Il est très difficile de comparer les résultats des exercices 2016 et 2017 de Bolloré. L'an dernier avait été marqué par le rachat, par le groupe médias Vivendi, de la participation de 60% que Bolloré détenait dans Havas (9,43 euros par action, soit une transaction d'une valeur de 2,32 milliards d'euros, ou de 2,36 milliards d'euros si l'on inclut le versement du dividende). L'opération a été finalisée le 3 juillet. L'autre changement comptable majeur en 2017 fut la consolation complète de Vivendi, dont l'impact sur les résultats annuels est monumental.
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Il est très difficile de comparer les résultats des exercices 2016 et 2017 de Bolloré. L'an dernier avait été marqué par le rachat, par le groupe médias Vivendi, de la participation de 60% que Bolloré détenait dans Havas (9,43 euros par action, soit une transaction d'une valeur de 2,32 milliards d'euros, ou de 2,36 milliards d'euros si l'on inclut le versement du dividende). L'opération a été finalisée le 3 juillet. L'autre changement comptable majeur en 2017 fut la consolation complète de Vivendi, dont l'impact sur les résultats annuels est monumental.Le chiffre d'affaires (CA) de la société de portefeuille a bondi de 82% (de 10,08 à 18,32 milliards d'euros) en 2017. Non moins de 8,9 milliards d'euros proviennent de la consolidation complète de Vivendi. Abstraction faite de Vivendi, le CA aurait accusé un repli de 6,6%, toutefois dû au fait que le CA de Havas n'a été comptabilisé dans les résultats de Bolloré qu'au premier semestre - au second semestre, le CA de Havas est allé renforcer celui de Vivendi. A base de comparaison et cours de change constants, le CA a augmenté de 6%.Le bénéfice opérationnel (Ebit) du groupe s'est accru de 79% (de 627 millions à 1,12 milliard d'euros, la consolidation de Vivendi ayant assuré un Ebit de 790 millions). Le pôle Transport & Logistics (Bolloré Logistics mais, surtout, Bolloré Africa Logistics, le plus vaste réseau logistique d'Afrique), qui ne domine plus, tant s'en faut, les résultats annuels, achève l'exercice 2017 sur des résultats stables - accroissement de 490 à 491 millions d'euros de l'Ebit. Bolloré Energie, le deuxième distributeur de combustibles domestiques en France, continue de décevoir (repli de 54 à 36 millions d'euros de l'Ebit), même si le second semestre s'avère meilleur. La hausse globale repose donc sur la branche Communication (+180%), les autres pôles plus petits n'ayant pas davantage progressé en 2017. Le résultat net a explosé lui aussi (+254%, de 588 millions à 2,08 milliards d'euros), grâce à la plus-value réalisée sur Havas. La hausse du revenu du groupe est demeurée limitée à 58% (de 0,15 à 0,24 euro par action). Enfin, le dividende reste inchangé, à 0,06 euro, dont 2 centimes ont d'ores et déjà été versés au titre d'acompte sur dividende.Les changements sont donc nombreux au sein du holding Bolloré, qui évoque désormais une véritable fourmilière. La considérable augmentation de la pondération de Vivendi n'est évidemment pas due au hasard. Avant de partir à la retraite (en principe, le 17 février 2022, date qui marquera également le bicentenaire du Groupe Bolloré), Vincent Bolloré s'est promis de réaliser un dernier exploit: créer un géant des médias ancré en Europe. Son projet se heurte cependant à plusieurs obstacles. La tentative de Vivendi de faire main basse sur le spécialiste des jeux vidéo Ubisoft a échoué. Les actionnaires familiaux ayant obstinément refusé l'offre, Vivendi a jeté le gant le 20 mars et revendu sa participation de 27,3% dans Ubisoft à la famille Guillemot - non sans empocher une plus-value de plus de 1,2 milliard d'euros au passage. Le renforcement des participations de Vivendi dans Telecom Italia (24%) et Mediaset (29%) ne se déroule pas non plus comme prévu; pas seulement à cause des autorités italiennes ou de Silvio Berlusconi, mais également sous l'effet de l'intervention de l'activiste Paul Singer, d'Elliott Management Corp. (participation de 5,75%). Bolloré aura donc là aussi du pain sur la planche, mais il lui reste près de quatre ans pour arriver à ses fins.Nous pensons avoir pu cueillir Bolloré à un niveau proche de son plancher et sommes convaincus que le holding mise sur des tendances favorables à long terme. A court terme toutefois, le cours devrait évoluer conformément à la moyenne du marché. D'où notre conseil " conserver/attendre ". Conseil : conserver/attendreRisque : moyenRating : 2BCours : 4,33 eurosTicker : BOL FPCode ISIN : FR0000039299Marché : Euronext ParisCapit. boursière : 12,65 milliards EURC/B 2017 : 18C/B attendu 2018 : 24Perf. cours sur 12 mois : +21 %Perf. cours depuis le 01/01 : -4 %Rendement du dividende : 1,4 %