Le groupe canadien Kinross Gold a perdu une grande partie de son crédit auprès des investisseurs. En 2010, l'acquisition de Red Back Mining lui avait notamment permis de mettre la main sur la mine prometteuse de Tasiast en Mauritanie (Afrique de l'Ouest). Mais c'était juste avant que le cours de l'or amorce sa chute, et le développement du projet s'est avéré nettement plus cher que prévu. Entre-temps, Kinross a acté pour plus de 6 milliards USD de dépréciations et plongé lourdement dans le rouge. L'action est retombée à son plus bas niveau depuis 2001. Au départ, l'intention était d'étendre Tasiast en plusieurs phases, mais il a été décidé cette année de mettre au...

Le groupe canadien Kinross Gold a perdu une grande partie de son crédit auprès des investisseurs. En 2010, l'acquisition de Red Back Mining lui avait notamment permis de mettre la main sur la mine prometteuse de Tasiast en Mauritanie (Afrique de l'Ouest). Mais c'était juste avant que le cours de l'or amorce sa chute, et le développement du projet s'est avéré nettement plus cher que prévu. Entre-temps, Kinross a acté pour plus de 6 milliards USD de dépréciations et plongé lourdement dans le rouge. L'action est retombée à son plus bas niveau depuis 2001. Au départ, l'intention était d'étendre Tasiast en plusieurs phases, mais il a été décidé cette année de mettre au frigo l'ensemble du projet. Le coût de l'extension est estimé à 1,6 milliard USD, et ses cash-flows actuels ne permettent pas à Kinross de supporter une telle dépense sans contracter de nouvelles dettes. Actuellement, le groupe possède des actifs opérationnels aux Etats-Unis, en Russie, au Brésil, au Chili et en Afrique de l'Ouest. Sa production a baissé de 5,3%, à 629.000 onces troy au 1er trimestre 2015. Le prix moyen perçu a reculé de 6,2% sur base annuelle, à 1218 USD l'once. Le coût de production est également en baisse, notamment grâce à l'effondrement du prix du pétrole, mais pas suffisamment pour empêcher la marge brute par once troy d'or vendu de chuter de plus de 11% à 509 USD. Kinross a ainsi accusé une perte nette de 6,7 millions USD au 1er trimestre, contre encore un bénéfice de 31,8 millions USD il y a 12 mois. Hors écarts de change, le groupe aurait cependant enregistré un bénéfice modeste de 15,3 millions USD, soit 1 centime de dollar par action. La direction tablait sur l'équilibre financier. Kinross a toutefois enregistré des cash-flows opérationnels positifs de 215 millions USD. Le coût de production total a baissé à 964 USD l'once troy contre encore 1001 USD l'an dernier. En raison de la baisse des investissements, les dépenses en capital sont retombées à 149,5 millions USD. Kinross prévoit 725 millions USD pour l'ensemble de l'exercice. Le groupe conserve cependant des marges de croissance, car la durée de vie de Chirano a été prolongée d'un an. L'extension de Paracatu doit permettre de produire 34000 onces d'or supplémentaires par an, alors qu'une étude de faisabilité a été lancée concernant la réouverture de La Coipa. Maricunga, au nord du Chili, redeviendra opérationnelle en juin après que des précipitations exceptionnelles ont entraîné sa fermeture. Pour l'ensemble de l'exercice, Kinross table sur une production comprise entre 2,4 et 2,6 millions d'onces et un coût de production total de 1000 à 1100 USD l'once. Le groupe a fait part de son intérêt pour la mine de Cripple Creek au Colorado, dont AnglogoldAshanti a annoncé vouloir se défaire au début de l'année (voir IB-16B). Le 1er trimestre s'est clôturé sur une position de liquidités de 1,01 milliard USD. La dette nette s'établissait à 1,99 milliard USD. ConclusionL'amélioration des résultats opérationnels n'a pas permis de rétablir la confiance des investisseurs dans Kinross. L'évolution du cours reste décevante depuis de nombreuses années. La valorisation a ainsi atteint un plancher historique à 0,6 fois la valeur comptable. Seule une hausse du cours de l'or et donc des bénéfices pourra cependant ramener la confiance.Conseil: digne d'achatRisque: élevéRating: 1C