Après un repli de cours de 35% en 2015, qui l'avait menée à son plus bas, la capitalisation de Kinross a progressé de 140%. L'action surperforme dès lors largement les indices aurifères. À la fin de l'an dernier, le groupe avait étonné en annonçant la reprise de deux actifs mis en vente par son pair Barrick Gold : les mines Bald Mountain et Round Mountain au Nevada. Dans cette dernière, Kinross détenait déjà une participation de 50%. La transaction a été finalisée en janvier et le prix d'achat de 610millions USD a été réglé totalement en liquidités. Les deux mines ont livré 1,8million d'onces troy de réserves supplémentaires, et en 2016 elles contribueront encore à la pro...

Après un repli de cours de 35% en 2015, qui l'avait menée à son plus bas, la capitalisation de Kinross a progressé de 140%. L'action surperforme dès lors largement les indices aurifères. À la fin de l'an dernier, le groupe avait étonné en annonçant la reprise de deux actifs mis en vente par son pair Barrick Gold : les mines Bald Mountain et Round Mountain au Nevada. Dans cette dernière, Kinross détenait déjà une participation de 50%. La transaction a été finalisée en janvier et le prix d'achat de 610millions USD a été réglé totalement en liquidités. Les deux mines ont livré 1,8million d'onces troy de réserves supplémentaires, et en 2016 elles contribueront encore à la production du groupe à hauteur de 350.000onces. Bald Mountain est d'ailleurs une priorité pour Kinross dans le cadre de la nouvelle exploration. La reprise permet à Kinross de relever les prévisions de production pour 2016 entre 2,7 et 2,9millions d'onces. La prévision de coût de production total moyen, une fourchette de 890 à 990USD l'once, a été largement atteinte. Kinross gère dix actifs opérationnels répartis sur trois continents. L'Amérique du Nord et du Sud (USA, Canada, Brésil et Chili) assureront cette année 61% de la production. Un quart provient de la Russie (deux mines en Sibérie) et 14% d'Afrique occidentale (Mauritanie). En 2015, les mines du groupe ont produit un total de 2,59millions d'onces d'or, ce qui se situe dans le haut de la fourchette des prévisions. Kinross a cependant essuyé une perte nette de 91millions USD ou 8centimes de dollar par action. Au 4etrimestre, en raison du prix inférieur de l'or, le groupe a dû déprécier 690millions USD sur la valeur des actifs et des stocks. Les réserves ont également baissé de 36,5 à 34millions d'onces troy. Le calcul se basait sur un prix de l'or de 1200USD. Le coût de production opérationnel a reculé l'an dernier à 696USD l'once, contre encore 720USD en 2014. Le coût total de production est ressorti à 975USD. Après le règlement des deux mines achetées, Kinross avait encore 600millions USD en caisse en janvier, complétés d'une ligne de crédit de 1,3milliard USD. C'était en principe suffisant, car les cash-flows libres sont positifs et sur près de 2 milliards USD de dette de long terme (rapport dette nette et cash-flow opérationnel de 1,5), cette année, une tranche de 250millions USD vient à échéance. Un prochain remboursement du même montant est prévu en 2019 seulement. Cependant, Kinross a annoncé la semaine dernière une nouvelle opération de capital sous la forme d'un "bought deal". Il s'agit d'une forme de financement auquel les investisseurs souscrivent sans qu'aucun prospectus soit publié. Dans ce cas, l'émetteur sait précisément et d'emblée quelle quantité de fonds il lèvera. Dans le cas de Kinross, 83,4millions de nouvelles actions seront émises à un cours de 3USD par action, pour 250millions USD récoltés. La dilution pour les actionnaires existants est limitée à 7% environ, en raison de l'augmentation du nombre d'actions existantes.ConclusionL'évolution de cours des dernières semaines illustre que la situation peut être très difficile. Le groupe a une structure de coûts plus élevée que ses concurrents nord-américains mais le levier de bénéfices est bien plus efficace. Les dettes sont maîtrisées et à 0,9fois la valeur comptable, l'action n'est pas encore chère.Conseil : digne d'achatRisque : élevéRating : 1C