L'industrie des semi-conducteurs pâtit du repli des ventes, lui-même dû au ralentissement de la croissance mondiale. Les clients réduisent stocks et commandes. Le conflit commercial sino-américain n'arrange pas les choses, tant s'en faut.
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L'industrie des semi-conducteurs pâtit du repli des ventes, lui-même dû au ralentissement de la croissance mondiale. Les clients réduisent stocks et commandes. Le conflit commercial sino-américain n'arrange pas les choses, tant s'en faut. Si des groupes comme Intel et AMD alignent malgré tout de bons résultats, Nvidia est source de déception. Son segment Data Center souffre, outre des causes précitées, de l'effondrement des cryptomonnaies, qui pèse sur la demande de calculs dans cette niche. Le chiffre d'affaires (CA) diminue depuis le 4e trimestre de 2018, mais il a aussi fléchi au cours des trois mois jusque fin octobre (3e trimestre de l'exercice 2019), pour s'établir à 3,01 milliards de dollars (-5,3% en base annuelle; consensus: recul à 2,92 milliards de dollars, même). La croissance trimestrielle n'en flirte pas moins avec les 17%. La division Gaming a cédé 6% mais avec un CA de 1,66 milliard de dollars, elle représente toujours plus de la moitié du CA consolidé. Malgré les progrès récents d'AMD, Nvidia reste en tête du segment des semi-conducteurs graphiques (GPU; part de marché de 73%). Elle doit cela à son alliance avec Nintendo, à qui elle livre des GPU pour sa console de jeux Switch. Celle-ci sera bientôt commercialisée en Chine, du moins si le conflit commercial ne s'en mêle pas (droits de douane?). Avec un CA de 726 millions de dollars, la division Data Center est la deuxième par ordre d'importance. Utilisés dans les serveurs pour le cloud computing, ses semi-conducteurs exigent énormément de puissance de calcul. L'intelligence artificielle compte au nombre de ses principales applications, et l'arrivée de la 5G pourrait lui donner un sérieux coup de pouce également. Désireuse de croître résolument dans cette niche, Nvidia s'est offert l'israélien Mellanox (qui intéressait aussi Intel), pour lequel elle a déboursé 6,8 milliards de dollars. La marge brute (64,1%; pronostic: 62,5%) est en nette hausse par rapport à l'an dernier (61%). L'entreprise, qui tire profit de l'augmentation des prix de vente et de la baisse du coût des composants, dégage un bénéfice net ajusté de 1,78 dollar par action, contre 1,97 dollar l'an dernier. Elle mise pour le 4e trimestre sur un CA de 2,95 milliards de dollars (plus ou moins 2%); c'est légèrement en deçà du consensus (3,06 milliards), mais c'est au moins la fin de la série de baisses d'une année sur l'autre. Le CA devrait avoir cédé 8% sur l'exercice. La direction annonce pour 2020 une croissance de 19%; c'est ambitieux, mais possible. Au sortir du 3e trimestre, Nvidia disposait d'une trésorerie de 9,8 milliards de dollars, pour un endettement de 2,6 milliards. Ces quatre derniers trimestres lui ont permis de dégager un cash-flow disponible de 2,8 milliards de dollars: sa situation financière est donc excellente. A 0,16 dollar par action, le dividende trimestriel est chiche. Les rachats d'actions propres reprendront dès que l'acquisition de Mellanox sera finalisée - au premier trimestre de l'an prochain, en principe.Malgré un CA en baisse depuis quatre trimestres, l'action est proche d'un record historique. Les prévisions pour l'an prochain sont ambitieuses, mais réalisables. La faiblesse de l'exercice 2019 fournira au groupe une base de comparaison facile pour 2020. La perspective de nouveaux rachats d'actions soutient le cours. La valorisation est tendue mais les lois de la pesanteur n'ont pour l'heure aucune prise sur Nvidia. Nous abaissons notre conseil, car courir derrière le titre n'a aucun sens. Conseil: vendreRisque: moyenRating: 3BCours: 209,42 dollarsTicker: NVDA USCode ISIN: US67066G1040Marché: NasdaqCapit. boursière: 128,2 milliards USDC/B attendu 2019: 31,5C/B attendu 2020: 37Perf. cours sur 12 mois: +34%Perf. cours depuis le 01/01: +54%Rendement du dividende: 0,3%