Au terme du premier semestre, la capitalisation boursière de Louis Vuitton Moët Hennessy (LVMH) dépasse les 150 milliards d'euros, mais l'action n'a fait que se rapprocher de son plus-haut de mai dernier. Un peu las, sans doute, les investisseurs ne l'ont pas propulsée à un nouveau record. Corsée, la valorisation appelle obligatoirement d'excellents résultats. Et ils le sont. Ils ont même impressionné les analystes. Mais LVMH peut faire mieux. La croissance du chiffre d'affaires (CA) sur les six premiers mois de l'année a atteint quelque 10%. La croissance organique (hors acquisitions et désinvestissements) est encore plus élevée: 12%. Cependant, la hausse des ventes ressort à 14% si l'on fait abstraction des éléments exceptionnels. Autrement di...

Au terme du premier semestre, la capitalisation boursière de Louis Vuitton Moët Hennessy (LVMH) dépasse les 150 milliards d'euros, mais l'action n'a fait que se rapprocher de son plus-haut de mai dernier. Un peu las, sans doute, les investisseurs ne l'ont pas propulsée à un nouveau record. Corsée, la valorisation appelle obligatoirement d'excellents résultats. Et ils le sont. Ils ont même impressionné les analystes. Mais LVMH peut faire mieux. La croissance du chiffre d'affaires (CA) sur les six premiers mois de l'année a atteint quelque 10%. La croissance organique (hors acquisitions et désinvestissements) est encore plus élevée: 12%. Cependant, la hausse des ventes ressort à 14% si l'on fait abstraction des éléments exceptionnels. Autrement dit: la croissance aurait pu être plus élevée. Pour l'heure à 21,75 milliards d'euros, le CA devrait plus que doubler, à 50 milliards d'euros, en 2020 (il s'établissait à 20 milliards en 2010), d'après la direction. Difficile de trouver l'objectif irréaliste, vu la croissance actuelle! La croissance organique du CA au deuxième trimestre est ressortie à 11%, alors que les analystes tablaient en moyenne sur 10,5%. Et le bénéfice d'exploitation (Ebit) progresse encore plus rapidement: il a gagné 28%, à 4,65 milliards d'euros, contre un consensus à 4,32 milliards d'euros. Dans la plus grande division du groupe, qui est aussi la plus rentable, Mode&Maroquinerie, le CA a progressé de 25% (en partie grâce à l'intégration de ChristianDior Couture), dont 15% de croissance organique. Elle s'est adjugé 39,5% du CA et 60% du bénéfice d'exploitation récurrent (Rebit) du groupe au premier semestre, grâce à une hausse du bénéfice de 27%, à 2,77 milliards d'euros. Dans Vins&Spiritueux, la deuxième division s'agissant de la rentabilité, le CA a reculé de 1%, mais la croissance organique a atteint 7%. Les ventes de champagne se sont contractées de 1%, mais celles de cognac Hennessy ont augmenté de 3%, grâce à leur succès grandissant en Chine. La division Distribution sélective, qui regroupe, outre les boutiques Sephora, le groupe DFS - la plus grande chaîne de magasins de luxe au monde destinée aux voyageurs -, a fait état d'une hausse de son CA de 1% à peine, en raison de l'arrêt de la concession de l'aéroport de Hong Kong, mais d'une croissance organique de 9%. Sephora a bénéficié de l'excellent démarrage des ventes de la nouvelle marque de maquillage (Fenty Beauty) de la star de la pop Rihanna, avec qui le groupe a conclu un contrat d'exclusivité. En moyenne, les résultats des divisions Montres&Joaillerie et Parfums&Cosmétiques sont les meilleurs du groupe: la croissance organique s'y est établie à 16% au premier semestre. L'Asie, qui contribue à hauteur de 38% au CA du groupe, est depuis un temps le premier marché du géant français du luxe. C'est là que LVMH a enregistré la croissance la plus rapide au premier semestre (18% de croissance organique). L'Europe s'adjuge 27% des ventes (9% pour la France), les Etats-Unis, 23%, et les autres marchés se partagent les 12% restants.C'est devenu une habitude: LVMH se démarque de la concurrence par la qualité de ses performances. Le géant français du luxe est le champion du secteur. A 24 fois le bénéfice attendu pour l'exercice 2018 et un rapport valeur d'entreprise (EV)/cash-flow d'exploitation (Ebitda) escompté de 13,5, LVMH affiche certes une valorisation élevée, mais le groupe n'est, singulièrement, pas plus cher que la moyenne du secteur. Conseil : conserver/attendreRisque : faibleRating : 2ACours : 301,5 eurosTicker : MC FPCode ISIN : FR0000121014Marché : Euronext ParisCapit. boursière : 152,3 milliards EURC/B 2017 : 25,5C/B attendu 2018 : 24Perf. cours sur 12 mois : +38 %Perf. cours depuis le 01/01 : + 23 %Rendement du dividende : 1,8 %