Oracle a vu son chiffre d'affaires (CA) baisser - certes dans une faible mesure - pour le troisième trimestre d'affilée. Et le risque est réel qu'il n'en aille pas autrement durant le trimestre en cours. Le groupe se trouve toujours en pleine transition entre l'édition de logiciels classiques, axée sur les ventes de licences, et un modèle opérationnel basé sur des revenus récurrents. Il y a quelques années, Oracle a été contraint de proposer ses logiciels de gestion de base de données via le cloud. Mais c'est son acquisition de NetSuite fin 2016 qui a donné un coup de fouet à sa croissance. Dans le segment cloud, le groupe ne concurrence pas les leaders du secteur (Amazon, Microsoft).
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Oracle a vu son chiffre d'affaires (CA) baisser - certes dans une faible mesure - pour le troisième trimestre d'affilée. Et le risque est réel qu'il n'en aille pas autrement durant le trimestre en cours. Le groupe se trouve toujours en pleine transition entre l'édition de logiciels classiques, axée sur les ventes de licences, et un modèle opérationnel basé sur des revenus récurrents. Il y a quelques années, Oracle a été contraint de proposer ses logiciels de gestion de base de données via le cloud. Mais c'est son acquisition de NetSuite fin 2016 qui a donné un coup de fouet à sa croissance. Dans le segment cloud, le groupe ne concurrence pas les leaders du secteur (Amazon, Microsoft). Entre décembre et février (le troisième trimestre de l'exercice fiscal 2019), le CA d'Oracle a fléchi de près de 1% en glissement annuel, à 9,61 milliards de dollars, une évolution conforme aux attentes. La hausse du dollar a pesé sur les résultats. A cours de change constants, le CA aurait progressé de 3%. Depuis que le groupe a modifié la structure de ses rapports, il n'est plus possible de connaître le CA dégagé par la seule activité cloud. Celle-ci est en effet incluse dans la division Cloud Services and License Support (mises à jour de licences et support), qui a enregistré une croissance des ventes de 1%, à 6,66 milliards de dollars, et s'est adjugé 69% du CA du groupe. Ce ne fut pas le cas de la division Cloud and On-Premise Software (nouvelles licences de logiciels), qui a vu son CA se contracter de 4 %. Quant à la division Hardware, elle a à nouveau abandonné 8%. Malgré la légère baisse du CA, la marge opérationnelle a progressé de 43 à 44% en glissement annuel grâce aux mesures de réduction des coûts adoptées. Si le bénéfice net a chuté de 8%, à 3,2 milliards de dollars, le bénéfice par action (BPA) s'est pour sa part apprécié de 8%. Pour le trimestre en cours, la direction d'Oracle pronostique un CA stable, voire en légère baisse (-2%), et un BPA compris entre 1,05 et 1,09 dollar, ce qui correspondrait au bas de la fourchette prévisionnelle des analystes. Le dividende trimestriel a été relevé de 0,19 à 0,24 dollar par action. A la fin du troisième trimestre, la trésorerie de l'éditeur de logiciels s'élevait à non moins de 40 milliards de dollars, à opposer à une dette de 56,2 milliards. Pour la première fois depuis 2008, Oracle accuse une dette nette. C'est la conséquence de ses rachats d'actions pour des montants sans précédent: pour environ 10 milliards de dollars entre décembre et février, et pour 20 milliards de dollars au premier semestre - un rythme que le groupe ne ralentit pas, puisqu'il entend racheter pour 40 milliards de dollars de ses actions sur l'exercice. Fin février, le flottant avait déjà baissé de 16% en un an, au profit du BPA. Début 2019, Oracle a accru de 12 milliards le budget alloué au rachat de ses actions. Le groupe ne pourra pas tenir ce rythme indéfiniment. Le BPA ne peut pas progresser à l'infini non plus. Les performances opérationnelles d'Oracle ne nous convainquent pas. La hausse du cours de l'action depuis le début de cette année est difficilement justifiable dès lors que les ventes sont en déclin. La progression du BPA ne donne qu'une image biaisée de la santé du groupe; Oracle ne pourra recourir à cette ingénierie financière éternellement. Pour autant, nous n'irons pas à contre-courant de la tendance à court terme. L'unique raison pour laquelle nous n'abaissons pas encore notre note, est précisément le BPA. Conseil : conserver/attendreRisque : moyenRating : 2BCours : 53,63 dollarsTicker : ORCL USCode ISIN : US68389X1054Marché : New York Stock ExchangeCapit. boursière : 184,7 milliards USDC/B 2018 : 19C/B attendu 2019 : 14,5Perf. cours sur 12 mois : +4%Perf. cours depuis le 01/01 : +18%Rendement du dividende : 1,8%