Si 2016 avait été une année record en Chine et aux États-Unis, les deux principaux marchés automobiles, cette année-ci s'annonce bien moins faste. Sur le marché américain, les stocks sont élevés et les ventes en baisse. En Chine, la suppression de certaines subventions pèse sur la croissance. Le dollar, qui a perdu 12% de sa valeur par rapport à l'euro depuis le début de l'année, pèse également sur les résultats du groupe : 55% du chiffre d'affaires (CA) sont générés en dollar ou une devise qui lui y est associée. En revanche, les charges sont principalement libellées en euro. Quand Melexis a publié ses prévisions pour 2017 au terme du premier trimestre, l...

Si 2016 avait été une année record en Chine et aux États-Unis, les deux principaux marchés automobiles, cette année-ci s'annonce bien moins faste. Sur le marché américain, les stocks sont élevés et les ventes en baisse. En Chine, la suppression de certaines subventions pèse sur la croissance. Le dollar, qui a perdu 12% de sa valeur par rapport à l'euro depuis le début de l'année, pèse également sur les résultats du groupe : 55% du chiffre d'affaires (CA) sont générés en dollar ou une devise qui lui y est associée. En revanche, les charges sont principalement libellées en euro. Quand Melexis a publié ses prévisions pour 2017 au terme du premier trimestre, le cours de change euro/dollar s'élevait à 1,07. Il atteint désormais 1,15. Cela n'empêche pas Melexis de rester en croissance au deuxième trimestre. Le carnet de commandes bien rempli au terme du premier trimestre s'est traduit ensuite par une nette hausse du CA : les ventes ont progressé de 14%, à 128,3 millions d'euros, au deuxième trimestre. Dépassant à nouveau les attentes, le bénéfice brut s'est élevé à 59,4 millions d'euros (+17%) et le bénéfice opérationnel (EBIT) à 33,1 millions d'euros (+19%). Comme les profits progressent plus vite que le CA, la marge brute et la marge d'EBIT ont également augmenté, à respectivement 46,3 % et 25,8%. Le bénéfice net a gagné plus de 30%, à 30,8 millions d'euros. Sur l'ensemble du premier semestre, le CA, de 252 millions d'euros, est en hausse de 14% par rapport à la même période il y a un an. La marge brute est ressortie à 46 % et le bénéfice net a atteint 56,2 millions d'euros ou 1,39 euro par action, 22% de plus qu'il y a un an. Pour l'ensemble de l'exercice, Melexis table sur une croissance du CA de 12 à 14%. Le groupe franchirait ainsi pour la première fois le cap des 500 millions d'euros. Cela fait cinq ans que Melexis enregistre une croissance plus rapide que le marché. Au premier semestre, la dépréciation du dollar a été en grande partie compensée par des positions en produits dérivés. La stabilisation des ventes de voitures n'est pas une catastrophe pour le groupe. C'est en effet surtout l'évolution du nombre de semi-conducteurs et capteurs par voiture qui lui importe. Melexis est le quatrième acteur mondial dans le segment en forte croissance des capteurs pour voitures et profite de plusieurs tendances structurelles en matière de sécurité, d'environnement et de confort. À terme, les voitures autonomes pourraient devenir un pôle de croissance important pour le groupe parce que cette niche exige davantage de capteurs. À la fin du premier semestre, Melexis disposait de 80,7 millions d'euros en cash et placements. La dette à long terme s'établissait à 13,2 millions d'euros. Grâce à sa bonne position sur le marché, sa capacité à innover et ses finances saines, les perspectives sont très favorables pour Melexis. C'est surtout l'évolution des débouchés qui garantit sa croissance future. Mais tout cela a son prix, car l'action est chère et le rendement modeste. Nous tenterions plutôt d'acheter Melexis sur repli.Conseil : conserver/attendreRisque : moyenRating : 2BDevise : euroMarché : Euronext BruxellesCapit. boursière : 3,2 milliards EURC/B 2016 : 33,5C/B attendu 2017 : 29Perf. cours sur 12 mois : +36 %Perf. cours depuis le 01/01 : +25 %Rendement du dividende : 2,5