98,21 EUR - 4B Alléger
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98,21 EUR - 4B AllégerEn termes de visites, le semestre écoulé n'est absolument pas exceptionnel pour le plus grand -et de loin- exploitant de salles de cinéma belge (11 complexes en Belgique avec 138 écrans ; en France, 7 complexes avec 87 écrans ; en Espagne, 3 complexes avec 64 écrans ; en Pologne, 1 complexe et 20 écrans -exploitation par ITIT- et en Suisse, 1 complexe et 8 écrans). Une offre locale moins fournie en Belgique et en France, un nombre de jours de neige largement supérieur à la moyenne et une poursuite de l'affaiblissement du marché espagnol ont fait plonger le nombre de visiteurs : 8,37 millions au 1er semestre, ou plus d'un million de moins (ou -11,1%) qu'à la même période l'an dernier. Aucune affiche internationale n'a par ailleurs déplacé les foules. Au final, c'est Iron Man 3 qui est le film le plus vu dans les salles de Kinepolis au 1er semestre 2013, avec 415.000 entrées. Mais entre-temps, vous connaissez la suite de l'histoire. L'équipe de direction emmenée par Eddy Duquenne a adapté sa stratégie de manière à ce qu'un nombre identique ou inférieur de visiteurs ne provoque pas forcément une baisse du chiffre d'affaires (CA) et du bénéfice. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle Kinepolis se profile depuis quelques années comme une star des listes de cotation. Une nouvelle preuve en est fournie avec les chiffres semestriels 2013. Malgré un léger repli (-11%) du nombre de visiteurs, le CA s'est tassé de seulement 6,5%, à 109,7 millions EUR, conséquence d'une légèrement progression du prix de l'entrée à 7,19 EUR (contre encore 7,09 EUR en 2012), de dépenses moyennes plus élevées au cinéma (boissons, glaces, DVD, etc. ; de 2,72 à 2,82 EUR par visiteur) et d'une augmentation des publicités sur écrans (+15,7%, conséquence de la reprise de Brightfish, notamment). Ainsi la marge de REBITDA (cash-flow opérationnel hors éléments exceptionnels/CA) a-t-elle atteint un nouveau record semestriel de 27,9% (contre 27,4% au 1er semestre 2012). Et ce, parce que le REBITDA par visiteur a augmenté de 3,41 EUR à 3,66 EUR. C'est aussi un record et une conséquence de plusieurs évolutions qui ont marqué ces dernières années, comme le " remodelling " des complexes avec Mega Candy's, la numérisation des complexes avec la percée du contenu 3D "plus cher" et un plus grand nombre de possibilités de B2B. Le bénéfice opérationnel récurrent (hors éléments exceptionnels) a cependant reculé de 5,5%, à 21 millions EUR, ce qui a ramené la marge de REBIT à un niveau enviable de 19,1% (contre 18,9% au 1er semestre 2012). Le bénéfice par action a rebondi de 5,3%, à 2,59 EUR (contre 2,46 EUR à la même période en 2012) grâce notamment au rachat d'actions propres. La dette financière nette s'est toutefois alourdie sur la période de 17,3 millions EUR, à 107,5 millions EUR (1,5 fois le REBITDA). C'est principalement la conséquence du rachat massif d'actions propres (au 1er semestre, plus de 117.000 actions ou plus de 12 millions EUR). L'été ensoleillé de 2013 s'est évidemment traduit par un début de 2e semestre moins rentable, les visiteurs étant moins nombreux. Hunger Games II, Les Schtroumphs II et Het Vonnis devraient contribuer à limiter les dégâts. Ces dernières années, Kinepolis est redevenue une vraie machine à liquidités, grâce à une rentabilité qui s'est nettement améliorée. Qui plus est, ces dernières années, l'action s'est nettement mieux comportée que le reste du marché (136% de return contre 21% pour le BEL20 sur la même période). Le cours a donc atteint un niveau record de plus de 100 EUR en mai et en août. Par ailleurs, le programme de rachat d'actions soutient le cours. Ceci dit, la valorisation est de plus en plus tendue (14 fois le bénéfice escompté et plus de 7 fois le REBITDA), ce qui nous incite à penser que le cours a atteint son maximum à court terme. Nous réitérons donc notre conseil : " alléger " (rating 4B).