Dès la fin mars, la tendance au repli sur soi manifestée par les consommateurs propulsait ses chiffres du premier trimestre vers le haut, un phénomène que le confinement a amplifié au deuxième, éloignant de la sorte les nuages noirs qui s'amoncelaient au-dessus du cinquième groupe agroalimentaire au monde.
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Dès la fin mars, la tendance au repli sur soi manifestée par les consommateurs propulsait ses chiffres du premier trimestre vers le haut, un phénomène que le confinement a amplifié au deuxième, éloignant de la sorte les nuages noirs qui s'amoncelaient au-dessus du cinquième groupe agroalimentaire au monde. La colossale dépréciation (15,4 milliards de dollars) actée au début de 2019 sur le portefeuille de marques, qui avait fait plonger le cours de 27,5%, est donc un peu moins présente dans les esprits. Miguel Patricio, à la tête de Kraft Heinz depuis juillet 2019, ne peut que se réjouir des chiffres enregistrés entre avril et juin, qui démontrent, selon lui, la capacité de résistance du groupe. Il a promis de détailler, à l'occasion de la journée des investisseurs, en septembre, les mesures prévues pour que l'entreprise renoue avec une croissance pérenne de son chiffre d'affaires (CA) et de son bénéfice. Dont l'évolution surpasse, au demeurant, toutes les attentes: à 6,65 milliards de dollars, le CA a grimpé de 3,8% (6,41 milliards précédemment), malgré l'effet de change (-1,5%, dû à l'excellente santé du dollar) et des désinvestissements (-2,1%). La croissance organique (avant acquisitions et désinvestissements) du CA atteint donc un impressionnant 7,4%, alors que le consensus, à 6,53 milliards de dollars de ventes, attendait 2% de moins environ. La crise sanitaire n'a manifestement pas fait oublier leurs marques préférées aux amateurs de mayonnaise et de ketchup. Mieux encore: la rentabilité, problématique depuis plusieurs années, a progressé elle aussi. Le cash-flow opérationnel (Ebitda) ajusté a bondi de 12,4%, de 1,60 milliard à 1,799 milliard de dollars, portant de 25% à 27,1% la marge d'Ebitda (23%, au 1er trimestre), malgré l'effet de change et les désinvestissements. La croissance organique de l'Ebitda ajusté atteint dès lors 15,9%. Comme une partie de ses concurrents, Miguel Patricio augmente le prix d'une série de produits alors qu'avant lui, Bernard Hees avait revu les étiquettes à la baisse, pour préserver la croissance organique du CA. Le bénéfice ajusté s'établit à 0,80 dollar par action (0,78, précédemment), alors que le consensus misait sur 0,65 dollar (fourchette de 0,62 à 0,71 dollar). Cette fois, Berkshire Hathaway (le véhicule d'investissement de Warren Buffett) et 3G Global Food Holding (des actionnaires brésiliens d'AB InBev, notamment), les deux prestigieux actionnaires du groupe, n'auront pas manqué d'apprécier ses résultats. Le dividende trimestriel reste fixé à 0,40 dollar, ce qui fait de Kraft Heinz une action à dividende attrayante.Les résultats du 2e trimestre sont encore meilleurs que ceux du premier. Miguel Patricio semble véritablement remettre de l'ordre dans les affaires du groupe. Un nombre croissant d'analystes considèrent eux aussi d'un oeil plus favorable l'évolution de l'entreprise, ce qui explique que son cours se soit redressé à ce point depuis le niveau plancher atteint en mars. L'action, qui se négocie sous la valeur comptable (0,85 fois) et à un très raisonnable 13 fois le bénéfice (en baisse) escompté pour 2020, reste bon marché pour un géant de l'agroalimentaire dont le rendement en dividende est aussi élevé. Nous pourrions bien l'intégrer dans le portefeuille modèle en cas de repli. Conseil: conserver/attendreRisque: moyen Rating: 2BCours: 33,47 dollarsTicker: KHC USCode ISIN: US500751064Marché: NasdaqCapit. boursière: 40,92 milliards USDC/B 2019: 12C/B attendu 2020: 13Perf. cours sur 12 mois: +30%Perf. cours depuis le 01/01: +4%Rendement du dividende: 4,8%