Du côté de Kinross Gold, il faut remonter à 2001 pour retrouver le cours actuel sur les tables de cotation. A l'époque, le cours de l'or fluctuait autour de 300 USD. Autrement dit : les cours actuels sont également très bas d'un point de vue historique, comme d'ailleurs le sentiment des investisseurs vis-à-vis du secteur. Kinross est active en Amérique du Nord et du Sud (54% de la production du groupe ensemble), en Russie (29%) et en Afrique de l'Ouest (17%). La contreperformance de l'action ces dernières années doit surtout être imputée à l'échec de l'acquisition de Red Back Mining en 2010. La mine de Tasiast, jadis considérée comme un pôle de croissance prometteur, e...

Du côté de Kinross Gold, il faut remonter à 2001 pour retrouver le cours actuel sur les tables de cotation. A l'époque, le cours de l'or fluctuait autour de 300 USD. Autrement dit : les cours actuels sont également très bas d'un point de vue historique, comme d'ailleurs le sentiment des investisseurs vis-à-vis du secteur. Kinross est active en Amérique du Nord et du Sud (54% de la production du groupe ensemble), en Russie (29%) et en Afrique de l'Ouest (17%). La contreperformance de l'action ces dernières années doit surtout être imputée à l'échec de l'acquisition de Red Back Mining en 2010. La mine de Tasiast, jadis considérée comme un pôle de croissance prometteur, est désormais vue comme un clou au cercueil de Kinross. Plus de 6 milliards USD de dépréciations ont déjà été actées au total. Tasiast, situé en Mauritanie, a produit près de 112.000 onces d'or au 1er semestre, à un coût de production moyen de 1063 USD. La mine dispose de 9 millions d'onces de réserves, et des projets d'extension de la capacité de traitement des minerais à 38.000 tonnes sont sur la table. Leur coût est estimé à plus d'un milliard USD, mais cette dépense n'est pas justifiée dans les conditions actuelles. Désormais, la priorité est la poursuite de la baisse des coûts. Non seulement pour Tasiast, mais aussi pour toutes les mines du groupe. Des licenciements sont envisagés, et les dépenses d'investissement s'établiront en deçà des 725 millions USD prévus. Au 2e trimestre, le coût de production total s'établissait à 1011 USD selon le critère AISC (coûts permettant de maintenir la production au même niveau). La moyenne sur le 1er semestre s'élève à 987 USD. C'est un peu plus élevé que la plupart des concurrents nord-américains. Un groupe comme Goldcorp, dont la production est comparable à celle de Kinross, affiche par exemple un coût de production total de 846 USD l'once. Kinross enregistre des performances opérationnelles acceptables. La production a baissé de 2,8% sur base annuelle au 2e trimestre, à 661.000 onces. En raison de conditions météorologiques extrêmes au Chili, la mine de Maricunga n'a pu reprendre ses activités qu'en mai. Au terme des six premiers mois de l'année 2015, la production s'établit à 1,29 million d'onces. La direction se fait fort de porter la production sur l'ensemble de l'exercice du côté supérieur de la fourchette annoncée précédemment (2,4 à 2,6 millions). Kinross a essuyé une perte nette ajustée de 13,6 millions USD au 2e trimestre. Les cash-flows opérationnels (EBITDA) ont été à nouveau positifs, à 167,4 millions USD. La position de liquidités totale a grossi de 45 millions USD à 1,07 milliard USD au 1er semestre. De ce fait, l'endettement net est retombé à 960 millions USD, soit 1,16 fois l'EBITDA, un niveau nettement inférieur à la plupart de ses concurrents. L'an prochain, 250 millions USD de dettes devront être remboursés. Notons aussi que le remboursement d'un prêt de 500 millions USD a été différé en 2019. ConclusionComme pour de nombreux autres producteurs d'or, la valorisation est retombée à des niveaux extrêmement bas à la fois en termes nominaux et réels. Kinross Gold s'échange à 1,4 fois la valeur comptable, et aucune grosse dépréciation n'est attendue à court terme. L'action peut être considérée comme une option à long terme sur un redressement du cours de l'or.Conseil: digne d'achatRisque: élevéRating: 1C