Après sa nette hausse de mars et d'avril, le cours spot de l'uranium s'est stabilisé autour de 33 dollars la livre, son plus haut niveau depuis 2015, restant toutefois nettement en deçà du cours qui était le sien avant 2011. Pour les contrats à terme, le prix moyen est de 35 dollars; les deux cours sont proches, témoignant de la bonne santé du marché. Jusqu'à l'année dernière, l'écart était beaucoup plus important et les traders avaient quasiment l'apanage du marché spot, au détriment des opérateurs commerciaux. La donne a changé lorsque le prix est tombé si bas qu'il est devenu plus intéressant pour les exploitants d'uranium de s'approvisionner sur le marché spot que de puiser dans leurs réserves. La crise du coronavirus a précipité ce phénomène : l...

Après sa nette hausse de mars et d'avril, le cours spot de l'uranium s'est stabilisé autour de 33 dollars la livre, son plus haut niveau depuis 2015, restant toutefois nettement en deçà du cours qui était le sien avant 2011. Pour les contrats à terme, le prix moyen est de 35 dollars; les deux cours sont proches, témoignant de la bonne santé du marché. Jusqu'à l'année dernière, l'écart était beaucoup plus important et les traders avaient quasiment l'apanage du marché spot, au détriment des opérateurs commerciaux. La donne a changé lorsque le prix est tombé si bas qu'il est devenu plus intéressant pour les exploitants d'uranium de s'approvisionner sur le marché spot que de puiser dans leurs réserves. La crise du coronavirus a précipité ce phénomène : la production a été suspendue dans plusieurs mines, au Kazakhstan, aux Etats-Unis, au Canada, en Namibie et en Australie, notamment.Le producteur canadien d'uranium Cameco a décidé de fermer pour une durée indéfinie la mine de Cigar Lake, seule mine encore en activité à l'époque. Les usines de Blind River et de Port Hope, qui convertissent le combustible nucléaire sous la forme de poudre (U3O8) en gaz (UF6), ont aussi fermé, puis rouvert en mai. En vertu de ses contrats à long terme, Cameco doit cependant continuer à fournir du combustible nucléaire à ses clients, surtout des exploitants de centrales nucléaires. En l'absence de production, le groupe puisera donc dans les stocks et se fournira sur le marché spot.Lors de la publication des chiffres du deuxième trimestre, Cameco a annoncé que Cigar Lake redémarrait en septembre. Sa fermeture l'a privé de pas moins de 37 millions de dollars, plongeant le groupe dans le rouge (-53 millions de dollars, entre avril et juin). De plus, la hausse du prix spot pèse à court terme. Cameco doit livrer 28 à 30 millions de livres cette année et a déjà acheté 19,3 millions de livres depuis janvier, dont 14,7 millions au deuxième trimestre.Cameco vise toujours une production de 5,3 millions de livres en 2020. Les fermetures de mines au Kazakhstan ont été prolongées, si bien que la joint-venture Inkaï ne produit rien actuellement. McArthur River et Key Lake sont aussi fermées pour une durée indéfinie. Au-delà de la crise sanitaire, l'offre se raréfie et l'écart entre la production minière et l'offre secondaire (recyclage) d'une part, et la demande d'autre part, se creuse. Cette tendance devrait se poursuivre, car les investissements dans de nouvelles capacités de production se raréfient depuis 10 ans. Du côté de la demande, de plus en plus de services publics doivent renouveler leurs contrats. Sur le front juridique, Cameco a gagné en appel le litige fiscal l'opposant à l'Agence du revenu du Canada (ARC); la société récupérera 303 millions de dollars d'impôts et d'amendes payés et peut effacer une provision de 482 millions de dollars. Cameco avait 878 millions de dollars de liquidités et d'investissements à court terme au bilan, fin juin. Sa dette d'un milliard de dollars arrive à échéance en 2022, 2024 et 2042.Les trimestriels ont été éclipsés par le redémarrage annoncé de Cigar Lake, les investisseurs craignant une nouvelle surproduction. Or, cette relance, au vu du faible coût de production, est financièrement plus intéressante pour Cameco. La correction consécutive à l'envolée de l'action au deuxième trimestre offre donc une nouvelle opportunité d'achat. Les perspectives pour l'uranium restent bonnes et à 1,1 fois sa valeur comptable, Cameco est toujours bon marché. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 10,26 dollars Ticker: CCJ USCode ISIN: CA13321L1085Marché: New York Stock ExchangeCapit. boursière: 4,1 milliards USDC/B 2019: 73,9C/B attendu 2020: 303Perf. cours sur 12 mois: +16,2%Perf. cours depuis le 01/01: +15,2%Rendement du dividende: 0,6%