Orange Belgium entend ni plus ni moins briser le duopole formé par Proximus et Telenet, qui dominent le marché belge des télécommunications. L'entreprise dispose pour cela, depuis deux ans, d'un atout non négligeable: son offre convergente Love, qui combine télévision et Internet à large bande _ mais pour laquelle Orange s'acquitte d'une redevance à Telenet (Flandre) et à Voo (Wallonie), dont elle loue les réseaux. Pour l'heure déficitaire, cette activité a pesé à concurrence de 18,5 millions d'euros sur le bénéfice d'exploitation (Ebitda) de 2017; Orange espère assister à une diminution des tarifs dits de gros négociés pour la location des réseaux concurrents. L'entreprise recensait 103.000 clients câblés à la fin de l'année passée, et 19....

Orange Belgium entend ni plus ni moins briser le duopole formé par Proximus et Telenet, qui dominent le marché belge des télécommunications. L'entreprise dispose pour cela, depuis deux ans, d'un atout non négligeable: son offre convergente Love, qui combine télévision et Internet à large bande _ mais pour laquelle Orange s'acquitte d'une redevance à Telenet (Flandre) et à Voo (Wallonie), dont elle loue les réseaux. Pour l'heure déficitaire, cette activité a pesé à concurrence de 18,5 millions d'euros sur le bénéfice d'exploitation (Ebitda) de 2017; Orange espère assister à une diminution des tarifs dits de gros négociés pour la location des réseaux concurrents. L'entreprise recensait 103.000 clients câblés à la fin de l'année passée, et 19.000 de plus au terme du 1er trimestre de 2018. Elle veut porter sa part de marché, de 3% à la fin de 2017, à 4-5% d'ici l'hiver, ce qui lui impose de décrocher entre 70.000 et 100.000 nouveaux contrats. Orange espère avoir atteint 10% de part de marché en 2020. Telenet et Proximus desservent actuellement 1,5 million et 2 millions de clients câblés respectivement. L'Ebitda d'Orange a reculé de 11,5%, à 60,6 millions d'euros, au 1er trimestre, à la suite de la perte du revenu qu'engendrait l'utilisation de ses infrastructures par Telenet. Les revenus du roaming cèdent eux aussi du terrain. Tout cela n'a pas empêché le chiffre d'affaires (CA) du groupe d'augmenter de 0,9%, à 306,6 millions d'euros, grâce aux excellents résultats de son département mobile, qui a attiré 14.000 nouveaux clients. La consommation moyenne de données par les utilisateurs de smartphones a bondi de 47% en glissement annuel, pour atteindre 2,27 gigaoctets par mois. La croissance d'Orange dépend désormais de sa capacité à étendre son marché de débouchés. La tentative d'approche, le mois dernier, de l'intercommunale liégeoise Nethys, doit être considérée sous cet angle. Nethys contrôle Voo, qui dispose d'un réseau câblé en Wallonie, où Proximus rafle 70% des parts de marché. Voo n'est officiellement pas à vendre mais Nethys se sait incapable de supporter les investissements nécessaires à une modernisation du réseau. La maison mère française Orange n'est pas opposée à l'idée d'une expansion. Mais Orange n'est pas seul en lice: Telenet lorgne lui aussi du côté de Voo, avec lequel il collabore d'ailleurs déjà. Avec Liberty Global, Telenet dispose d'un partenaire aux moyens financiers importants. Ceci étant, l'intervention d'un acteur venu de l'extérieur n'est pas non plus à exclure. Orange a achevé le 1er trimestre sur un endettement net de 295,5 millions d'euros; c'est 28,2 millions d'euros (8,7%) de moins que l'an dernier et moins d'une fois l'Ebitda de 2017. Pour 2018, Orange a confirmé s'attendre à un CA en légère hausse et un Ebitda situé entre 275 et 295 millions d'euros. Le dividende pour l'exercice 2017 reste fixé à 0,50 euro brut par action.Orange achève le 1er trimestre sur des résultats conformes aux prévisions, et les pronostics relatifs à l'exercice 2018 sont confirmés. Compte tenu de sa valorisation surtout, Orange Belgium est un titre intéressant. A moins de cinq fois le bénéfice d'exploitation (Ebit), l'action est nettement meilleur marché que celles de la concurrence, dont le rapport se situe entre six et sept en moyenne. L'endettement est par ailleurs sous contrôle. Si le dividende n'a rien d'extraordinaire, le rendement est beaucoup plus attrayant que celui des titres publics. Conseil : acheterRisque : moyenRating : 1BCours : 16,8 euros Ticker : OBEL BBCode ISIN : BE0003735496Marché : Euronext BruxellesCapit. boursière : 1 milliard EURC/B 2017 : 24,5C/B attendu 2018 : 22,5Perf. cours sur 12 mois : -10 %Perf. cours depuis le 01/01 : -4 %Rendement du dividende : 3 %