La marque de luxe par excellence nous a habitués à un certain type de résultats. La pandémie de Covid-19 a beau l'avoir desservie pendant quelques mois, il est clair qu'elle relève d'une catégorie à part. Elle a visiblement tiré un trait sur la crise sanitaire, puisqu'elle affiche désormais une croissance de 84% de son chiffre d'affaires, là où les analystes misaient sur 72%. Sur le semestre, son chiffre d'affaires s'est envolé de 56% (de 18,39 milliards à 28,66 milliards d'euros), un taux de croissance lui aussi supérieur au consensus. Sur le plan organique (hors cessions et acquisitions), la progression atteint 53%. La comparaison avec un semestre marqué par la pandémie est évidemment tronquée, mais la croissance organique par rapport au 1er semestre de ...

La marque de luxe par excellence nous a habitués à un certain type de résultats. La pandémie de Covid-19 a beau l'avoir desservie pendant quelques mois, il est clair qu'elle relève d'une catégorie à part. Elle a visiblement tiré un trait sur la crise sanitaire, puisqu'elle affiche désormais une croissance de 84% de son chiffre d'affaires, là où les analystes misaient sur 72%. Sur le semestre, son chiffre d'affaires s'est envolé de 56% (de 18,39 milliards à 28,66 milliards d'euros), un taux de croissance lui aussi supérieur au consensus. Sur le plan organique (hors cessions et acquisitions), la progression atteint 53%. La comparaison avec un semestre marqué par la pandémie est évidemment tronquée, mais la croissance organique par rapport au 1er semestre de 2019 atteint 11%. Avec une croissance de -16% et malgré une hausse de 87% au 2e trimestre par rapport à avril-juin 2020, l'Europe reste seule à la traîne. L'on sait à quel point la maison Mode et Maroquinerie est cruciale pour le groupe: elle a clos le 2e trimestre sur une croissance organique de 120% de son chiffre d'affaires (7,125 milliards d'euros) en glissement annuel, et de 40% par rapport au 2e trimestre de 2019. Cette division, connue dans le monde entier pour ses marques Louis Vuitton, Fendi, Donna Karan, Givenchy, Kenzo, etc., a réalisé plus de 48% du chiffre d'affaires consolidé du semestre. C'est à elle aussi que le groupe doit 86,5% de son bénéfice opérationnel (7,19 milliards d'euros sur 8,30 milliards). La maison Vins et Spiritueux, dont les marques phares sont Moët & Chandon, Dom Perignon, Veuve Clicquot, Château d'Yquem et Hennessy, pour ne citer qu'elles, a elle aussi excellé, puisqu'elle a achevé le 2e trimestre sur une augmentation organique de 55% de son chiffre d'affaires, et de 7% par rapport au 2e trimestre de 2019. Outre les boutiques Sephora, l'activité Distribution sélective comprend principalement le groupe DFS, qui, avec ses 1.100 points de vente et plus, est la plus grande chaîne de magasins de luxe pour voyageurs. Cette division ne s'est que partiellement remise du confinement (-25% de chiffre d'affaires toujours par rapport aux six premiers mois de 2019). LVMH s'est offert en janvier le joaillier Tiffany & Co, pour un prix qui avoisine les 15 milliards d'euros. Le pôle Montres et Joaillerie affiche une croissance explosive de son chiffre d'affaires (+120% au 2e trimestre et +210% sur le semestre): l'intégration est réussie.En plus d'être essentielle à l'évolution du chiffre d'affaires, Mode et Maroquinerie est absolument dominante en termes de rentabilité: elle a assuré au 1er semestre une contribution de 74,1% (5,66 milliards d'euros sur 7,63 milliards) au résultat opérationnel récurrent (Rebit, soit l'Ebit dont sont exclus les éléments exceptionnels) du groupe. Le Rebit consolidé des six premiers mois de l'année a surclassé de 360% celui du 1er semestre de 2020 et de 44% celui de janvier-juin 2019 (de 74%, même, pour Mode et Maroquinerie). Les analystes et les investisseurs ont une nouvelle fois et à juste titre réagi avec enthousiasme à l'annonce des trimestriels du géant du luxe. LVMH est sans conteste une action de qualité mais à quelque 19 fois le ratio valeur de l'entreprise (EV)/cash-flow opérationnel et à 35 fois le bénéfice escomptés pour 2021, elle est également très onéreuse. Les résultats ont en tout état de cause permis au cours de franchir les 700 euros et à la capitalisation boursière de dépasser les 350 milliards. Phénoménal! Mais une correction intermédiaire s'impose désormais. Conseil: conserver/attendreRisque: faibleRating: 2ACours: 698,1 eurosTicker: MC FPCode ISIN: FR0000121014Marché: Euronext ParisCapit. boursière: 352,4 milliards EURC/B 2020: 37C/B attendu 2021: 35,5Perf. cours sur 12 mois: +89%Perf. cours depuis le 01/01: +37%Rendement du dividende: 1%