La mauvaise expérience de Red Back Mining en 2010 n'a pas dissuadé Kinross de procéder à une nouvelle acquisition. Le sentiment des investisseurs et analystes reste toutefois mitigé, et l'opération n'a pas suscité l'enthousiasme escompté. A la fin du 3e trimestre, Kinross avait 1,025 milliard USD de liquidités au bilan, et l'endettement net était retombé à un peu moins de 950 millions USD. Le groupe possédait donc une certaine marge de manoeuvre financière. Simultanément, son concurrent Barrick Gold devait céder plusieurs actifs dans le cadre de son plan de réduction de l'endettement. L'un d'entre eux était Round Mountain, une mine située au Nevada dans laquelle Kinross détenait déjà une part...

La mauvaise expérience de Red Back Mining en 2010 n'a pas dissuadé Kinross de procéder à une nouvelle acquisition. Le sentiment des investisseurs et analystes reste toutefois mitigé, et l'opération n'a pas suscité l'enthousiasme escompté. A la fin du 3e trimestre, Kinross avait 1,025 milliard USD de liquidités au bilan, et l'endettement net était retombé à un peu moins de 950 millions USD. Le groupe possédait donc une certaine marge de manoeuvre financière. Simultanément, son concurrent Barrick Gold devait céder plusieurs actifs dans le cadre de son plan de réduction de l'endettement. L'un d'entre eux était Round Mountain, une mine située au Nevada dans laquelle Kinross détenait déjà une participation de 50%. La direction y a donc vu l'occasion d'acquérir la totalité de la mine. Dans le cadre de la même transaction, Kinross a également racheté Bald Mountain, une mine qui, comme Round Mountain, se trouve dans le Nevada. Le prix de la transaction a été fixé à 610 millions USD, entièrement en cash. L'objectif est de finaliser la transaction dès la première quinzaine de janvier. Kinross se fait fort d'accroître la production et la durée de vie moyenne des mines, et affirme qu'elles apporteront une contribution positive aux cash-flows libres. Simultanément, l'opération permettra également de réduire les coûts. Les deux mines doivent produire un total de 430.000 onces d'or au cours des trois prochaines années. Kinross a également relevé ses prévisions de production et réduit ses prévisions en matière de coûts en septembre. Au terme du 3etrimestre, il est clair que le groupe devrait pouvoir tenir ses objectifs. Les mines du groupe ont produit un total de 681.000 onces d'or au 3e trimestre. Cela porte le compteur à 1,97 million d'onces depuis le début de l'année 2015. L'objectif pour l'ensemble de l'exercice est compris entre 2,5 et 2,6 millions d'onces. Le coût moyen de production s'établissait à 941 USD l'once au 3e trimestre. Dans ce domaine, la direction prévoit pour 2015 un chiffre compris entre 975 et 1025 USD. Le prix moyen perçu (1122 USD l'once) a baissé de 11,5% sur base annuelle. Les cash-flows opérationnels sont ainsi retombés à 206,6 millions USD, contre 324,1 millions USD il y a un an. La fourchette de prévisions en matière de coûts étant assez large pour les nouvelles mines (700 à 1130 USD pour Bald Mountain et 850 à 1000 USD pour Round Mountain), il est cependant impossible de dire si la promesse d'une baisse des coûts à terme pourra être tenue. La mine toujours déficitaire de Tasiast, en Afrique de l'Ouest, reste le principal point noir du groupe. Le projet d'expansion précédent, qui aurait coûté 1,6 milliard USD, a été abandonné. La direction étudie à présent une extension en deux phases. La première phase serait étalée sur deux ans et coûterait 290 millions USD. Elle porterait la production à 368.000 onces, et ramènerait le coût de production à 725 USD. Au terme de la transaction, Kinross conservera une position de liquidités de 1,9 million USD. Le rapport endettement net/cash-flows opérationnels augmentera à 1,4, ce qui reste raisonnable. ConclusionSur le plan opérationnel, la récente acquisition se justifie. Kinross réitère ses promesses en matière de réduction des coûts, mais vu l'échec de Red Back Mining, il est logique que le scepticisme prévale toujours chez les investisseurs. L'action présente pourtant une valorisation historiquement basse d'à peine 0,4 fois la valeur comptable. Conseil: digne d'achatRisque: élevéRating: 1C