Nous avions promis, à l'occasion de l'analyse consacrée au secteur des loisirs, de suivre plus activement la Compagnie des Alpes. Nous y voici.
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Nous avions promis, à l'occasion de l'analyse consacrée au secteur des loisirs, de suivre plus activement la Compagnie des Alpes. Nous y voici. Fondée en 1989 pour exploiter des stations de ski, la Compagnie des Alpes (la Compagnie) compte aujourd'hui parmi les 10 plus grands noms de l'industrie des loisirs au monde. Propriétaire de 11 domaines skiables, elle détient des participations minoritaires dans quatre autres, dont Chamonix. Elle est également, depuis 2001, exploitant de parcs d'attractions - 12 en tout, dont elle est généralement actionnaire majoritaire. Trois se situent en Belgique: Walibi Belgium et Aqualibi Belgium (Wavre, tous deux) et Bellewaerde (Ypres). En mars, la Compagnie a acquis Familypark, le plus grand parc d'attractions autrichien (chiffre d'affaires [CA] de 9,1 millions d'euros en 2018; 716.000 visiteurs, dont 30% venus de Hongrie et de Slovaquie). Le groupe développe depuis quelques années un troisième pôle: celui de l'expansion internationale, via les musées Grévin (statues de cire). Il s'étend du reste de plus en plus hors d'Europe. Son projet le plus prestigieux se situe en Chine; il s'agit du Thaiwoo Ski Resort, une piste de ski couverte construite en collaboration avec Fosun à proximité de Shanghai en vue des Jeux Olympiques d'hiver de 2022, qui se tiendront en Chine. Ce pays a d'ailleurs joué un rôle important dans l'ascension de l'action en 2016 et 2017, époque où des rumeurs faisaient état de l'entrée imminente d'un groupe chinois dans le capital de la Compagnie; mais les choses ne se sont pas faites et l'entreprise est restée autonome. Ses résultats ont souvent déçu, surtout durant la première partie de cette décennie. Ce n'est plus le cas. L'exercice 2017-2018 (clôture: le 30/9) s'est caractérisé par une croissance de 6%, à 801,2 millions d'euros, du CA. A périmètre comparable, la hausse du CA n'a toutefois pas dépassé 3,1%. La tendance s'est confirmée, mais dans une mesure légèrement moindre, au 1er semestre (octobre-mars) de 2018-2019, puisqu'à périmètre comparable, le CA a gagné 2,8%, à 498,2 millions d'euros. Ce semestre est évidemment crucial pour la contribution des domaines skiables (77% du CA sur la période; croissance de 4,3%). Les parcs d'attractions, en revanche, actent une baisse de 0,2%, à 93,1 millions d'euros, de leur CA. La marge d'Ebitda (cash-flows opérationnels/CA) a cédé l'an dernier 20 points de base (0,2%), passant de 27,4 à 27,2%, mais elle a progressé de 30 points de base, de 27,6 à 27,9%, à périmètre comparable. Cette tendance ne s'est pas confirmée au 1er semestre de l'exercice en cours (Ebitda en hausse de 1,1% seulement, à 165,4 millions d'euros, à périmètre comparable, pour une marge d'Ebitda tombée à 33,2%). Les domaines skiables génèrent traditionnellement des marges plus élevées que les parcs d'attractions. Les cash-flows disponibles ont chuté de près de 18%, à 61,2 millions d'euros. La Compagnie devrait achever l'exercice sur une marge d'Ebitda de 36-37% pour les domaines skiables (37,1% l'an passé) et de 27-28% pour les parcs d'attractions (27%).Nous recommençons à suivre activement le titre, qui se négocie d'ailleurs à proximité du niveau atteint il y a deux ans, lorsque nous l'avions laissé de côté. A 11 fois le bénéfice escompté pour l'exercice, 0,7 fois à peine la valeur comptable et un rapport valeur d'entreprise (EV)/Ebitda inférieur à 5, la valorisation est, après une période en demi-teinte, redevenue intéressante. De quoi justifier une note positive. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 25,55 eurosTicker: CDA FPCode ISIN: FR0000053324 Marché: ParisCapit. boursière: 625 millions EURC/B 2018: 12,5C/B attendu 2019: 11Perf. cours sur 12 mois: -15%Perf. cours depuis le 01/01: +3%Rendement du dividende: 2,6%