L'éminent groupe suisse de private banking (gestion de fortune) Julius Baer Group a énormément progressé depuis sa réorientation stratégique de 2005. D'abord, il a lourdement investi sur son marché domestique, où le nombre de succursales est passé de 7 à 15. Mais Julius Baer a surtout renforcé sa présence dans le reste du monde, notamment par le biais de plusieurs acquisitions. La plus marquante a été celle, au début de l'année dernière, des activités hors Etats-Unis de Merrill Lynch's International Wealth Management Business (IWM). Une opération qui a permis à Julius Baer de réaliser une forte augmentation d'échelle, d'exploiter de nombreuses synergies et d'étendre son portefeuille clients existant, mais surtout de faire un pas de g...

L'éminent groupe suisse de private banking (gestion de fortune) Julius Baer Group a énormément progressé depuis sa réorientation stratégique de 2005. D'abord, il a lourdement investi sur son marché domestique, où le nombre de succursales est passé de 7 à 15. Mais Julius Baer a surtout renforcé sa présence dans le reste du monde, notamment par le biais de plusieurs acquisitions. La plus marquante a été celle, au début de l'année dernière, des activités hors Etats-Unis de Merrill Lynch's International Wealth Management Business (IWM). Une opération qui a permis à Julius Baer de réaliser une forte augmentation d'échelle, d'exploiter de nombreuses synergies et d'étendre son portefeuille clients existant, mais surtout de faire un pas de géant dans sa stratégie d'internationalisation. IWM est en effet présente sur plus de 20 grands marchés financiers internationaux. Notamment grâce à l'acquisition d'IWM, le nombre d'implantations en Europe occidentale (hors Suisse) est passé de 5 à 17 depuis 2005. Le groupe n'est toujours pas présent en Belgique, mais Amsterdam, Luxembourg et Paris sont venus s'ajouter à son portefeuille grâce à IWM. En Europe centrale et de l'Est (Russie comprise) et au Moyen-Orient, le nombre d'établissements est passé en huit ans d'un (Dubaï) à huit, avec un fort accent sur le Moyen-Orient. La croissance en Amérique latine est spectaculaire, et ce continent constitue un marché de croissance crucial pour les Suisses, notamment en raison de leur partenariat avec GPS au Brésil. Récemment, l'entreprise a du reste annoncé avoir relevé sa participation dans GPS de 30 à 80%. En 2005, Julius Baer n'était encore actif qu'aux îles Caïmans. Aujourd'hui, il est également présent au Brésil, au Chili, à Panama, à Nassau, au Pérou et en Uruguay. Mais la croissance en Asie est encore plus impressionnante. Alors qu'il en était encore absent en 2005, Julius Baer nourrit désormais l'ambition d'avoir 25% de ses actifs sous gestion dans le continent le plus peuplé au monde en 2015. En 2006, les deux premières succursales ont été ouvertes à Hong Kong et Singapour. Jakarta (Indonésie) a suivi en 2008, puis Shanghai, et enfin Tokyo cette année. A la fin de l'an dernier, les actifs sous gestion s'établissaient à 254 milliards CHF, une ascension de 34% par rapport à 2012 (189 milliards CHF). Fin avril, ces actifs s'étaient accrus à 264 milliards CHF. Quelque 80% peuvent être attribués à l'acquisition/intégration d'IWM. Un bond gigantesque par rapport aux quelque 61 milliards CHF d'actifs sous gestion fin 2004, juste avant le déploiement de la stratégie de croissance. L'objectif est à présent de finaliser l'intégration d'IWM début 2015, ce qui représente la reprise et l'intégration dans le réseau actuel d'entre 57 et 72 milliards CHF d'actifs (situation au 30/4/2014 : 54 milliards CHF). Le point négatif est cependant la rentabilité des activités d'IWM. Ces activités ont érodé la marge l'an dernier, ce qui explique que le résultat de l'an dernier se soit révélé inférieur au consensus des analystes. Cela dit, sur les quatre premiers mois, la marge brute a déjà progressé de 4 points de base, à 95 points de base (pour les activités IWM : 83 points de base; objectif 2015 : 85 points de base). ConclusionJulius Baer Group est une société leader très bien gérée active dans le private banking, qui présente déjà une exposition de 45% à la croissance des revenus et du patrimoine dans les pays émergents. A 14 fois le bénéfice attendu en 2014 et surtout 12 fois celui de 2015 grâce au redressement des marges, le potentiel haussier est encore réel. L'action reste en Sélection et est donc candidate à une intégration en portefeuille. Conseil: digne d'achatRisque: moyenRating: 1B