Le producteur allemand de fertilisants K+S (K pour "Kali", potassium, et S pour "Salz", sel) signe une année 2017 historique. Depuis l'an dernier, il gère une mine en dehors de son marché domestique qu'est l'Allemagne. Le 12 juin, il a en effet mis en production la mine de potasse Bethune, située en province canadienne de Saskatchewan, après l'avoir remise à neuf durant quelques années (projet Legacy). De fait, jusqu'à fin décembre, Bethune n'a produit que 500.000 tonnes, mais elle devrait livrer 1,7 à 1,8 million de tonnes au cours de l'exercice courant et environ 2,8 millions de tonnes en 2023. Au total, K+S a vendu 6,7 millions de tonnes de potasse en 2017. A terme, le coût de production moyen du groupe diminuera grâce à Bethune. Le groupe pourra exploiter pleinement sa ...

Le producteur allemand de fertilisants K+S (K pour "Kali", potassium, et S pour "Salz", sel) signe une année 2017 historique. Depuis l'an dernier, il gère une mine en dehors de son marché domestique qu'est l'Allemagne. Le 12 juin, il a en effet mis en production la mine de potasse Bethune, située en province canadienne de Saskatchewan, après l'avoir remise à neuf durant quelques années (projet Legacy). De fait, jusqu'à fin décembre, Bethune n'a produit que 500.000 tonnes, mais elle devrait livrer 1,7 à 1,8 million de tonnes au cours de l'exercice courant et environ 2,8 millions de tonnes en 2023. Au total, K+S a vendu 6,7 millions de tonnes de potasse en 2017. A terme, le coût de production moyen du groupe diminuera grâce à Bethune. Le groupe pourra exploiter pleinement sa capacité de production. Fin novembre dernier, K+S a décidé d'interrompre à la fin de cette année la production de la mine allemande Sigmundshall (Hanovre). La mine, qui produit annuellement 500.000 tonnes de potasse, approche de la fin de son cycle de vie. L'an dernier, le groupe a avancé dans la résolution de problèmes persistants liés à l'évacuation des eaux usées de trois usines d'engrais allemandes. Il a en outre pris une série de mesures visant à réduire encore la quantité d'eaux usées. En conséquence, K+S ne prévoit pas d'interruptions forcées de ses activités au cours de cet exercice - il avait été contraint d'interrompre la production durant 25 jours en 2017 et 200 jours en 2016. En 2017, le chiffre d'affaires (CA) du groupe a progressé de 5%, à 3,63 milliards d'euros, alors qu'en moyenne les analystes avaient pronostiqué 3,68 milliards d'euros. Cette croissance est attribuable entièrement à la division Engrais (CA de +11%, à 1,7 milliard d'euros), puisque le CA de la division Sel est demeuré stable (à 1,76 milliard). Le cash-flow d'exploitation (Ebitda) a augmenté de 11%, à 577 millions d'euros (572 millions attendus); là aussi, la hausse est à mettre au compte des engrais (+46%, à 269 millions), le sel n'ayant pas généré plus que l'an dernier (+1%, à 325 millions). Ce chiffre inclut une charge unique de 43 millions d'euros liée à la fermeture de Sigmundshall. Le bénéfice net récurrent s'est accru de 11%, à 131 millions d'euros, ou de 0,68 à 0,76 euro par action. La construction de la mine Bethune a cependant accablé les Allemands d'une dette nette de 3,27 milliards d'euros, ce qui, à 6,9 fois l'Ebitda, est élevé. Le taux d'endettement baissera toutefois à partir de cette année, et devrait avoir diminué de moitié en 2020. Confiante, la direction a relevé le dividende brut de 0,3 à 0,35 euro par action. Pour 2018, elle prévoit une hausse des volumes de potasse et de sel, ainsi qu'une amélioration des marges, grâce à ses mesures d'économies et à la légère augmentation attendue du prix de la potasse. Elle s'est par ailleurs fixé l'objectif d'un Ebitda de trois milliards d'euros d'ici 2030 (cela suppose une amélioration de la marge d'Ebitda à 27%, contre +15,9% en 2017). Pour y parvenir, elle entend poursuivre son expansion géographique, se concentrer surtout sur quelques segments de marché et cibler plus spécifiquement ses clients. Le marché n'avait pas apprécié le plan stratégique 2030 que le groupe avait présenté en octobre. Le cours de l'action avait reculé de 10%. Depuis, il s'est redressé de quelque 20%. La valorisation de K+S demeure intéressante, à 1,1 fois la valeur comptable et 17 fois le bénéfice escompté pour 2018. Du reste, le groupe ayant mis en service la mine de Bethune et investi davantage dans la protection de l'environnement, nous entrevoyons de belles années pour son titre. Conseil : acheter Risque : moyenRating : 1BCours : 23,8 eurosTicker : SDF GYCode ISIN : DE000KSAG888Marché : FrancfortCapit. boursière : 4,56 milliards EUR C/B 2017 : 31C/B attendu 2018 : 17Perf. cours sur 12 mois : +14 %Perf. cours depuis le 01/01 : +15 %Rendement du dividende : 1,5 %