Depuis quelques années déjà, nous suivons avec intérêt la difficile quête d'un traitement contre la stéatohépatite non alcoolique (ou NASH, son acronyme anglais). La NASH, forme la plus sévère de la maladie du foie gras non alcoolique, est la plus importante maladie hépatique non guérissable, après les avancées significatives enregistrées depuis 10 ans pour l'hépatite C. Ce marché représente un potentiel de 30 milliards de dollars.
...

Depuis quelques années déjà, nous suivons avec intérêt la difficile quête d'un traitement contre la stéatohépatite non alcoolique (ou NASH, son acronyme anglais). La NASH, forme la plus sévère de la maladie du foie gras non alcoolique, est la plus importante maladie hépatique non guérissable, après les avancées significatives enregistrées depuis 10 ans pour l'hépatite C. Ce marché représente un potentiel de 30 milliards de dollars. Mais ces dernières années, de nombreuses études ont échoué (par exemple, l'étude de phase III pour le Selonsertib de Gilead Sciences), ou ont livré des résultats mitigés, comme ce fut le cas de l'Ocaliva d'Intercept, qui a eu un impact positif sur la fibrose hépatique, mais aucun effet statistique sur la NASH. L'Ocaliva reste toutefois le traitement le plus avancé, si bien qu'une demande d'autorisation a été effectuée aux Etats-Unis et en Europe pour traiter la fibrose liée à la NASH. Le troisième échec a été celui, en mai, de l'étude de phase III de l'Elafibranor du français Genfit. L'Elafibranor est un agoniste des récepteurs PPAR; plus précisément, il agit principalement sur l'une des isoformes des trois PPAR connus. Des études sur les PPAR sont menées depuis plusieurs décennies déjà, mais l'activation d'une seule isoforme a souvent causé des problèmes de sécurité. Le résultat négatif obtenu par Genfit est encore venu assombrir les perspectives de réussite de l'étude de phase IIb sur le Lanifibranor d'Inventiva. Ce candidat médicament est aussi une molécule PPAR, mais la seule qui active simultanément trois isoformes PPAR, ce qui doit réduire le risque de sécurité - telle était du moins la conviction des fondateurs et principaux actionnaires Fréderic Cren et Pierre Broqua (31,2% des parts, ensemble), qui peuvent se targuer d'une certaine expérience dans le secteur. Or, en 2019, le Lanifibranor a subi un revers pour la sclérodermie systémique, une maladie rhumatismale auto-immune, mais - et c'est une belle surprise - a produit des résultats extrêmement réjouissants dans une étude de phase IIb consacrée à la NASH, la semaine dernière. L'objectif primaire (avec la dose la plus élevée) et les principaux objectifs secondaires (pour deux posologies) ont été largement atteints. Le Lanifibranor est la première molécule à atteindre les deux objectifs primaires (soit une résolution de la NASH et une amélioration de la fibrose) pris en compte pour une possible approbation accélérée (pendant l'étude de phase III) par la FDA, aux Etats-Unis, et l'AEM, en Europe. La différence par rapport au groupe placebo a été la plus marquée dans le groupe de patients les plus sérieusement atteints. Les données de sécurité cruciales - et notamment l'oedème (que l'on peut soigner avec des diurétiques) et une prise de poids limitée - correspondent à celles des études précédentes. C'était pour l'entreprise le moment idéal pour demander une cotation au Nasdaq. Elle entend lever 90 millions de dollars à cette occasion; au 31 mars, elle disposait d'une trésorerie de 46,9 millions d'euros, de quoi fonctionner jusqu'au troisième trimestre de 2021. Le cours d'Inventiva s'est envolé après l'annonce des très bons résultats de l'étude de phase IIb sur la NASH, pour ensuite retomber à 10 euros. La liquidation de sa position par Novo Holdings (qui détenait 8% des parts) a certainement joué, tout comme, probablement, le découragement des particuliers français investissant dans les biotechnologies, après les nombreux revers de ces dernières années. Nous sommes pour notre part persuadés que le Lanifibranor est une toute bonne carte. A 300 millions d'euros, la capitalisation boursière est deux à trois fois inférieure à celle de concurrents américains produisant une molécule comparable. Nous tablons donc sur un net redressement ces prochaines semaines, dans le sillage de l'introduction au Nasdaq, et espérons que d'ici six à 12 mois un partenariat sera conclu qui fera évoluer radicalement l'entreprise. Nous passons donc un ordre d'achat, dans le portefeuille modèle. Conseil: acheterRisque: élevéRating: 1CCours: 9,90 eurosTicker: IVA FPCode ISIN: FR0013233012 Marché: Euronext ParisCapit. boursière: 302,8 millions EURC/B 2019: -C/B attendu 2020: -Perf. cours sur 12 mois: +400%Perf. cours depuis le 01/01: +170%Rendement du dividende: -