Le message communiqué par Jensen Group aux actionnaires à l'occasion des résultats semestriels 2015 est mitigé. Si le premier semestre fut excellent, la direction se montre plus prudente pour le second. Le carnet de commandes est en effet une surprise désagréable, en ce sens qu'au 30 juin, il était bien moins garni qu'au 31 décembre 2014. A la fin de l'an dernier, il était encore de 33% supérieur à son niveau de fin 2013. Ce qui permettait encore à la direction de qualifier le début d'année de " favorable ". A mi-parcours cependant, on ne note plus qu'une progression de 4% par rapport à la situation qui prévalait au 30 juin 2014. Si l'on tient ...

Le message communiqué par Jensen Group aux actionnaires à l'occasion des résultats semestriels 2015 est mitigé. Si le premier semestre fut excellent, la direction se montre plus prudente pour le second. Le carnet de commandes est en effet une surprise désagréable, en ce sens qu'au 30 juin, il était bien moins garni qu'au 31 décembre 2014. A la fin de l'an dernier, il était encore de 33% supérieur à son niveau de fin 2013. Ce qui permettait encore à la direction de qualifier le début d'année de " favorable ". A mi-parcours cependant, on ne note plus qu'une progression de 4% par rapport à la situation qui prévalait au 30 juin 2014. Si l'on tient compte des produits finis et biens en production, la réserve de travail est de 14% inférieure à son niveau de 12 mois plus tôt. C'est pourquoi la direction - généralement prudente - se contente à présent de prévoir un chiffre d'affaires (CA) " supérieur " en 2015 en rythme annuel. Voilà pour les moins bonnes nouvelles. Venons-en aux aspects positifs, les résultats eux-mêmes : le CA a progressé de pas moins de 24,3%, à 150,6 millions EUR, soutenu par la faiblesse de l'euro (EUR). A titre de comparaison : l'an dernier, le CA avait connu une hausse de 8,2% (de 221,4 à 239,6 millions EUR), ce qui était déjà un record. Le cash-flow opérationnel (EBITDA), en progression de 31,3%, a évolué plus positivement encore, à 16,9 millions EUR (2,16 EUR par action). Le résultat opérationnel (EBIT) des six premiers mois est ressorti à 13,57 millions EUR, soit une hausse de 13,6%, conséquence d'une taux d'activité supérieur. Le résultat net, à 9,3 millions EUR (1,19 EUR), est en progression de 14,4% par rapport au 1er semestre 2014. Ces résultats sont légèrement supérieurs aux attentes. Il y avait de fortes chances que cette année soit (très) bonne, comme en témoignait le fait qu'outre le dividende ordinaire de 0,25 EUR brut, le groupe ait versé un dividende supplémentaire de 0,15 EUR pour 2014. Notons que dans le cadre du programme de rachat d'actions propres, aucune action n'a été rachetée sur les six premiers mois de l'année. Pas moins de 800.300 titres ou 10% du total sera racheté sur la période jusqu'au 4 octobre 2017. Fin 2014, le compteur affichait déjà 183.969 ou 23% du total. Nous sommes au même niveau fin juin 2015. La famille danoise est l'actionnaire de référence de Jensen Group et contrôle la société cotée par l'intermédiaire de Jensen Invest (51,7%). La cotation en Bourse est un fait " historique ". Jensen Group - autrefois connu sous le nom LSG et, auparavant encore IPSO-ILG - s'échange uniquement sur le NYSE Euronext Bruxelles et a dès lors plutôt le statut de " small cap ", avec la faible liquidité qui en découle, même si le groupe est un leader mondial dans une activité de niche. Jensen connaît du reste un seul concurrent au niveau mondial, le groupe allemand Kannegieser, qui n'est même pas cotéConclusionJensen Group est une société de premier ordre active dans un marché de niche. Mais les prévisions prudentes pour le 2{+e} semestre et le fait qu'aucune action propre n'ait plus été rachetée freinent le potentiel de l'action. A 12 fois le bénéfice escompté pour 2015, le titre n'a pourtant pas une valorisation excessive.Conseil: conserverRisque: faibleRating: 2A