On a longtemps pu croire Melexis invincible. En juin, l'action s'échangeait à plus de 92 euros - un record -, ce qui portait la valeur boursière du groupe à plus de 3 milliards d'euros. Mais la fin de l'été a été néfaste tant à l'industrie automobile qu'au secteur des semi-conducteurs. Melexis a été lourdement sanctionné après la publication de son rapport relatif au troisième trimestre, pourtant en grande partie conforme aux prévisions. Le chiffre d'affaires s'établit à 146,7 millions d'euros, en hausse de 15% en glissement annuel et juste en deçà du consensus (147,9 millions). Contrairement au premier semestre, les fluctuations des cours de change n'ont pas influencé le chiffre d'affaires.
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On a longtemps pu croire Melexis invincible. En juin, l'action s'échangeait à plus de 92 euros - un record -, ce qui portait la valeur boursière du groupe à plus de 3 milliards d'euros. Mais la fin de l'été a été néfaste tant à l'industrie automobile qu'au secteur des semi-conducteurs. Melexis a été lourdement sanctionné après la publication de son rapport relatif au troisième trimestre, pourtant en grande partie conforme aux prévisions. Le chiffre d'affaires s'établit à 146,7 millions d'euros, en hausse de 15% en glissement annuel et juste en deçà du consensus (147,9 millions). Contrairement au premier semestre, les fluctuations des cours de change n'ont pas influencé le chiffre d'affaires. Le bénéfice opérationnel a augmenté de 15%, à 36,9 millions d'euros (prévisions: 37,1 millions), laissant la marge opérationnelle (25,1%) à peu près inchangée. La marge brute (46,4%) est aussi élevée qu'au deuxième trimestre et en hausse de 0,6% par rapport à l'année précédente. A 30,1 millions d'euros (0,74 euro par action), le bénéfice net est inférieur de 1 million au consensus. Les résultats n'ont donc rien de décevant, et confirment la légendaire prévisibilité de Melexis. Le problème réside plutôt dans les chiffres prévisionnels. En début d'année, la direction tablait sur une croissance de 12 à 15% du chiffre d'affaires, pronostic qui a été ramené à 13-14% après six mois. Au terme du troisième trimestre, le groupe semblait effectivement bien parti pour enregistrer une hausse de 13%, à 427,7 millions d'euros. Mais la politique commerciale des Etats-Unis commence à nuire au marché automobile. Les constructeurs allègent leurs stocks et diffèrent leurs commandes. Le marché automobile chinois - le plus vaste au monde - est en difficulté. Les ventes se sont contractées de 11,6% en septembre, le recul le plus marqué en sept ans. La croissance sur neuf mois s'établit à 1,5% et les 3% escomptés pour l'exercice ne seront sans doute pas atteints. Melexis a par conséquent ramené ses prévisions de croissance pour 2018 à 11%, à quoi correspond un chiffre d'affaires de 140 millions d'euros environ pour le quatrième trimestre, alors que le consensus misait sur 152 millions. Pas de panique, toutefois: les tendances de l'industrie automobile, à l'origine de la croissance soutenue de ces dernières années, restent intactes. La baisse des ventes de voitures n'est certes pas une bonne nouvelle mais l'augmentation du nombre moyen de semi-conducteurs par unité sera beaucoup plus déterminante. Les capteurs de Melexis sont indispensables à l'extension du parc électrique et hybride et les voitures autonomes sont prometteuses. Les analystes restent optimistes - leurs objectifs de cours élevés ne leur en laissent, il est vrai, pas le choix. Reste que les constructeurs automobiles, principaux clients de Melexis, se montrent désormais plus regardants et attendent avant de reconstituer leurs stocks. Melexis n'a donc pas encore publié de prévisions pour 2019; il les communiquera au plus tôt lors de la Journée des investisseurs, le 5 décembre.Quand une action frôle la perfection, le moindre raté lui est néfaste. Le creux explique donc la correction de plus de 40% subie depuis juin. Le marché automobile devrait se montrer hésitant au cours du prochain trimestre encore. La majeure partie de la survalorisation a désormais disparu mais malgré les bonnes perspectives de long terme, il est trop tôt pour envisager un redressement durable. Attendons. Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2BCours: 54,9 eurosTicker: MELE BBCode ISIN: BE0165385973Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 2,2 milliards EURC/B 2017: 19,5C/B attendu 2018: 18,7Perf. cours sur 12 mois: -28%Perf. cours depuis le 01/01: -31,8%Rendement du dividende: 3,8%