La pandémie aura accéléré la transformation de bpost en un acteur logistique. Les bénéfices du groupe dépendent de moins en moins de l'acheminement de courrier, dont les volumes se tarissent, et de plus en plus de celui des colis et du soutien logistique au commerce électronique, qui affichent l'un et l'autre une croissance structurelle. bpost n'est donc plus une entreprise postale classique assise sur un iceberg en train de fondre, pour reprendre les termes de l'ex-CEO Koen Van Gerven, mais descendrait plutôt des rapides, estime Jean-Paul Van Aevermaet, son successeur.
...

La pandémie aura accéléré la transformation de bpost en un acteur logistique. Les bénéfices du groupe dépendent de moins en moins de l'acheminement de courrier, dont les volumes se tarissent, et de plus en plus de celui des colis et du soutien logistique au commerce électronique, qui affichent l'un et l'autre une croissance structurelle. bpost n'est donc plus une entreprise postale classique assise sur un iceberg en train de fondre, pour reprendre les termes de l'ex-CEO Koen Van Gerven, mais descendrait plutôt des rapides, estime Jean-Paul Van Aevermaet, son successeur.Les résultats du deuxième trimestre marquent en tout état de cause un tournant dans l'histoire de l'entreprise. A 36 millions d'euros, le bénéfice opérationnel de l'acheminement de courrier traditionnel est pour la première fois inférieur au bénéfice opérationnel combiné (36,6 millions) des divisions logistiques européenne et américaine. Ce qui s'explique notamment par la plongée des échanges de courrier pendant le confinement, cependant que l'explosion de l'e-commerce soutenait les activités logistiques: alors que le bénéfice opérationnel du trafic traditionnel chutait de 39 millions d'euros, celui des activités logistiques européennes et américaines augmentait de 9 et 18 millions d'euros respectivement.Lorsque la crise sera derrière nous et que la vie reprendra un cours à peu près normal, le courrier redeviendra, pour un temps, le plus grand contributeur au bénéfice de l'entreprise. Une reprise était d'ailleurs perceptible dès juin - les volumes s'étaient il faut dire tassés de 17,7% au deuxième trimestre, en raison surtout de la mise à l'arrêt des campagnes publicitaires. L'accélération structurelle de l'envoi de colis est toutefois irréversible, et le prochain défi consistera à compenser totalement le manque à gagner dans le courrier traditionnel par une augmentation des bénéfices du pôle logistique. On en est cependant encore loin, puisque la compensation n'a même pas atteint 40% au premier semestre. La percée des activités logistiques au deuxième trimestre n'en est pas moins spectaculaire: bpost a expédié 78% de colis en plus en Belgique et aux Pays-Bas. Sa faculté d'adaptation, soutenue notamment par des investissements dans les capacités de tri, mérite d'être soulignée. Le bond de 48% du chiffre d'affaires s'est traduit par une hausse de 37% du bénéfice opérationnel. Le groupe ne tire donc pas encore pleinement profit de l'envolée de son chiffre d'affaires, ce qui sera en tout état de cause une tâche ardue car tout accroissement des volumes fait grimper les coûts.Aux Etats-Unis, les activités logistiques (Radial) sont enfin bénéficiaires: l'augmentation du chiffre d'affaires a permis de dégager un bénéfice opérationnel de 17,6 millions d'euros, et au groupe de publier des résultats trimestriels bien meilleurs que prévu. La direction a dès lors rétabli le bénéfice prévisionnel, précédemment remis en cause, pour l'ensemble de l'exercice: à moins d'une deuxième vague, le bénéfice se situera entre 240 et 270 millions d'euros. Aucun dividende ne sera versé, la priorité allant à la préservation de la trésorerie et du potentiel d'investissement à long terme.La crise sanitaire pèse moins lourd que prévu sur les résultats. Elle accélère le processus de transformation de bpost en une entreprise logistique apte à tirer profit de l'essor du commerce en ligne. Malgré la récente remontée du titre, la valorisation, à un ratio cours/bénéfice de 11, n'est en aucun cas excessive. Nous conseillons désormais d'acheter. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 8,2 eurosTicker: BPOSTCode ISIN: BE0974268972Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 1,62 milliard EURC/B 2019: 12C/B attendu 2020: 11Perf. cours sur 12 mois: -12%Perf. cours depuis le 01/01: -25%Rendement du dividende: -