Bekaert figure parmi les premières victimes de la crise du coronavirus, vu son ancrage sur le marché chinois du pneu, en net repli dès le 1er trimestre. Ce marché s'est redressé en mars, mais la crise a ensuite touché presque tous les autres grands marchés du pneu. La production automobile mondiale a chuté d'un quart. Le marché du remplacement a également été durement touché, car la population confinée n'a pas utilisé son véhicule. Le fabricant italien Pirelli, l'un des principaux clients de Bekaert, prévoit de vendre environ 20% de pneus en moins cette année. En revanche, les ventes de pneus de camions résistent mieux et se redresseront plus vite. Malgré tout, le 2e trimestre s'annonce encore plus difficile que le p...

Bekaert figure parmi les premières victimes de la crise du coronavirus, vu son ancrage sur le marché chinois du pneu, en net repli dès le 1er trimestre. Ce marché s'est redressé en mars, mais la crise a ensuite touché presque tous les autres grands marchés du pneu. La production automobile mondiale a chuté d'un quart. Le marché du remplacement a également été durement touché, car la population confinée n'a pas utilisé son véhicule. Le fabricant italien Pirelli, l'un des principaux clients de Bekaert, prévoit de vendre environ 20% de pneus en moins cette année. En revanche, les ventes de pneus de camions résistent mieux et se redresseront plus vite. Malgré tout, le 2e trimestre s'annonce encore plus difficile que le premier. Bekaert anticipe un nouveau repli significatif des ventes, mais ne donne aucun chiffre pour l'avenir: l'ampleur et la durée de la crise sont trop incertaines. Le virus semble être de mieux en mieux maîtrisé, si bien que de nombreuses marques préparent la sortie de crise. Mais tant qu'il n'y a pas de vaccin, la menace d'une aggravation de la pandémie plane, ralentissant l'activité. Dans tous les cas, la reprise sera lente: la plupart des secteurs et des économies ne tourneront à plein régime qu'en 2022. Le 1er trimestre porte déjà l'empreinte de la crise. Vu le repli de 17% du chiffre d'affaires (CA) de la division de renforcement du caoutchouc pour les pneus, le CA du groupe a reflué de 10%. Les ventes de solutions en fil d'acier pour l'industrie ont baissé de seulement 8%, l'activité dans un certain nombre de secteurs clés (agriculture, mines, services aux collectivités) étant restée assez stable. Dans la division des produits spécialisés et au niveau de la filiale Bridon-Bekaert Ropes, le CA est même resté relativement stable. Le fléchissement du CA global résulte presque intégralement de la réduction des volumes. La baisse des prix liée au recul des cours des matières premières a été compensée par l'accent mis sur les produits plus onéreux, aux marges plus confortables. Le groupe ne fournit plus d'indication sur ses bénéfices, dans son rapport trimestriel, mais ces derniers pourraient être plus lourdement touchés que le CA en raison des coûts fixes, relativement élevés (l'érosion des bénéfices pourrait atteindre 30% en 2020). Dans ce scénario, le bénéfice par action tomberait à 1,5 euro. Bekaert sortira toutefois plus résistant de cette crise. La société a dopé sa rentabilité en 2019 grâce à une meilleure politique de prix et à un contrôle des coûts plus strict. Le bénéfice opérationnel sous-jacent a augmenté de 15%, à 242 millions d'euros. Le bilan peut également supporter une crise. La dette nette représente 2,1 fois le cash-flow opérationnel (Ebitda), ce qui ne posera problème que si la crise se prolonge. Bekaert dispose de 750 millions d'euros de liquidités et peut encore réduire ses investissements, réaliser des économies supplémentaires et reporter à novembre le versement du dividende déjà réduit de moitié, à 0,35 euro par action. La crise sanitaire a brisé l'élan positif amorcé en 2019 par Bekaert. Le bénéfice pourrait chuter de 30%. La valorisation semble juste, avec un rapport cours/bénéfice de 12 et une valeur d'entreprise représentant 5 fois l'Ebitda. Cela dit, la reprise sera lente et l'incertitude est grande. Nous recommandons toujours de conserver le titre.Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2BCours: 17,6 eurosTicker: BEK BBCode ISIN: BE0974258874Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 1,1 milliard EURC/B 2019: 10C/B attendu 2020: 12Perf. cours sur 12 mois: -15%Perf. cours depuis le 01/01: -38%Rendement de dividende: 2%