Depuis deux ans déjà, Telenet affiche une croissance organique négative de son chiffre d'affaires (CA), car ses possibilités d'expansion sont limitées en Belgique et la concurrence s'intensifie. Le rachat de De Vijver Media (qui regroupe les chaînes de télévision Vier, Vijf et Zes et les studios de production Woestijnvis), achevé en juin 2019, devait permettre une stabilisation du CA cette année.
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Depuis deux ans déjà, Telenet affiche une croissance organique négative de son chiffre d'affaires (CA), car ses possibilités d'expansion sont limitées en Belgique et la concurrence s'intensifie. Le rachat de De Vijver Media (qui regroupe les chaînes de télévision Vier, Vijf et Zes et les studios de production Woestijnvis), achevé en juin 2019, devait permettre une stabilisation du CA cette année. Telenet tablait pour 2020 sur un CA comparable à celui de l'année précédente (2,62 milliards d'euros) et un cash-flow opérationnel (Ebitda) en hausse de 1%. Mais la crise du coronavirus a entraîné une révision à la baisse des estimations, que la direction a justifiée par plusieurs éléments: fermeture temporaire des magasins, problèmes de paiement chez les clients professionnels, créances potentiellement irrécouvrables et baisse des revenus du roaming. Avec De Vijver Media, Telenet est en outre exposé au marché publicitaire, qui souffre beaucoup du coronavirus et dont les perspectives sont incertaines. Telenet table désormais sur une baisse de 2% du CA et de 1% de l'Ebitda. Sur base annuelle, le CA est resté quasiment inchangé au premier trimestre, à 653 millions d'euros (le consensus tablait sur 644,7 millions). Grâce à un contrôle strict des coûts (qui a permis une baisse de 4,3% des dépenses opérationnelles) et au recul des dépenses de marketing, l'Ebitda a augmenté de 4%, à 345,6 millions d'euros, largement au-dessus des 332,1 millions d'euros attendus. La marge d'Ebitda est donc en hausse de 2%, à 52,9%. Le CA moyen par utilisateur est passé de 57,3 à 58,3 euros grâce à la hausse des tarifs et au nombre croissant de clients souscrivant à plus d'un produit. Autre bonne nouvelle, l'incidence négative des nouveaux tarifs de gros est moindre que prévu, l'accord définitif en la matière étant plus favorable que les propositions antérieures. Telenet avait indiqué en début d'année que le cash-flow disponible atteindrait 415 à 435 millions d'euros en 2020, contre 391 millions d'euros en 2019. Les nouvelles prévisions s'établissent plutôt dans le bas de la fourchette. Pour y parvenir, Telenet entend diminuer ses charges et ses investissements. Le début de l'année 2020 avait aussi été marqué par la mise en place d'une nouvelle politique de dividende, prévoyant le versement de 50 à 70% du cash-flow disponible. Pour 2019 cela représente 1,875 euro par action, ou 206 millions d'euros, soit un peu plus de la moitié du cash-flow disponible de l'exercice. Le programme de rachats d'actions a été mené à bien. Pour le trimestre qui vient de s'achever, Telenet a racheté 1,1 million d'actions à un cours de 33,5 euros en moyenne. Le câblo-opérateur affiche une dette de 5,74 milliards d'euros, Après plusieurs opérations de refinancement, l'échéance résiduelle moyenne est désormais de 8,3 ans, pour un taux moyen de 3,1%. Telenet entend maintenir le ratio d'effet de levier (dette/Ebitda) proche de quatre. Mais le désendettement n'est pour l'instant pas une priorité. La trésorerie du groupe s'élève actuellement à 693 millions d'euros. La société mère de Telenet, l'américaine Liberty Global (qui possède une participation de 58,3%), a fait la une le mois dernier après la fusion de sa filiale britannique Virgin Media avec O2, filiale de Telefonica, qui devient le deuxième acteur britannique des télécoms. Cette opération a une nouvelle fois alimenté les rumeurs d'un possible rapprochement de Telenet et du néerlandais VodafoneZiggo. Ziggo, filiale de Liberty, doit toutefois convaincre Vodafone de faire une offre sur le groupe belge. Liberty a déjà essuyé une douche froide (en 2012) lors de la tentative de rachat des participations minoritaires de Telenet.La révision à la baisse des prévisions pour 2020 est limitée et aura peu d'effets en termes de cash-flow. Les tarifs de gros, plus élevés que prévu, sont une bonne nouvelle. Nous n'attendons aucune surprise sur le plan opérationnel. A 7,5 fois l'Ebitda attendu, l'action est correctement valorisée. Le dividende attrayant est le principal atout de Telenet. Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BCours: 39,58 eurosMarché: Euronext BruxellesCode ISIN: BE0003826436Ticker: TNET BBCapit. boursière: 4,4 milliards EURC/B 2019: 11,5C/B attendu 2020: 17,5Perf. cours sur 12 mois: -13%Perf. cours depuis le 01/01: -1%Rendement du dividende: 4,8%