Sur les marchés pétroliers, il en est allé tout autrement au premier trimestre de 2019 qu'au quatrième trimestre de 2018. En effet, le cours du baril de Brent était retombé de 85 à près de 50 dollars au cours des derniers mois de l'exercice passé. Cette année, il a récupéré plus de 60% du terrain perdu et s'échange pour l'heure à son plus haut en cinq mois. L'explication de cette ascension plus rapide que prévu réside surtout dans l'offre. La production des pays membres de l'Opep est à son plus bas niveau en quatre ans - le Venezuela est en crise, la Libye est elle aussi confrontée à une escalade de la violence, l'Iran exporte moins de pétrole depuis les sanctions américaines à son encontre. Et la production en Amérique du Nord bat certes son plein, mais ...

Sur les marchés pétroliers, il en est allé tout autrement au premier trimestre de 2019 qu'au quatrième trimestre de 2018. En effet, le cours du baril de Brent était retombé de 85 à près de 50 dollars au cours des derniers mois de l'exercice passé. Cette année, il a récupéré plus de 60% du terrain perdu et s'échange pour l'heure à son plus haut en cinq mois. L'explication de cette ascension plus rapide que prévu réside surtout dans l'offre. La production des pays membres de l'Opep est à son plus bas niveau en quatre ans - le Venezuela est en crise, la Libye est elle aussi confrontée à une escalade de la violence, l'Iran exporte moins de pétrole depuis les sanctions américaines à son encontre. Et la production en Amérique du Nord bat certes son plein, mais elle ne compense pas les pertes accusées ailleurs. Dans le même temps, la demande résiste mieux qu'attendu. Durant l'exercice 2018, le bénéfice net sous-jacent de BP a plus que doublé, en un an, à 12,7 milliards de dollars. Les cash-flows opérationnels (Ebitda) ont, eux, progressé d'un tiers, à 26,1 milliards de dollars, montant qui fait abstraction des 3,5 milliards que le groupe a versés au titre d'indemnisation des victimes de la catastrophe survenue dans le golfe du Mexique en 2010. Les ventes d'actifs ont rapporté autant, l'an dernier. BP cédera encore pour 10 milliards de dollars d'actifs non stratégiques les deux prochaines années. Pour pouvoir s'acquitter des amendes et dédommagements, BP s'est astreint à des économies et a choisi ses projets avec le plus grand soin durant plusieurs années. Le groupe récolte les fruits de cette stratégie, à présent. En 2018, la production de BP a augmenté à 3,7 millions de barils d'équivalent pétrole par jour (bep/j). Un niveau plus atteint depuis 2010 et qui inclut la contribution de la compagnie russe Rosneft (1,1 millionbep/j), dont BP détient 19,5 % du capital. Grâce à cette participation, BP a encaissé un dividende de 620 millions de dollars. Cette année, le projet Constellation (golfe du Mexique) a été mis en exploitation. Dès lors qu'elle sera soutenue par cinq des 15 projets que BP a en pipeline, la production devrait augmenter de 900.000 bep/j d'ici à 2021, ce qui entraînera une nouvelle baisse des coûts. Les résultats du premier trimestre devraient être comparables à ceux de la même période l'an dernier. Le produit de la vente d'actifs en Alaska et en mer du Nord financera les nouveaux actifs aux Etats-Unis. Cette année, BP ne devra plus débourser "que" deux milliards de dollars au titre de dédommagements. BP prévoyait qu'à 55 dollars le baril de Brent, ses cash-flows disponibles s'élèveraient à 14-15 milliards de dollars en 2021. Le cours est bien plus haut, au moment d'écrire ces lignes. En raison du rachat des activités de production de pétrole de schiste de BHP Billiton, la dette nette de BP est passée de 37,8 milliards fin 2017 à 44,1 milliards de dollars fin 2018, portant le taux d'endettement de 27,4 à 30,3%. Il n'y a cependant aucune raison de paniquer: la branche acquise contribue déjà aux bénéfices et cash-flows du groupe. BP a relevé son dividende de 2,5% et a racheté pour 355 millions de dollars d'actions propres, en 2018. La hausse du cours du pétrole est une aubaine pour BP. Elle se traduira dans les résultats du premier trimestre qui seront publiés le 30 avril. Ce sont surtout les activités amont qui en profiteront. BP est l'une des rares entreprises du secteur à combiner croissance de la production, pipeline de projets bien garni et rendement attrayant. Conseil: acheterRisque: élevéRating: 1CCours: 57,06 livres sterlingTicker: BP LNCode ISIN: GB00007980591Marché: London Stock ExchangeCapit. boursière: 116,1 milliards GBPC/B 2018: 16C/B attendu 2019: 14Perf. cours sur 12 mois: +20%Perf. cours depuis le 01/01: +14%Rendement du dividende: 5,4%