Le producteur allemand d'engrais et de sel K+S a lancé un sévère avertissement sur bénéfice lundi. Il était évident que le deuxième trimestre serait nettement plus faible que l'an dernier, mais le repli du bénéfice opérationnel (EBIT) de 179millions EUR, à environ 10millions EUR, somme toute difficile à digérer, a sanctionné le cours à hauteur de plus de 10%. Plus sensible que prévu, le repli est imputable à trois éléments. Le repli de la demande de sel d'épandage après l'hiver clément en Amérique du Nord. En outre, les prix des engrais restent sous pression, ce qui n'est pas sans incidence sur la rentabilité de la division Potasse. Et les problèmes environnementaux autou...

Le producteur allemand d'engrais et de sel K+S a lancé un sévère avertissement sur bénéfice lundi. Il était évident que le deuxième trimestre serait nettement plus faible que l'an dernier, mais le repli du bénéfice opérationnel (EBIT) de 179millions EUR, à environ 10millions EUR, somme toute difficile à digérer, a sanctionné le cours à hauteur de plus de 10%. Plus sensible que prévu, le repli est imputable à trois éléments. Le repli de la demande de sel d'épandage après l'hiver clément en Amérique du Nord. En outre, les prix des engrais restent sous pression, ce qui n'est pas sans incidence sur la rentabilité de la division Potasse. Et les problèmes environnementaux autour de l'évacuation des eaux usées en Allemagne. Fin novembre 2015, une autorisation importante avait été donnée, qui pour l'instant est limitée mais a été prolongée temporairement. K+S mise toujours sur une autorisation définitive, pour une nouvelle période, de cet été à fin 2021. Le caractère limité de cette autorisation a rendu nécessaires plusieurs interruptions de la production, en conséquence de quoi 400.000tonnes de moins ont été produites, contre un volume total de 6,8millions de tonnes en 2015. Plusieurs procès sont encore en cours pour déversement illégal d'eaux usées entre 1999 et 2007, alors que dans une affaire plus récente, K+S a été mis hors de cause. Les prix des engrais sont en recul depuis l'éclatement, à l'été 2013, du cartel des exportations Belarusian Potash Co (BPC; ancien cartel entre Belaruskali et Uralkali). Récemment, les actions du secteur ont pris de la hauteur en réaction aux nouvelles tentatives d'approche entre les deux parties. C'est un signal clair: tôt ou tard, la situation de suroffre actuelle couplée à la demande faiblarde (elle-même consécutive à la faiblesse des prix agricoles induite par des récoltes records ces dernières années) prendra fin. K+S a enregistré au premier trimestre un chiffre d'affaires de 1,1milliard EUR, soit un repli de 20,4% par rapport à l'an dernier. Le chiffre d'affaires a reculé, dans la division Sel, de 18,2%, à 594,6millions EUR, et au sein du pôle Potasse, il a dévissé de 24,3%, à 460,5millions EUR. L'EBIT s'est replié de 31%, de 383,1millions EUR à 285,3millions EUR; l'EBIT de la division Potasse a reculé de 36,9%, à 137,1millions EUR et celui de la division Sel, de 11,6%, à 150millions EUR. Le bénéfice net a reculé de 25,4%, à 147,9millions EUR, ou par action de 1,04EUR à 0,77EUR. Le dividende brut entre-temps versé a été relevé de 0,9EUR, à 1,15EUR par action. K+S a annoncé fin mai la reprise des droits miniers sur un projet minier en Australie. Le projet, pour lequel 350millions de dollars australiens (AUD) ont été investis, sera mis en production en 2022. Notons encore le lancement de Legacy, le premier projet neuf de potasse dans la province canadienne de Saskatchewan en plus de 40ans, qui est sur la bonne voie pour commencer la production d'ici à la fin de cette année. ConclusionLe sévère avertissement sur bénéfice du groupe et l'incertitude relative à l'autorisation environnementale évoqués plus haut ont à nouveau poussé l'action vers son plancher de plusieurs années, constaté début 2016 et mi-2013. Compte tenu des perspectives positives pour la potasse à long terme et de la position solide de K+S dans le sel, le niveau de cours nous paraît intéressant. Conseil : digne d'achatRisque : moyenRating : 1B