Après avoir passé plus d'un an dans la pire des situations qui soit - l'interdiction d'ouvrir -, le plus grand exploitant de salles de cinéma du pays se porte de mieux en mieux. Malgré les réouvertures de la seconde moitié de 2021, quelques mesures restrictives étaient en vigueur au cours des premières semaines de 2022 encore. Les cinémas belges et néerlandais ont même dû refermer leurs portes un certain temps en décembre, mais la situation s'est entièrement normalisée à la fin du 1er trimestre. Après des mois d'abstention forcée, une irrépressible envie de consommer s'est manifestée au 2e semestre de 2021; cette tendance semble s'être plus ou moins confirmée au cours des trois premiers mois de cette année.
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Après avoir passé plus d'un an dans la pire des situations qui soit - l'interdiction d'ouvrir -, le plus grand exploitant de salles de cinéma du pays se porte de mieux en mieux. Malgré les réouvertures de la seconde moitié de 2021, quelques mesures restrictives étaient en vigueur au cours des premières semaines de 2022 encore. Les cinémas belges et néerlandais ont même dû refermer leurs portes un certain temps en décembre, mais la situation s'est entièrement normalisée à la fin du 1er trimestre. Après des mois d'abstention forcée, une irrépressible envie de consommer s'est manifestée au 2e semestre de 2021; cette tendance semble s'être plus ou moins confirmée au cours des trois premiers mois de cette année.Kinepolis a accueilli 17,18 millions de visiteurs en 2021 (-57,4% par rapport aux 40,34 millions recensés en 2019), et 5,94 millions au 1er trimestre de 2022 (-32,7%). Les superproductions, dont Spider-Man: No Way Home, The Batman et Uncharted n'y sont évidemment pas pour rien. On attend aussi beaucoup de Top Gun: Maverick, sorti fin mai. La fermeture en janvier-mars 2021 ayant été quasi généralisée, une augmentation de 1.380,3% de la fréquentation (de 0,4 million à 5,94 millions de visiteurs) en janvier-mars 2022 ne veut rien dire. La mise à jour confirme une consommation par personne plus élevée qu'en 2021 et donc, une progression du chiffre d'affaires plus rapide que celle de la fréquentation. Seule la France n'a pas enregistré de hausse.D'après le communiqué de presse, le cash-flow opérationnel (Ebitda), l'Ebitda hors contrats de location et le cash-flow disponible consolidés ont été positifs au cours des trois premiers mois. A 474,1 millions d'euros, la dette financière nette est restée à peu près inchangée (474,5 millions fin 2021). La suspension des covenants a été prolongée jusqu'au 31 décembre. Kinepolis disposait fin 2021 d'une trésorerie de 199,8 millions d'euros, soit plus qu'avant la pandémie. Ce chiffre est tombé fin mars à 138,9 millions d'euros, mais un placement privé de 61,4 millions avait été remboursé en janvier. Le plan Entrepreneurship 2022, qui prévoit, en plus de l'exercice habituel qui consiste à atteindre le même Ebitda avec 5% de spectateurs en moins, de sérieuses économies de coûts, devrait contribuer à accroître la rentabilité et à accélérer la génération de trésorerie. La stratégie a plutôt bien fonctionné l'an passé, où les cash-flows disponibles ont atteint 48,9 millions d'euros et l'Ebitda a bondi à 72,1 millions d'euros (+323% en un an).Le marché a déploré l'annonce, fin mars, du départ de Nicolas De Clercq, après 10 ans passés au poste de CFO. Ses finances permettent au groupe de procéder à des acquisitions mineures. Des transactions plus importantes exigeraient d'augmenter le capital, une idée que les actionnaires familiaux (46% des actions par le biais de Kinohold) ne rejettent pas. Etant donné les difficultés financières de certains cinémas (familiaux), des opportunités se présenteront sans doute.Le redressement est en bonne voie. Kinepolis sort renforcé de la crise et retrouvera bientôt le chemin de l'expansion. La guerre en Ukraine a fait chuter son action de 60 à 50 euros environ; la valorisation est donc tombée à 18,5 fois le bénéfice et 11,5 fois le rapport valeur de l'entreprise (EV)/Ebitda escomptés pour 2022, ce qui est très acceptable au vu de la croissance probable des années qui viennent. Nous recommandons désormais d'acheter et fixons l'objectif de cours à 58 euros au moins pour les 12 prochains mois.Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 50,45 euros Ticker: KIN BBCode ISIN: BE0974274061Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 1,38 milliard EURC/B 2021: - C/B attendu 2022: 18,5Perf. cours sur 12 mois: +3%Perf. cours depuis le 01/01: -8%Rendement du dividende: -