Inventiva, biotech française fondée en 2011, a signé un premier semestre historique. Le 15 juin, elle a annoncé d'excellents résultats pour son étude de phase IIb consacrée au traitement de la stéatose hépatique non alcoolique (NASH) à l'aide du lanifibranor, un inhibiteur de PPAR (des récepteurs impliqués dans le métabolisme des lipides et des sucres, le développement des tissus conjonctifs et les inflammations). Comme la maladie du foie gras non alcoolique, son prédécesseur dans le processus pathologique, la NASH est, parmi les maladies hépatiques encore sans traitement, le marché recelant le plus grand potentiel: 30 milliards de dollars. Le critère primaire (avec la dose la plus élevée) et les principaux critères secondaires (aux deux doses) de l'étude de phase IIb ont été largement atteints....

Inventiva, biotech française fondée en 2011, a signé un premier semestre historique. Le 15 juin, elle a annoncé d'excellents résultats pour son étude de phase IIb consacrée au traitement de la stéatose hépatique non alcoolique (NASH) à l'aide du lanifibranor, un inhibiteur de PPAR (des récepteurs impliqués dans le métabolisme des lipides et des sucres, le développement des tissus conjonctifs et les inflammations). Comme la maladie du foie gras non alcoolique, son prédécesseur dans le processus pathologique, la NASH est, parmi les maladies hépatiques encore sans traitement, le marché recelant le plus grand potentiel: 30 milliards de dollars. Le critère primaire (avec la dose la plus élevée) et les principaux critères secondaires (aux deux doses) de l'étude de phase IIb ont été largement atteints. Ces résultats, associés à une valorisation bien plus faible que celle de concurrents américains tels que Madrigal ou Intercept, ont donné le signal d'une réintégration dans le portefeuille modèle. Inventiva en a d'ailleurs profité pour faire son entrée sur le Nasdaq le 15 juillet, levant 94,9 millions d'euros par l'émission de 7,48 millions d'actions à 14,4 dollars (environ 12,7 euros). Avec une position de trésorerie de 52,3 millions d'euros au 30 juin, la biotech a en principe de quoi financer ses projets jusqu'au 4e trimestre de 2022. En juillet, un spécialiste américain du foie renommé a rejoint le comité scientifique consultatif pour rédiger le protocole de l'étude de phase III. Les discussions à ce propos avec les agences américaine et européenne des médicaments (FDA et EMA) auront lieu au 4e trimestre. L'objectif est de lancer l'étude au 1er semestre de 2021. Reste à savoir si Inventiva va s'y engager avec un laboratoire pharmaceutique. Une étude de phase III sur la NASH coûte 300-400 millions d'euros. Des poids lourds -- Gilead Sciences, Pfizer, Astra Zeneca, Novartis et Novo Nordisk -- sont certes intéressés par son potentiel, mais sachant que de nombreuses études similaires ont livré des résultats décevants ces dernières années, il pourraient préférer attendre les données intermédiaires (après 12 mois de suivi) de l'étude de phase III, en 2023. Dans ce cas, et même si un partenariat pourrait être encore plus lucratif, Inventiva devrait encore chercher un financement supplémentaire. Inventiva espère pouvoir demander une approbation accélérée si ces résultats intérimaires sont favorables, car le lanifibranor est la première molécule à atteindre les deux critères primaires - résolution de la NASH et amélioration de la fibrose - pertinents pour la FDA et l'EMA. De plus, la différence avec le groupe placebo a été plus marquée dans le groupe de patients plus malades, le plus pertinent pour une étude de phase III. Parallèlement au lanifibranor, Inventiva a encore deux molécules en développement: l'odiparcil - un candidat médicament pour cinq formes de mucopolysaccharidose, une maladie dégénérative héréditaire, pour laquelle deux études de phase Ib/II seront lancées au 1er semestre de 2021, après des résultats de phase Ia encourageants chez des adultes - et l'ABBV-157, molécule développée en partenariat avec AbbVie pour laquelle les résultats d'une étude de phase I sur le psoriasis sont attendus au 4e trimestre. Nous espérions qu'après son entrée au Nasdaq Inventiva verrait sa valorisation se redresser en direction de celle de la concurrence américaine. Cela n'a pas été le cas, et le refus de l'approbation de l'ocaliva (Intercept) par la FDA - jusque-là le produit le plus avancé contre la NASH - juste avant n'y est certainement pas étranger. Reste maintenant à savoir si un partenariat sera conclu dans les 12 mois. L'action reste digne d'achat, mais nous estimons le risque supérieur à la moyenne.Conseil: acheterRisque: élevéRating: 1CCours: 9,90 eurosTicker: IVA FPCode ISIN: FR0013233012 Marché: Euronext ParisCapit. boursière: 378,2 millions EURC/B 2019: -C/B attendu 2020: -Perf. cours sur 12 mois: +358%Perf. cours depuis le 01/01: +168%Rendement du dividende: -