Après la publication des résultats du premier trimestre, Telenet a connu sa séance boursière la plus décevante des six dernières années. L'action sous-performe depuis le début de l'exercice 2017 l'indice DJ Stoxx 600 Telecom, lequel est pourtant en perte.
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Après la publication des résultats du premier trimestre, Telenet a connu sa séance boursière la plus décevante des six dernières années. L'action sous-performe depuis le début de l'exercice 2017 l'indice DJ Stoxx 600 Telecom, lequel est pourtant en perte.Il est vrai que lorsque les taux sont orientés à la hausse, le modèle de la croissance portée par les dettes montre ses limites. La direction de Telenet a donc décidé de ne pas plomber son bilan en s'endettant davantage. Sur les trois premiers mois de cette année, le chiffre d'affaires (CA) du groupe a progressé de 0,8%, à 618,4 millions d'euros, soit plus de 11 millions d'euros en deçà du consensus. Compte tenu des actifs acquis, le CA est de 1% inférieur à son niveau de l'an dernier. Le bénéfice opérationnel (Ebitda) a certes progressé (+6%, à 307,8 millions d'euros), mais ce chiffre ne répond pas davantage aux attentes des analystes (316,4 millions). Notons en revanche que la marge d'Ebitda a gagné 2,7%, à 49,8%, en base annuelle, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis l'acquisition de Base. La croissance s'explique surtout par la baisse des coûts opérationnels (-6%) et la suppression d'une grande partie des frais de location du réseau d'Orange. Telenet impute son incapacité à réaliser ses objectifs en matière de CA et de bénéfice à la concurrence de plus en plus acharnée, qui l'a d'ailleurs empêché, pour la première fois depuis longtemps, de procéder à son augmentation de prix annuelle. L'accélération de la rotation de la clientèle dans toutes les divisions traduit l'attention accrue que le consommateur accorde aux tarifs. Telenet subit la concurrence de la nouvelle offre câblée d'Orange Belgium, mais aussi celle de Scarlet, le low cost de Proximus. Les entreprises de streaming sont elles aussi de plus en plus présentes. A partir de cet été, Telenet proposera - à l'instar de Proximus - Netflix dans sa nouvelle génération de décodeurs. La division Télévision numérique perd des clients et la téléphonie fixe n'arrive toujours pas à endiguer l'hémorragie. A brève échéance, il sera difficile de doper la croissance car les nuages ont tendance à s'amonceler. L'Institut belge des services postaux et des télécommunications (IBPT) prépare une nouvelle législation, et tout porte à croire que l'Europe va prendre la décision d'abaisser les tarifs de gros pour la location des réseaux câblés, ce qui engendrerait une nouvelle perte de revenus pour Telenet. Acquérir Voo pourrait aider l'entreprise de télécommunications à pénétrer le marché wallon mais il est peu probable que ce dossier, très chargé politiquement, avance avant les élections. Telenet a néanmoins confirmé les prévisions pour l'exercice (évolution stable du CA et croissance de 7 à 8% de l'Ebitda). A cela s'ajoute l'augmentation des cash-flows disponibles, qui se sont hissés à 83,4 millions d'euros, contre -16 millions un an plus tôt. La dette s'établit à 4,8 milliards d'euros. La partie prise en ligne de compte pour les covenants bancaires s'élève à 4,1 milliards d'euros, ou 3,2 fois l'Ebitda. Ce qui reste dans les limites prévues.Notre conseil de vente allait à l'encontre de l'opinion générale, mais les chiffres nous donnent à présent raison. La croissance est cruciale pour ce modèle d'entreprise, or c'est ce paramètre précisément qui fait défaut depuis de longs mois. Aucune amélioration n'est de surcroît envisageable à brève échéance et le dividende n'est d'aucune aide. Le marché a dès lors lourdement sanctionné l'action. Une bonne nouvelle, cependant: la prime de valorisation par rapport au secteur a presque totalement disparu. Le titre devrait demeurer sous pression un temps encore. Conseil : vendreRisque : moyenRating : 3BCours : 48,56 eurosMarché : Euronext BruxellesCode ISIN : BE0003826436Ticker : TNET BBCapit. boursière : 5,7 milliards EURC/B 2017 : 71C/B attendu 2018 : 18Perf. cours sur 12 mois : -13 %Perf. cours depuis le 01/01 : -8 %Rendement du dividende : -