Le feu vert a donc été donné. Mais PostNL doit continuer à ouvrir son réseau à la concurrence, et son bénéfice opérationnel (Ebit) ne doit pas correspondre à plus de 9% du chiffre d'affaires (CA) de l'activité Distribution de courrier - précisons qu'actuellement, il atteint 5% dans le meilleur des cas. Pour les actionnaires, 9%, c'est un rêve!
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Le feu vert a donc été donné. Mais PostNL doit continuer à ouvrir son réseau à la concurrence, et son bénéfice opérationnel (Ebit) ne doit pas correspondre à plus de 9% du chiffre d'affaires (CA) de l'activité Distribution de courrier - précisons qu'actuellement, il atteint 5% dans le meilleur des cas. Pour les actionnaires, 9%, c'est un rêve! L'acquisition de Sandd contribuera évidemment à soutenir ce rendement sur un marché postal dont les volumes reculent chaque année de 10% environ. L'opération conférera à PostNL un plus grand pouvoir de fixation de prix. Mais surtout, elle réduit le profil de risque de PostNL. La direction pense qu'à sa vitesse de croisière, soit à partir de 2022, l'entreprise fusionnée dégagera des synergies à hauteur de 50-60 millions d'euros, lesquelles soutiendront également l'Ebit. Ce serait d'ailleurs un énorme coup de pouce, car cette année, ce dernier se situera, avant les modifications des engagements de pension et les coûts d'intégration de Sandd, entre 170 et 200 millions d'euros. PostNL augmentera par ailleurs sa résistance à la baisse des volumes au travers d'un nouveau système de distribution, qui entraînera en outre de nouvelles économies. Mais ce ne sera pas à court terme. Que les investisseurs s'arment de patience, donc! En effet, les coûts d'intégration amputeront l'Ebit de 15 à 20 millions d'euros, cette année. Sans surprise, PostNL a annoncé qu'il supprime le dividende pendant une année, voire deux; en déboursant 125 millions d'euros pour acquérir Sandd, il a fait grimper son taux d'endettement à plus de deux fois les cash-flows opérationnels. Le groupe ne redistribuera un dividende que lorsque le ratio sera à nouveau inférieur à 2. La situation devrait s'améliorer à compter de l'exercice 2021.Outre une division certes en déclin mais qu'il renforce donc a présent, PostNL compte une activité de distribution de colis en très bonne santé: il réalise une part de plus en plus grande de son bénéfice (75% de l'Ebit consolidé) sur ce segment. Lequel apporte plus de la moitié du CA. Pour sa part, bpost tire encore 80% de son bénéfice du trafic postal traditionnel. PostNL n'est donc plus une société postale mais un acteur logistique qui a conquis sa place dans l'e-commerce. Aux Pays-Bas, ce dernier marché affiche encore une croissance de 14% l'an. Et PostNL fait état d'une progression similaire. Au premier semestre de cette année, il a vu les volumes bondir de 13%, mais la marge s'éroder légèrement sous l'effet de la hausse des coûts. L'étroitesse du marché de l'emploi a en effet induit une hausse des charges du personnel. Cela dit, le groupe devrait peu à peu voir ses marges s'élever, s'il relève progressivement les prix et optimise la distribution (trois nouveaux centres). En acquérant un rival, PostNL accroît la probabilité que ses cash-flows augmentent et partant, sa rentabilité, déjà en hausse dans le segment Colis, également, . La valorisation demeure intéressante, compte tenu du bénéfice opérationnel sous-jacent de 150-180 millions d'euros attendu en 2019, pour une capitalisation de 900 millions d'euros. Le potentiel de redressement du cours de l'action est dès lors considérable. Mais comme les frais d'intégration de Sandd et la suppression (temporaire) du dividende l'affectent pour l'heure, nous ne serions pas acheteurs dans l'immédiat. Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2BCours: 1,82 euroTicker: PNLCode ISIN: NL0009739416Marché: Euronext AmsterdamCapit. boursière: 900 millions EURC/B 2018: 9C/B attendu 2019: 8Perf. cours sur 12 mois: -35%Perf. cours depuis le 01/01: -10%Rendement du dividende: -