Le troisième trimestre (décembre - février) de son exercice fiscal décalé est traditionnellement le plus rentable pour Oracle. Cette fois, le chiffre d'affaires a augmenté de 3% en glissement annuel, à 10,09 milliards de dollars, ce qui est légèrement supérieur au consensus.
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Le troisième trimestre (décembre - février) de son exercice fiscal décalé est traditionnellement le plus rentable pour Oracle. Cette fois, le chiffre d'affaires a augmenté de 3% en glissement annuel, à 10,09 milliards de dollars, ce qui est légèrement supérieur au consensus. Les revenus des abonnements représentent 72% du chiffre d'affaires du groupe. Les progiciels de gestion (ERP) Fusion et NetSuite ont progressé de 30% et 24% respectivement, mais la courbe tend désormais à s'aplanir. Le matériel et les services évoluent à la baisse (-4% et -5%). De nombreuses entreprises font certes passer leur ERP de SAP à Oracle, mais le contraire est vrai également; Alphabet (Google), par exemple, utilise désormais SAP pour l'établissement de ses rapports financiers internes. Le bénéfice d'impôt exceptionnel de 2,3 milliards de dollars acté l'an passé explique l'énorme différence entre le bénéfice net (5 milliards de dollars, soit 1,68 dollar par action) et le bénéfice ajusté (1,16 dollar par action). La transaction sur la plateforme vidéo TikTok ne sera pas pour tout de suite. Quand il était encore à la Maison-Blanche, Donald Trump, de crainte que les données des 100 millions d'utilisateurs américains ne tombent, par le biais de la société mère ByteDance, entre les mains du gouvernement chinois, avait tenté d'interdire l'application aux Etats-Unis. Pour résoudre le problème, Oracle et Walmart auraient pu prendre une participation de 12,5% et 7,5% respectivement dans une nouvelle société qui aurait géré les données américaines. Mais TikTok ne fait pas partie des priorités de l'administration Biden, qui annonce du reste son intention de réévaluer la sécurité des applications chinoises. Oracle ne pourra donc pas, du moins dans l'immédiat, profiter grâce à la plateforme d'une augmentation des ventes de ses ERP et de l'utilisation de son infrastructure cloud. Oracle, qui avait accusé Google d'utiliser illégalement son logiciel Java dans Android, avait obtenu l'an passé en première instance pour 9 milliards de dollars de dommages et intérêts, une décision récemment annulée par la Cour suprême. Lui dont la situation financière se dégrade depuis quelques années (il est passé d'une confortable trésorerie nette à une dette nette de plus de 30 milliards de dollars) en raison des rachats massifs d'actions et de l'augmentation du dividende, aurait pourtant su quoi faire de cette somme. D'autant que l'émission obligataire annoncée après la clôture du trimestre (montant de 15 milliards de dollars, taux d'intérêt compris entre 1,65% et 4,1%, échéances de 5 à 40 ans) va alourdir davantage encore sa dette. Il n'est pas difficile de savoir à quoi serviront les fonds ainsi levés, puisque le budget consacré aux rachats d'actions a été augmenté de 20 milliards de dollars. Oracle n'aura pas assez, avec les 12 milliards de dollars de flux de trésorerie disponibles dégagés au cours des quatre derniers trimestres, pour payer les actionnaires et continuer à investir. Le dividende est relevé d'un tiers, à 0,32 dollar par action, ce qui, au cours actuel, porte le rendement à 1,7%.Cela faisait trois ans qu'Oracle n'avait plus clos d'exercice sur un chiffre d'affaires en hausse, une hausse toutefois nettement inférieure à celle du secteur. La différence de valorisation avec, entre autres, Alphabet et Microsoft, est à l'avenant. L'action Oracle est pourtant tout sauf bon marché. L'augmentation des bénéfices est surtout soutenue par les rachats d'actions... qui s'opèrent au détriment des réserves. Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BCours: 75,31 dollarsTicker: ORCL USCode ISIN: US68389X1054Marché: NYSECapit. boursière: 217,8 milliards USDC/B 2020: 18C/B attendu 2021: 16Perf. cours sur 12 mois: +42%Perf. cours depuis le 01/01: +16%Rendement du dividende: 1,7%