Les résultats du premier semestre ont montré la vulnérabilité d'Engie à la pandémie: recul de 9% du chiffre d'affaires, de 30% du cash-flow opérationnel (Ebitda) et de 50% du bénéfice net récurrent; des dépréciations exceptionnelles sur contrats financiers ont même gommé l'ensemble du bénéfice net déclaré. Le dividende a été supprimé. L'action n'a toujours pas digéré son décrochage de 40% au printemps et le groupe, services aux entreprises en tête, reste vulnérable à de nouvelles vagues de contamination en Europe et ailleurs, et donc à un ralentissement conjoncturel.
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Les résultats du premier semestre ont montré la vulnérabilité d'Engie à la pandémie: recul de 9% du chiffre d'affaires, de 30% du cash-flow opérationnel (Ebitda) et de 50% du bénéfice net récurrent; des dépréciations exceptionnelles sur contrats financiers ont même gommé l'ensemble du bénéfice net déclaré. Le dividende a été supprimé. L'action n'a toujours pas digéré son décrochage de 40% au printemps et le groupe, services aux entreprises en tête, reste vulnérable à de nouvelles vagues de contamination en Europe et ailleurs, et donc à un ralentissement conjoncturel. Les ventes de gaz naturel et d'électricité seront également moins rentables si la demande s'effondre à nouveau et que les prix baissent. Le Covid-19 a coûté à Engie environ 850 millions de dollars de bénéfice opérationnel au premier semestre de 2020. Si l'hiver relativement doux en Europe occidentale et la faiblesse du réal brésilien ont pesé, c'est surtout le virus qui, jusqu'à 2021, entretient l'incertitude sur les bénéfices.Sur une année normale, les résultats sont assez prévisibles, car une grande partie des bénéfices est garantie par des activités réglementées ou des contrats à terme. Fin juillet, lors de la publication des semestriels, la direction s'est risquée à de nouvelles prévisions pour 2020. Les prix de l'électricité sont revenus au niveau d'avant-crise. Les services aux entreprises restent en retrait, mais les commandes affluent. Pour l'ensemble de l'année, le bénéfice net récurrent est attendu à 1,7-1,9 milliard d'euros, ce qui permettrait à Engie de verser un dividende d'environ 0,55 euro par action en 2021. Mais l'actuelle nouvelle vague de contagions en Europe et aux Etats-Unis et le (re)confinement qu'elle peut entraîner pourraient peser sur l'économie et donc sur Engie.A plus long terme, la nature prévisible des revenus et la hausse constante des bénéfices forment des arguments de poids pour les investisseurs. Engie table d'ailleurs sur une reprise robuste à moyen terme. Grâce à sa diversification dans les énergies renouvelables, l'entreprise devrait profiter de l'ambition européenne d'accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les investissements seront principalement affectés à de nouveaux parcs éoliens et solaires. Engie entend se recentrer sur l'énergie et le climat, ce qui implique la vente d'activités non stratégiques. C'est dans ce contexte que s'inscrit la vente des 29,9% de la société environnementale Suez, pour laquelle, après quelques négociations, le groupe a reçu de Veolia la somme attrayante de 3,4 milliards d'euros.Engie peut ainsi renforcer son bilan, une opération plus que bienvenue en ces temps incertains. La dette financière nette s'élève à 25 milliards d'euros, soit 2,6 fois l'Ebitda. Ce ratio a légèrement augmenté en raison de la crise sanitaire, mais la stabilité à long terme des flux de trésorerie rend le fardeau de la dette gérable. Toutefois, Engie a également un passif nucléaire important et des engagements de retraite élevés, si bien que le ratio d'endettement réel s'élève à 4,3 fois l'Ebitda.Les résultats d'Engie se rétabliront assez rapidement une fois la crise terminée. Sa valorisation est très juste, avec un ratio cours/bénéfice de 15 pour 2020 (bénéfice plus faible) et 11 pour 2021, année de reprise, en principe. Le rendement du dividende s'élèverait à 4,6% et 6,3% respectivement. Cependant, la deuxième vague pandémique pourrait freiner cette évolution. Malgré cela, la valorisation est suffisamment intéressante pour que nous réitérions notre conseil d'achat.Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 11,7 eurosTicker: ENGICode ISIN: FR0010208488Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 28,4 milliards EURC/B 2019: 13C/B attendu 2020: 15Perf. cours sur 12 mois: -21%Perf. cours depuis le 01/01: -20%Rendement du dividende: 4,6%