais Bernard Arnault, l'actionnaire de référence, n'a pas de raison de se plaindre: depuis janvier 2019, ses seules actions LVMH ont accru sa fortune de 28,8 milliards d'euros, ce qui en fait de loin l'Européen le plus riche. Les doutes entourant la conjoncture chinoise se sont à nouveau dissipés et les Chinois les plus fortunés - des clients cruciaux pour le secteur du luxe - se sont remis à acheter. Mais les belles performances de LVMH ne se résument pas à l'empire du Milieu. Le groupe excelle à identifier les nouveaux talents du design et séduit donc aussi les millenials et la génération Z.Au premier semestre de l'exercice 2019, la croissance du chiffre d'affaires (CA) a atteint 15% (de 21,75 à 25,08 milliards d'euros) et la croissance organique, 12%. Les analystes ont revu leurs prévisions à la hausse, à 52,6 milliards d'euros en moyenne, pour l'exercice 2019 (12,4% de plus que les 46,8 milliards d'euros de 2018), excédant avec trois ans d'avance l'objectif de 50 milliards de CA fixé en 2015. Seule ombre au tableau: la hausse de 14% du bénéfice opérationnel (Ebit), de 4,65 à 5,29 milliards d'euros, a été légèrement inférieure aux attentes, même si le ralentissement semble logique après la croissance spectaculaire de 21% en 2018. La marge d'Ebit reste intéressante, à 21,1%, stable en base annuelle. Le bénéfice net a augmenté de 9%, de 3 à 3,27 milliards d'euros. La plus grande - et rentable - division du groupe, Mode & Maroquinerie, a apporté une bonne surprise, avec une croissance organique du CA de 18%. Florilège de marques renommées à l'international, telles que Louis Vuitton, Fendi, Givenchy ou Kenzo, elle pesait 41,5% du CA au 1er semestre et plus de 59% de l'Ebit l'an dernier. L'autre division très rentable est Vins & Spiritueux, avec notamment les marques Moët & Chandon, Dom Perignon, Veuve Cliquot, Château d'Yquem ou Hennessy. Son CA a progressé de 9% (+6% en termes organiques) sur le semestre écoulé grâce notamment à la belle performance du cognac Hennessy (+8%) aux Etats-Unis et en Chine. Les volumes de champagne (-1%) ont en revanche déçu. Outre les boutiques Sephora, la division Distribution sélective comprend surtout le groupe DFS (première chaîne de boutiques de luxe pour voyageurs, avec plus de 1.100 boutiques); son CA a augmenté de 12% (croissance organique: 8%). Les résultats de Sephora ont été dopés par les débuts exceptionnels de Fenty Beauty, la nouvelle ligne de maquillage de la popstar Rihanna, vendue en exclusivité dans la chaîne. Les résultats des autres divisions: Montres & Joaillerie (TAG Heuer, Zenith, Hublot...) et Parfums & Cosmétiques (Christian Dior, Guerlain, Givenchy ...) sont restés en deçà de la moyenne du groupe, avec une croissance organique respective de 4 et 9%. LVMH publie une nouvelle fois des résultats de qualité. Grâce au redressement de la demande en Chine et à sa capacité à capter les tendances, le groupe de luxe enregistre un CA record et l'action a encore gagné près de 50% depuis janvier. Mais à 26 fois le bénéfice attendu pour 2019 et avec une valeur d'entreprise attendue à 15,5 fois le cash-flow opérationnel (Ebitda), la valorisation s'envole - alors même que Donald Trump menace de taxer davantage les vins français. Au vu de la vulnérabilité du titre, coûteux, nous recommandons pour l'instant une prise de bénéfices.Conseil: vendre Risque: faibleRating: 3ACours: 378,50 eurosTicker: MC FPCode ISIN: FR0000121014Marché: Euronext ParisCapit. boursière: 191,3 milliards EURC/B 2018: 29C/B attendu 2019: 26Perf. cours sur 12 mois: +284%Perf. cours depuis le 01/01: +46%Rendement du dividende: 1,6%