Le cours d'Engie ne reflète pas l'envolée des prix de l'électricité et du gaz naturel, même si le groupe, producteur d'électricité, profite évidemment de cette tendance haussière. La nette augmentation des bénéfices au 1er semestre de 2021 est ainsi due à la plus grande disponibilité des centrales nucléaires belges et à l'augmentation des prix de l'électricité. Les centrales électriques ont généré un bénéfice opérationnel supplémentaire de 285 millions d'euros. Engie ne produit pratiquement pas de gaz naturel, mais en distribue dans ses réseaux, sans levier de profit majeur; l'évolution du prix du gaz n'a donc que peu influencé sa rentabilité.
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Le cours d'Engie ne reflète pas l'envolée des prix de l'électricité et du gaz naturel, même si le groupe, producteur d'électricité, profite évidemment de cette tendance haussière. La nette augmentation des bénéfices au 1er semestre de 2021 est ainsi due à la plus grande disponibilité des centrales nucléaires belges et à l'augmentation des prix de l'électricité. Les centrales électriques ont généré un bénéfice opérationnel supplémentaire de 285 millions d'euros. Engie ne produit pratiquement pas de gaz naturel, mais en distribue dans ses réseaux, sans levier de profit majeur; l'évolution du prix du gaz n'a donc que peu influencé sa rentabilité.Le bonus constitué par la hausse des prix de l'électricité est toutefois limité par la stratégie des producteurs, qui vendent à l'avance, à un prix fixe, la majeure partie de l'électricité produite. En l'occurrence, Engie a déjà vendu cette année 93% de la production de ses centrales nucléaires et hydroélectriques, à 47 euros par mégawattheure (MWh). Or, le prix du marché était beaucoup plus élevé ces dernières semaines. La production de 2022 a déjà été vendue pour 64%, à 49 euros le MWh. La hausse des prix de l'électricité ne se répercute donc que lentement sur le compte de résultat. En limitant les possibilités de spéculation, cette stratégie bride les bénéfices, mais protège les marges lorsque les prix baissent.L'augmentation de la contribution aux bénéfices des centrales nucléaires n'explique pas à elle seule le redressement du bénéfice opérationnel après l'année difficile marquée par la crise sanitaire. Dans un contexte de reprise, Engie a pu réinstaller des solutions énergétiques et fournir d'autres services aux entreprises (installation de climatiseurs ou d'équipements de télécommunications). La division dédiée aux entreprises, dont le groupe souhaite se séparer, a vu son bénéfice opérationnel augmenter de 321 millions d'euros. La demande accrue de gaz naturel a aussi permis une hausse des bénéfices dans la division Réseaux, qui représente environ la moitié du bénéfice du groupe. Ensemble, les divisions ont généré un bénéfice opérationnel de 3,1 milliards d'euros au 1er semestre, en hausse de 44% environ sur un an. La direction a légèrement relevé ses prévisions en matière de bénéfice pour l'exercice 2021: elle table sur un bénéfice net récurrent de 2,5-2,7 milliards d'euros.La relative prévisibilité du bénéfice constitue une fois de plus une base solide pour le dividende. Engie reverse 65 à 75% du bénéfice net récurrent, avec un minimum de 0,65 euro par action sur la période 2021-2023. Cette politique met toutefois le bilan sous pression, d'autant que le groupe investit massivement dans les énergies renouvelables et les solutions énergétiques pour les entreprises et les réseaux internationaux. La direction entend garder le ratio d'endettement sous contrôle, mais doit, pour y parvenir, vendre des actifs non alignés avec sa stratégie (pour 9-10 milliards d'euros de cessions sont prévues en 2021-2023).Grâce à la réouverture de l'économie et à la plus grande disponibilité des centrales nucléaires, les bénéfices sont revenus à un niveau normal. Les investisseurs ne sont visiblement pas convaincus par la stratégie du groupe, censée conduire à une légère croissance du bénéfice et accroître la prévisibilité des résultats. La valorisation reste assez faible, avec un ratio cours/bénéfice de 11, une valeur d'entreprise de moins de six fois le cash-flow opérationnel et un rendement du dividende supérieur à 6%. Nous maintenons donc notre recommandation d'achat. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 11,7 eurosTicker: ENGICode ISIN: FR0010208488Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 28,2 milliards EURC/B 2020: 18C/B attendu 2021: 11Perf. cours sur 12 mois: +1%Perf. cours depuis le 01/01: -5%Rendement du dividende: 6,3%