Le premier semestre de l'exercice se présente comme un calque inversé de l'évolution de l'an passé: l'augmentation du chiffre d'affaires (CA) et la diminution du bénéfice de 2018 ont cédé la place à une légère baisse du CA et à une hausse du bénéfice. La déclaration intermédiaire relative au premier trimestre de 2018 avait provoqué un choc: à la mi-mai, le cours avait cédé 15% environ après que la direction eut annoncé, pour la première fois depuis des années, une baisse des commandes. Le cours ne s'est pas vraiment redressé depuis. Or contrairement à la plupart des entreprises, le fabricant de machines pour l'industrie du linge s'était montré trop prudent et avait tiré trop rapidement la sonnette d'alarme, puisqu'il avait achevé l'exercice su...

Le premier semestre de l'exercice se présente comme un calque inversé de l'évolution de l'an passé: l'augmentation du chiffre d'affaires (CA) et la diminution du bénéfice de 2018 ont cédé la place à une légère baisse du CA et à une hausse du bénéfice. La déclaration intermédiaire relative au premier trimestre de 2018 avait provoqué un choc: à la mi-mai, le cours avait cédé 15% environ après que la direction eut annoncé, pour la première fois depuis des années, une baisse des commandes. Le cours ne s'est pas vraiment redressé depuis. Or contrairement à la plupart des entreprises, le fabricant de machines pour l'industrie du linge s'était montré trop prudent et avait tiré trop rapidement la sonnette d'alarme, puisqu'il avait achevé l'exercice sur une augmentation de 1,7%, à 343,8 millions d'euros (contre 338,1 millions), de son CA. Les choses ne se présentent pas tout à fait de la même façon au terme des six premiers mois de l'exercice 2019. Le CA s'établit à 177,6 millions d'euros, soit un recul de 3,4 millions (-1,9%) en glissement annuel. Sans être acharnée, la concurrence y est pour quelque chose. La rentabilité semble à première vue s'être améliorée, puisque le cash-flow d'exploitation (Ebitda) a bondi de 11,9% (de 18,5 à 20,7 millions d'euros; par action, de 2,36 à 2,64 euros), à quoi correspond une progression de 10,2 à 11,7% de la marge d'Ebitda. Le résultat opérationnel (Ebit) croît de 5,9% (de 15,9 à 16,8 millions d'euros), pour une progression de 8,8 à 9,5% de la marge d'Ebit. En réalité, un phénomène météorologique en est à l'origine: l'ouragan Michael, qui, le 10 octobre 2018, avait gravement endommagé la principale installation de production de Jensen USA. L'intervention partielle des assurances a permis à Jensen d'acter une augmentation de 2,5 millions d'euros de l'Ebit au premier semestre. Une partie de la prestation d'assurance étant certaine, le groupe l'a d'ores et déjà comptabilisée dans le résultat. En l'absence de cette indemnisation, ce sont le CA, l'Ebit et l'Ebitda qui auraient diminué. Soutenu par le même facteur externe, le résultat net s'établit à 11,8 millions d'euros (1,51 euro par action), soit une augmentation de 0,4 million d'euros, ou de 3,5%, en glissement annuel (11,4 millions 12 mois auparavant). La trésorerie nette, de 5,4 millions d'euros fin 2018, s'est muée en une dette financière nette de 32,5 millions six mois plus tard, à la suite de l'augmentation du fonds de roulement et de l'incidence de la norme IFRS 16 sur les contrats de location. Le groupe Jensen est détenu, par l'intermédiaire de Jensen Invest (53%), par la famille danoise éponyme. Il n'a qu'un seul grand concurrent au monde: l'allemand Kannegieser, qui n'est, pour l'heure, pas coté en Bourse. Les commandes, au premier semestre de 2019, se sont élevées à 154,6 millions d'euros, soit 5,8% de plus qu'un an plus tôt. Confiante pour l'exercice, la Bourse n'a pas réagi à la publication des résultats. L'accélération du tourisme international (hôtellerie) et le vieillissement de la population (instituts de soins de santé) restent des facteurs positifs sur le long terme. A 12,5 fois le bénéfice et 8 fois le rapport entre valeur de l'entreprise (EV) et Ebitda escomptés pour 2019, la valorisation est acceptable. Par sécurité, nous misons provisoirement sur un CA comparable et un bénéfice légèrement en hausse pour l'exercice. Nous sommes satisfaits des résultats et voyons en Jensen un candidat à l'intégration dans le portefeuille modèle. Conseil: acheterRisque: faibleRating: 1ACours: 33,90 eurosTicker: JEN BBCode ISIN: BE0003858751Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 265 millions EURC/B 2018: 14C/B attendu 2019: 12,5Perf. cours sur 12 mois: +4%Perf. cours depuis le 01/01: -0,5%Rendement du dividende: 3%