Depuis l'éclatement de la crise sanitaire, Balta mise tout sur la gestion de ses liquidités. Le groupe a réduit ses dépenses opérationnelles de 37% en avril; à cet effet, six des huit usines situées en Belgique, notamment, ont été temporairement fermées, ce qui a permis de diminuer de 25% les dépenses de personnel. La commercialisation de nouveaux produits, de même que l'achat de matières premières et de produits semi-finis, entre autres, ont été reportés. Enfin, les dépenses de marketing, les investissements, etc., ont été allégés de 20 millions d'euros. La levée, dès la mi-mars, d'une facilité de crédit renouvelable de 72,7 millions d'euros en Europe et aux Etats-Unis a par ailleurs permis d'étoffer les liquidités. Plus important encore est l'accord conclu avec les principaux créanciers, dans le cadre de quoi...

Depuis l'éclatement de la crise sanitaire, Balta mise tout sur la gestion de ses liquidités. Le groupe a réduit ses dépenses opérationnelles de 37% en avril; à cet effet, six des huit usines situées en Belgique, notamment, ont été temporairement fermées, ce qui a permis de diminuer de 25% les dépenses de personnel. La commercialisation de nouveaux produits, de même que l'achat de matières premières et de produits semi-finis, entre autres, ont été reportés. Enfin, les dépenses de marketing, les investissements, etc., ont été allégés de 20 millions d'euros. La levée, dès la mi-mars, d'une facilité de crédit renouvelable de 72,7 millions d'euros en Europe et aux Etats-Unis a par ailleurs permis d'étoffer les liquidités. Plus important encore est l'accord conclu avec les principaux créanciers, dans le cadre de quoi les banques ont accepté que jusqu'au 2e trimestre de 2021 inclus, le calcul des covenants bancaires tienne compte des répercussions de la crise sanitaire; sans cela, Balta n'aurait pas pu respecter ses engagements cette année. Nous avions précédemment déjà évoqué le taux d'endettement, extrêmement élevé, du groupe (dette financière nette correspondant, à la fin de 2019, à 4 fois le cash-flow opérationnel ou Ebitda), un taux que la direction échoue depuis des années à comprimer. Les quelques semaines de pandémie vécues au 1er trimestre l'ont porté à 4,3 fois l'Ebitda fin mars (compte non tenu de la norme IFRS 16 relative aux contrats de location) et il est évident que la situation est en train d'empirer. L'endettement net s'élevait fin mars à 326,6 millions d'euros (313,7 millions fin 2019, norme IFRS 16 comprise); hors norme IFRS 16, la dette financière atteint 281,2 millions d'euros. Balta avait pourtant achevé les deux premiers mois de 2020 sur un chiffre d'affaires (CA) en hausse et une amélioration sensible de sa rentabilité (Ebitda: +15,7% en glissement annuel). Mais le CA a chuté en mars de 29% en glissement annuel et les 15,7% de gain se sont mués en une perte (Ebitda en baisse de 2,2%, soit de 17,5 à 17,1 millions d'euros), tandis que le CA cédait 13%, à 159,7 millions d'euros. La division Tapis tissés souffre particulièrement (CA: -25%); seule l'activité commerciale s'en sort honorablement (CA: +2%). Or le fait que l'Ebitda s'est nettement moins tassé que le CA signifie que la rentabilité s'était, contrairement à ce qui s'était passé les trois premiers mois de 2019, améliorée au 1er trimestre. La marge d'Ebitda (Ebitda/CA) a grimpé de 9,5% à 10,7%. Avec un repli de 31,1% de l'Ebitda et un recul de 9,5% à 8,7% de la marge d'Ebitda, Tapis tissés est, là aussi, en queue de peloton. La division commerciale achève en revanche le trimestre sur un Ebitda en hausse de 5,7% et un passage de 13,9% à 14,4% de sa marge d'Ebitda. C'est la division résidentielle qui affiche l'amélioration la plus marquée, elle dont l'Ebitda s'est envolé de 25,3% et la marge d'Ebitda atteint 8,7%. Les investissements dans NEXT, le programme destiné à améliorer la rentabilité du groupe, dont les trois principaux piliers sont la croissance durable, le rayonnement commercial et la réduction des coûts, commencent donc à porter leurs fruits. Tout en s'abstenant d'émettre des pronostics pour l'année, la direction espère que la production tournera à nouveau, au 4e trimestre, à 85% de sa capacité. Jusqu'à ce qu'éclate la crise, il était permis de penser, au vu des résultats de janvier et février, que le pire, sur le plan opérationnel, était passé. La situation n'est facile pour personne, mais surtout pas pour les entreprises à la fois très endettées et peu rentables. Attendons de voir ce qu'il va advenir d'actions comme celle de Balta car bien qu'elles soient (très) faiblement valorisées, la sérieuse dilution qu'engendrerait une augmentation de capital pourrait ruiner cet avantage. Conseil: conserver/attendreRisque: élevéRating: 2CCours: 1,23 euroTicker: BALTA BBCode ISIN: BE0974314461Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 44,3 millions EURC/B 2019: 7C/B attendu 2020: -Perf. cours sur 12 mois: -62%Perf. cours depuis le 01/01: -56%Rendement du dividende: -