Le numéro 1 mondial du luxe Louis Vuitton Moët Hennessy (LVMH) publie toujours de très bons résultats. Mais cette fois, au terme du premier trimestre, les investisseurs se sont enthousiasmés, portant le cours à un nouveau sommet (hausse de plus de 5 %). Cette ascension fait aussi le bonheur de Bernard Arnault, l'actionnaire de référence du groupe: depuis le début de cette année, sa fortune a gonflé de 20,1 milliards d'euros. Il est indubitablement l'homme le plus riche d'Europe.
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Le numéro 1 mondial du luxe Louis Vuitton Moët Hennessy (LVMH) publie toujours de très bons résultats. Mais cette fois, au terme du premier trimestre, les investisseurs se sont enthousiasmés, portant le cours à un nouveau sommet (hausse de plus de 5 %). Cette ascension fait aussi le bonheur de Bernard Arnault, l'actionnaire de référence du groupe: depuis le début de cette année, sa fortune a gonflé de 20,1 milliards d'euros. Il est indubitablement l'homme le plus riche d'Europe. Moins inquiets à présent - Pékin et Washington semblent proches d'un accord commercial -, les Chinois aisés, qui tiennent à bout de bras le secteur, se remettent à consommer des produits de luxe. Mais ce seul facteur ne saurait expliquer l'important regain d'intérêt pour les produits du groupe. LVMH sait aussi soigner son image: en dénichant régulièrement de nouveaux talents du design, il s'assure de plaire aux jeunes également. Au premier trimestre de 2019, la croissance du chiffre d'affaires (CA) s'est établie à 16% (en glissement annuel, le CA est passé de 10,85 à 12,54 milliards d'euros), au delà du consensus. La croissance organique a atteint 11%. Alors qu'en 2015, nous estimions qu'un CA de 50 milliards d'euros était envisageable en 2020 (vu qu'en 2010, le CA s'était monté à 20 milliards), depuis la publication des résultats du premier trimestre, les analystes s'accordent à dire qu'au terme de l'exercice courant déjà, il atteindra 51,7 milliards (cela suppose une croissance de 11,2 %, par rapport à 2018). L'année dernière, le bénéfice opérationnel s'était accru de 21% (de 8,29 à 10 milliards d'euros), le bénéfice net avait bondi de 18% (de 5,36 à 6,35 milliards). Les analystes et investisseurs, qui chaque trimestre décortiquent en particulier les chiffres du pôle Mode et maroquinerie, le plus grand et le plus rentable du groupe, avaient été très agréablement surpris. Le pôle a rapporté une croissance organique de 15% et une part de plus de 59% dans les bénéfices d'exploitation récurrents (Rebit) du groupe. Ce pilier de la maison LVMH a contribué au CA consolidé à hauteur de 40,8% au premier trimestre de 2019.Le deuxième pôle du groupe par l'importance du Rebit, Vins et Spiritueux, a vu son CA progresser de 13% au premier trimestre (de 1,19 à 1,35 milliard d'euros; croissance organique de 9%). Cette hausse tient également à la progression (de 11%) des ventes de cognac Hennessy aux Etats-Unis et en Chine. Le pôle Distribution sélective, qui regroupe, outre les boutiques Sephora, celles du groupe DFS (produits de luxe destinés aux voyageurs), a vu son CA gagner 13% et la croissance organique atteindre 8%. Les deux derniers pôles, Montres et joaillerie et Parfums et cosmétiques, ont affiché une croissance organique inférieure à la moyenne du groupe, avec respectivement 4% et 9%. Depuis janvier, LVMH a vu le cours de son action s'apprécier de plus de 30%. Celle-ci se traite par conséquent désormais à nouveau sur des multiples de valorisation trop élevés - à 24 fois le bénéfice et 13,5 fois le rapport valeur d'entreprise (EV)/cash-flows opérationnels (Ebitda) escomptés pour l'exercice courant. Nous jugeons dès lors préférable, du moins temporairement, de mettre les bénéfices à l'abri; le conseil passe à "vendre".Conseil: vendreRisque: faibleRating: 3ACours: 343,25 eurosTicker: MC FPCode ISIN: FR0000121014Marché: Euronext ParisCapit. boursière: 173,2 milliards EURC/B 2018: 27C/B attendu 2019: 24Perf. cours 12 mois: +24%Perf. cours depuis le 01/01: +33%Rendement du dividende: 1,7%