Bien que Kraft Heinz Company (KHC) vienne de souffler sa 3e bougie, les investisseurs ne sont pas à la fête. Le géant agroalimentaire américain dispose pourtant des actionnaires les plus prestigieux au monde: Berkshire Hathaway, de Warren Buffett (26,7%) et 3G Global Food Holding, les actionnaires brésiliens d'AB InBev notamment (23,8%). 3G avait racheté Kraft Foods en 2015 pour le fusionner avec Heinz, dont Berkshire Hathaway est l'actionnaire principal depuis 2013. Mais la transaction tarde à porter ses fruits.
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Bien que Kraft Heinz Company (KHC) vienne de souffler sa 3e bougie, les investisseurs ne sont pas à la fête. Le géant agroalimentaire américain dispose pourtant des actionnaires les plus prestigieux au monde: Berkshire Hathaway, de Warren Buffett (26,7%) et 3G Global Food Holding, les actionnaires brésiliens d'AB InBev notamment (23,8%). 3G avait racheté Kraft Foods en 2015 pour le fusionner avec Heinz, dont Berkshire Hathaway est l'actionnaire principal depuis 2013. Mais la transaction tarde à porter ses fruits. Avec un chiffre d'affaires (CA) de 26,5 milliards de dollars par an, KHC est pourtant le 5e groupe agroalimentaire au monde. Implanté dans plus de 40 pays, il écoule ses produits dans le monde entier, ou presque. Il revendique un portefeuille de plus de 200 marques, dont huit enregistrent un CA supérieur au milliard de dollars. Il est dominé par les emblématiques Kraft (fromage, surtout) et Heinz (ketchup); citons également Philadelphia, bien connue chez nous. KHC a fait parler de lui au début de l'an dernier, lorsqu'il a tenté d'acquérir l'anglo-néerlandais Unilever, avant de se raviser dès qu'il s'est avéré que les Européens ne faisaient montre d'aucun intérêt. Sur le plan des ventes, KHC déçoit. Depuis la fusion, son CA trimestriel n'a jamais augmenté d'une année sur l'autre. Son CA annuel est dès lors passé de 27,4 milliards de dollars en 2015 à 26,5 milliards en 2016 et à 26,2 milliards l'an dernier. Cette tendance s'est confirmée au 1er trimestre de 2018, au terme duquel, malgré l'influence positive (1,2%) des cours de change, le CA s'est établi à 6,30 milliards de dollars, contre 6,32 milliards un an auparavant (-0,3%). Les lourds investissements consentis dans le marketing et l'innovation produits, entre autres, n'ont pas empêché la contraction organique du CA d'atteindre 1,5%. A l'inverse, le bénéfice par action est passé de 3,33 dollars pour 2016 à 3,55 dollars l'an dernier. La marge d'Ebitda (cash-flows opérationnels/CA) a grimpé, de 25,9% en 2015 à 31,1% en 2016 et à 32% un an plus tard. Appréciable, mais insuffisant pour les actionnaires. Sa concentration sur les Etats-Unis est un des points faibles du groupe. Malgré une présence mondiale, plus de 69% du CA réalisé au 1er trimestre l'ont été outre-Atlantique. Compte tenu de son ancrage européen et dans les pays émergents, Unilever aurait été un choix parfait. Kraft Heinz doit à l'évidence procéder à un rachat majeur, ou à plusieurs acquisitions de moyenne envergure, s'il veut inverser la tendance. Ses piètres prestations valent à l'action une valorisation attrayante, à 1,1 fois seulement la valeur comptable, un rapport cours/bénéfice escompté de 15,5, un rendement du dividende de 4,4% brut et un ratio valeur d'entreprise (EV)/cash-flows opérationnels (Ebitda) de 13. C'est la raison pour laquelle nous commençons à suivre le titre, que nous recommandons d'emblée d'acheter (1A). L'endettement, élevé, est compensé par la présence d'actionnaires d'envergure internationale. Nous estimons que l'action surclassera la moyenne boursière d'au moins 5% au cours des six à 12 prochains mois.Conseil : acheterRisque : faibleRating : 1ACours : 63,21 dollarsTicker : KHC USCode ISIN : US500751064Marché : NasdaqCapit. boursière : 77,06 milliards USDC/B 2017 : 17,5C/B attendu 2018 : 15,5Perf. cours sur 12 mois : -26 %Perf. cours depuis le 01/01 : -19 %Rendement du dividende : 4,0 %