Netflix ne faillit pas à sa réputation de titre extrêmement volatil et imprévisible. A l'approche de la publication du rapport trimestriel, son cours avait atteint un nouveau sommet à 450 dollars, soit plus de 50% de plus que le mois précédent. En janvier, la direction pronostiquait, pour le 1er trimestre, sept millions de nouveaux abonnés; cette estimation est passée à huit millions d'unités dès mars. La demande était telle que Netflix a dû réduire la qualité de son signal sur plusieurs marchés, pour ne pas surcharger le réseau des opérateurs télécom. En définitive, l'entreprise a recensé entre janvier et mars 15,77 millions de nouveaux clients, ce qui porte le total à 182,86 millions (+22,8% en glissement annuel). C'est en Amérique du Nord, le marché domestique du groupe, que l'accroisseme...

Netflix ne faillit pas à sa réputation de titre extrêmement volatil et imprévisible. A l'approche de la publication du rapport trimestriel, son cours avait atteint un nouveau sommet à 450 dollars, soit plus de 50% de plus que le mois précédent. En janvier, la direction pronostiquait, pour le 1er trimestre, sept millions de nouveaux abonnés; cette estimation est passée à huit millions d'unités dès mars. La demande était telle que Netflix a dû réduire la qualité de son signal sur plusieurs marchés, pour ne pas surcharger le réseau des opérateurs télécom. En définitive, l'entreprise a recensé entre janvier et mars 15,77 millions de nouveaux clients, ce qui porte le total à 182,86 millions (+22,8% en glissement annuel). C'est en Amérique du Nord, le marché domestique du groupe, que l'accroissement est, proportionnellement, le plus vigoureux (+2,3 millions d'abonnements, contre +775.000 escomptés; 70 millions de clients désormais); c'est là aussi que le chiffre d'affaires (CA) par utilisateur est le plus élevé (13,09 dollars). A l'étranger, le fichier s'est étoffé de 13,46 millions de clients. La direction pronostique un recul à 7,5 millions du nombre d'inscriptions au 2e trimestre, suivi d'un nouveau ralentissement après l'été. Il est donc trop tôt pour se réjouir, d'autant que sur fond d'accélération du chômage et de récession économique, l'évolution des dépenses des ménages est impossible à prévoir. Facilement accessible, le marché du streaming accueille en outre de plus en plus d'acteurs - HBO Max de Warner Media, par exemple, dès mai -, ce qui freine les augmentations de prix. Vu l'explosion du nombre d'abonnements, la simple conformité du CA (5,77 milliards de dollars) avec les pronostics déçoit. La cherté du dollar l'explique en partie: en devises, les prix des abonnements restent inchangés, mais Netflix perçoit des montants en dollar inférieurs. Le phénomène est particulièrement perceptible dans des marchés émergents comme le Brésil, l'Inde et le Mexique, dont la monnaie a chuté; il faut donc que le nombre d'abonnements augmente considérablement pour obtenir une croissance du CA en dollar. La marge opérationnelle est passée à 16,6% au 1er trimestre, contre 10,2% un an auparavant; ce n'est pas mauvais, mais c'est inférieur aux 18% espérés. En cause: l'accélération des investissements dans de nouvelles productions, désormais interrompues par la pandémie. Le bénéfice net s'établit à 709 millions de dollars, soit 1,57 dollar par action (pronostic: 1,63 dollar). Le report des productions nouvelles n'a toutefois pas que des inconvénients: Netflix consomme actuellement beaucoup moins de liquidités (consommation de 3,3 milliards de dollars encore en 2019) et ses cash-flows disponibles ont même atteint 162 millions au 1er trimestre. En janvier, la direction avait anticipé des cash-flows négatifs de 2,5 milliards pour l'exercice, un chiffre désormais revu à moins d'un milliard. Evidemment, la consommation reprendra lorsque la situation sur les marchés se normalisera et que les productions redémarreront. Le groupe achève le trimestre sur une trésorerie de 5,2 milliards de dollars, une facilité de crédit inutilisée de 750 millions et un endettement à long terme de 14,2 milliards.Evitons d'extrapoler ces résultats à l'intégralité de l'exercice: une partie de la croissance future s'est d'ores et déjà concrétisée, la concurrence reste vive, l'excellente santé du dollar est un inconvénient et les flux de trésorerie disponibles ne dureront pas éternellement. Considérant manifestement que le streaming est un besoin fondamental en période de confinement, les analystes bancaires valorisent l'action en conséquence; nous ne sommes, nous, pas prêts à mettre 70 fois le bénéfice sur la table. Conseil: vendreRisque: moyenRating: 3BCours: 424,99 dollarsTicker: NFLX USCode ISIN: US64110L1061Marché: NasdaqCapit. boursière: 190,8 milliards USD C/B 2019: 102C/B attendu 2020: 70Perf. cours sur 12 mois: +15%Perf. cours depuis le 01/01: +34%Rendement du dividende: -