Comme le Brésil traverse la récession la plus profonde des dernières décennies, les résultats annuels de ce grand acteur latino-américain du secteur financier (coté sur le NYSE sous le ticker ITUB) étaient attendus avec impatience. Et ils n'ont pas déçu ! Nous ne pouvons cependant pas nier que les provisions pour créances douteuses ont augmenté l'année dernière de 26,7%, à 22,9 milliards de réals brésiliens (BRL) ou près de 6 milliards USD. La direction indique que ce chiffre peut augmenter encore cette année (à 25 milliards BRL). Le montant emprunté s'est accru en 2015 de 4,6%, dans la fourchette annoncée de 3 à 7%. À cet égard, la directio...

Comme le Brésil traverse la récession la plus profonde des dernières décennies, les résultats annuels de ce grand acteur latino-américain du secteur financier (coté sur le NYSE sous le ticker ITUB) étaient attendus avec impatience. Et ils n'ont pas déçu ! Nous ne pouvons cependant pas nier que les provisions pour créances douteuses ont augmenté l'année dernière de 26,7%, à 22,9 milliards de réals brésiliens (BRL) ou près de 6 milliards USD. La direction indique que ce chiffre peut augmenter encore cette année (à 25 milliards BRL). Le montant emprunté s'est accru en 2015 de 4,6%, dans la fourchette annoncée de 3 à 7%. À cet égard, la direction est prudente pour cette année, avec une fourchette de -1 à +3%. Mais en raison notamment de la maîtrise des coûts (+10,3% en 2015), la hausse des provisions ne s'est pas traduite par une baisse de rentabilité. L'augmentation des revenus de 15,7% (de 89,8 milliards en 2014, à 103,9 milliards BRL l'an dernier) s'est traduite par une hausse de 15,6% du bénéfice récurrent (hors éléments exceptionnels) (de 20,6 à 23,8 milliards BRL). Ou par action de 3,42 à 4,02 BRL (+17,6%; 1,03 USD par action). Le rendement moyen sur fonds propres (ROE) s'est élevé à pas moins de 23,9% pour 2015. À comparer à 2014 et un chiffre nettement plus élevé que la plupart des banques européennes et américaines, où les chiffres se situent plutôt entre 5 et 15%. Le ratio coûts/revenus de 44% est très élevé au niveau international, même si ce ratio est sous pression (47% pour 2014). Avec plus de 5000 agences, près de 95000 collaborateurs, 350 milliards USD d'actifs sous gestion et 36 milliards USD de capitalisation boursière, Itau Unibanco Holding est une banque universelle articulée autour de deux activités. Itau Unibanco regroupe les activités de banque au détail, d'assurances, de gestion de patrimoine, alors que Itau BBA est l'appellation commune des activités d'entreprises et de banques d'affaires. C'est en outre un groupe de qualité, comme en témoignent les ratios exposés ci-dessus. Itau Unibanco Holding, créée en 2008, est l'archétype d'une fusion réussie. Unibanco a été créée en 1924 par la famille Moreira Salles alors qu'Itau est née en 1944. Notamment grâce à une foule d'acquisitions, l'institution est devenue l'un des plus grands experts bancaires d'Amérique latine. Depuis la fusion, les actifs ont connu une croissance moyenne annuelle de 15,9% et les fonds propres de 12,7%. Cette année évidemment, le taux de croissance ne sera pas comparable. La direction table sur une hausse limitée des revenus (consensus des analystes de +4%, mais ces mêmes analystes prévoient également un repli de 8% du bénéfice). ConclusionLes chiffres annuels supérieurs aux prévisions sont rassurants. Mais compte tenu du poids important (11%) de l'action au sein de l'indice Ibovespa, sa valorisation est affectée par le malaise du pays ainsi que par l'incertitude en Chine. A 6,5 fois les bénéfices attendus en 2016, vous pouvez acheter cette action de qualité à un prix au plancher et miser ainsi sur un redressement inévitable du cours une fois que le négativisme qui entoure le Brésil commencera à se dissiper. Destinée aux investisseurs de long terme.Conseil : digne d'achatRisque : moyenRating : 1B