Analystes et investisseurs tournent le dos à l'entreprise sise en Flandre occidentale depuis plusieurs mois.
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Analystes et investisseurs tournent le dos à l'entreprise sise en Flandre occidentale depuis plusieurs mois. Les choses avaient d'emblée mal commencé. L'introduction en Bourse (IPO) du groupe qui ambitionne de devenir leader mondial des tapis tissés et numéro 1 européen des moquettes à usage résidentiel et commercial s'était déjà opérée dans la partie basse de la fourchette estimée (13,25-16 euros par action). Le fait que le cours ait souffert dès la première séance était donc d'autant plus surprenant. La valorisation du groupe était pourtant attrayante, mais l'analyse avait été pratiquée sur la base de chiffres remontant à 2016. Les chiffres relatifs à l'exercice 2017, puis ceux du 1er trimestre de 2018, ont complètement changé la donne. L'état du marché n'a cessé de se dégrader au 2e semestre de l'an passé. La décision de la direction d'abaisser fin novembre à 12,7-12,9% la marge de Rebitda (cash-flow d'exploitation récurrent) ajustée prévisionnelle fut pertinente: le Rebitda s'est effectivement établi à 12,8%, contre 14,6% encore en 2016, avant de dégringoler à 9,5% au 1er trimestre de cette année. Plusieurs éléments expliquent cette érosion - les fluctuations du cours, par exemple. L'exposition de Balta au marché britannique et donc, à la livre sterling, était connue dès avant l'IPO, mais l'affaiblissement du dollar est un problème de plus. A cela s'ajoutent, depuis quelque temps, la pression inhérente à la hausse des prix des matières premières ainsi que, depuis la fin de l'exercice 2017, une contraction des volumes. La chaîne britannique Carpetright, entre autres, accueille nettement moins de clients. L'entreprise avait achevé l'exercice 2017 sur une croissance de 18,6%, à 661,3 millions d'euros, de son chiffre d'affaires (CA), dont 4,5% procédaient d'une croissance organique (hors acquisitions et désinvestissements). La reprise de Bentley Mills a donc pesé lourd. Le CA organique a cédé 10,4% au 1er trimestre. Le CA total n'en augmente pas moins de 4,3%, à 162,3 millions d'euros. Au ralentissement enregistré dans la division Tapis tissés ("Balta rugs"; -16,1%) est venu s'ajouter celui du pôle Résidentiel ("Balta home";-15%). Le cash-flow d'exploitation (ajusté) a plongé de 23,7% (de 20,1 à 15,3 millions d'euros) au 1er trimestre, après avoir cédé non moins de 24,8% au 4e trimestre de2017. L'endettement net s'établissait fin mars à 264,3 millions d'euros, soit 3,3 fois le Rebitda. Pour Tom Debusschere (CEO depuis 2016, ex-CEO de Deceuninck), les difficultés dureront un temps encore, mais la marge se redressera au 2e semestre. Le Rebitda prévisionnel pour 2018 est fixé à 82-87 millions d'euros.Balta a complètement loupé son introduction en Bourse. Les marges subissent une intense pression et la spécialisation dans le domaine des moquettes est actuellement loin d'être convaincante. A 10,5 fois le bénéfice escompté pour 2018 et 5,5 fois le rapport attendu entre valeur de l'entreprise (EV) et cash-flow d'exploitation (Ebitda), la valorisation est au plus bas. L'onde de choc provoquée par la série de mauvaises nouvelles devrait empêcher le titre de se redresser pendant un moment encore, ce qui explique que nous ne relevions pas notre conseil. Conseil : conserver/attendreRisque : moyenRating : 2B Cours : 6,03 eurosTicker : BALTA BBCode ISIN : BE0974314461Marché : Euronext BruxellesCapit. boursière : 217 millions EURC/B 2017 : 15C/B attendu 2018 : 10,5Perf. cours depuis l'IPO : -55 %Perf. cours depuis le 01/01 : - 31 %Rendement du dividende : -