Depuis plusieurs décennies, la filière de la production et de la transformation agricoles est dominée par le quatuor "ABCD", formé par Archer Daniels Midland (ADM), Bunge, Cargill et Dreyfus - ces deux derniers n'étant pas cotés en Bourse. Mais tout pourrait bientôt changer. L'an passé, Bunge a été citée comme candidate à une acquisition à deux reprises. Il y a d'abord eu une tentative d'approche du géant suisse des matières premières Glencore, qui ne cache pas sa volonté d'acheter des actifs agricoles. Puis en février, le bruit s'est répandu qu'ADM et Bunge étaient en pleines négociations, mais elles auraient capoté en mars. Il est un fait que Bunge reste une proie attrayante pour ADM vu sa position dominante dans le segment de la transformation du soja en aliments pour bétail et sa forte présence en Amérique Latine...

Depuis plusieurs décennies, la filière de la production et de la transformation agricoles est dominée par le quatuor "ABCD", formé par Archer Daniels Midland (ADM), Bunge, Cargill et Dreyfus - ces deux derniers n'étant pas cotés en Bourse. Mais tout pourrait bientôt changer. L'an passé, Bunge a été citée comme candidate à une acquisition à deux reprises. Il y a d'abord eu une tentative d'approche du géant suisse des matières premières Glencore, qui ne cache pas sa volonté d'acheter des actifs agricoles. Puis en février, le bruit s'est répandu qu'ADM et Bunge étaient en pleines négociations, mais elles auraient capoté en mars. Il est un fait que Bunge reste une proie attrayante pour ADM vu sa position dominante dans le segment de la transformation du soja en aliments pour bétail et sa forte présence en Amérique Latine. Une affaire à suivre, sans aucun doute. Cette tendance à la consolidation n'a rien d'étonnant. Une vague d'acquisitions plus large avait déjà déferlé sur le secteur agricole il y a quelques années, avec notamment la fusion entre les géants américains de la chimie Dow Chemical Corp et DuPont, l'acquisition des géants des semences Syngenta et Monsanto par respectivement ChemChina et Bayer, et la fusion entre Potash Corp et Agrium. Les résultats sont sous pression dans la filière de la production et de la transformation après quatre années successives de récoltes record qui ont pesé sur les prix des cultures et les marges dans l'activité de transformation. Pourtant, ADM est parvenu à accroître son résultat net récurrent (compte non tenu des éléments uniques, donc) par rapport à l'année précédente. Une première depuis 2014. Son chiffre d'affaires (CA) s'est cependant contracté de 2,4%, à 60,8 milliards de dollars. Un meilleur quatrième trimestre durant lequel le bénéfice net récurrent par action a bondi de 0,75 à 0,82 dollar en glissement annuel (prévisions: 0,70 dollar) lui a permis d'enregistrer une hausse de 2,16 à 2,43 dollars en base annuelle. La division logistique Services agricoles (achat, conservation et transport de cultures) a vu son bénéfice opérationnel récurrent (Rebit) se redresser de 245 à 301 millions de dollars au quatrième trimestre en glissement annuel, et de 2% en base annuelle, à 585 millions. La division Transformation du maïs s'est également montrée performante avec une hausse du Rebit de 19,4% en base annuelle, à 909 millions de dollars. Le quatrième trimestre a en revanche été moins favorable pour la division Transformation de semis oléagineux (pressage et suite de la transformation notamment du soja et du tournesol en huiles végétales): baisse du Rebit de 239 à 202 millions de dollars, qui se traduit par une contraction de 4,4% en base annuelle, à 841 millions de dollars. La plus petite division, Wild Flavors et ingrédients alimentaires spécialisés, a pour sa part vu son Rebit progresser de 47%, à 56 millions de dollars, au quatrième trimestre, mais en base annuelle, la croissance ne dépasse pas 3,3%, à 284 millions. Les perspectives pour cet exercice sont positives. ADM espère réaliser au moins 300 millions de dollars d'économies par rapport à 2017 et s'attend à une amélioration des conditions de marché. De plus, l'entreprise commencera à récolter les fruits de ses acquisitions et investissements de ces deux dernières années à partir du deuxième semestre. Le dividende trimestriel a été relevé de 4,7%.L'action ADM a déçu ces deux dernières années. Mais le marché escompte à nouveau une croissance du CA (+2,6%) du groupe pour 2018 et la poursuite du redressement de son bénéfice net vers les trois dollars par action. Celle-ci est attrayante à 15,2 fois le bénéfice attendu en 2018 et avec un ratio valeur d'entreprise (EV)/cash-flow d'exploitation attendu (Ebitda) de 10,3. Une éventuelle acquisition de Bunge pourrait apporter un surcroît de valeur. Conseil : acheterRisque : moyenRating : 1BCours : 44,33 dollarsTicker : ADM USCode ISIN : US0394831020Marché : New YorkCapit. boursière : 24,8 milliards USDC/B 2017 : 18,2C/B attendu 2018 : 15,2Perf. cours sur 12 mois : -1 %Perf. cours depuis le 01/01 : +10,6 %Rendement du dividende : 3 %