L'action Telenet a perdu plus d'un quart de sa valeur au cours des sept premiers mois de l'exercice courant. Ceci étant, à peu près toutes les actions des groupes de télécommunications ont perdu du terrain durant cette période et ce, pour plusieurs raisons. La première est la concurrence très intense dans le secteur, alors que le manque de perspectives de croissance et l'arrivée possible d'un quatrième opérateur mobile pèsent plus spécifiquement sur le marché belge. Dans le cas de Telenet, on peut y ajouter l'absence d'une politique de dividende cohérente. Un problème qui n'a toujours pas été résolu, même si un dividende exceptionnel a été annoncé au début de ce mois.
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L'action Telenet a perdu plus d'un quart de sa valeur au cours des sept premiers mois de l'exercice courant. Ceci étant, à peu près toutes les actions des groupes de télécommunications ont perdu du terrain durant cette période et ce, pour plusieurs raisons. La première est la concurrence très intense dans le secteur, alors que le manque de perspectives de croissance et l'arrivée possible d'un quatrième opérateur mobile pèsent plus spécifiquement sur le marché belge. Dans le cas de Telenet, on peut y ajouter l'absence d'une politique de dividende cohérente. Un problème qui n'a toujours pas été résolu, même si un dividende exceptionnel a été annoncé au début de ce mois. Pour pallier la déception liée à l'absence de dividende régulier, Telenet avait promis de statuer sur des "formes complémentaires de rémunération des actionnaires" avant la fin de l'année. Finalement, ceux-ci n'auront pas dû attendre si longtemps puisqu'un dividende brut unique de 5,2 euros par action a été annoncé en marge de la publication de résultats trimestriels. La dépense s'élève à 600 millions d'euros. Il s'agissait en premier lieu de satisfaire l'actionnaire activiste Lucerne Capital. Ce versement plus rapide qu'attendu suggère également que le dossier d'acquisition du groupe wallon Voo est, au moins temporairement, bloqué. Telenet avait jeté son dévolu sur Voo et Brutélé pour s'ouvrir les portes des marchés wallon et bruxellois, mais ces deux dossiers, politiquement très chargés, ne devraient pas évoluer à court terme. Il n'est cependant pas encore question d'un retour à un dividende régulier. A titre de compensation, le programme de rachat d'actions propres avait déjà été relevé de 75 à 300 millions d'euros au début de cette année, mais les actionnaires y ont peu réagi. Leur réaction à l'annonce d'un dividende exceptionnel et à la publication de résultats du deuxième trimestre supérieurs aux attentes, en revanche, a été euphorique. Certes, l'utilisation d'une nouvelle norme comptable (IFRS15) et plusieurs désinvestissements compliquent les comparaisons en glissement annuel. Mais l'on retiendra avant tout que le chiffre d'affaires (CA) comme le bénéfice ont surpassé les attentes des analystes. Le CA a reculé de 1%, à 632,5 millions d'euros, entre avril et juin, mais il dépasse les prévisions des analystes de 1%. Et le nombre de clients a progressé à la fois dans la télévision numérique, l'Internet et la téléphonie mobile. A 1,25 milliard d'euros, le CA du premier semestre est en repli de 1% par rapport à l'an dernier. Le cash-flow d'exploitation ajusté (Ebitda) s'est pour sa part accru de 9%, à 337,3 millions d'euros, soit 3% de mieux que le consensus, au deuxième trimestre. Ce progrès est notamment attribuable à une nette baisse des dépenses opérationnelles (-8%). Les frais liés à la location du réseau Orange ont nettement baissé et les dépenses de marketing sont moins importantes. Après six mois, l'Ebitda est en hausse de 7% sur base annuelle, à 645,5 millions d'euros. Telenet est donc en bonne voie pour réaliser ses objectifs annuels: un CA plus ou moins stable et une croissance de l'Ebitda de 7 à 8%. Le cash-flow disponible, au terme du premier semestre (257,3 millions d'euros), est conforme aux prévisions annuelles (400 à 420 millions). A plus de 4,5 milliards d'euros, la dette nominale demeure très élevée mais, vu l'abondance des cash-flows, elle est acceptable, à 3,8 fois l'Ebitda. Le dividende exceptionnel constitue un aveu de faiblesse de la part de Telenet. Ses dossiers d'acquisition ont dû être mis au frigo. Une expansion de ses activités en Wallonie et à Bruxelles n'étant donc plus à l'ordre du jour (à court terme), Telenet peinera à trouver de la croissance. En attendant, le dividende et les rachats d'actions soutiennent le cours, si bien que la valorisation est à nouveau conforme à la moyenne du secteur. Conseil : conserver/attendreRisque : moyenRating : 2BCours : 45,08 eurosMarché : Euronext BruxellesCode ISIN : BE0003826436Ticker : TNET BBCapit. boursière : 5,3 milliards EURC/B 2017 : 35,4C/B attendu 2018 : 19,4Perf. cours sur 12 mois : -22 %Perf. cours depuis le 01/01 : -22 %Rendement du dividende : 11,5 %