Malgré cinq années consécutives de ventes records sur fond d'explosion de la demande de semi-conducteurs, Intel a affiché des performances opérationnelles et boursières nettement inférieures à celles de ses concurrents et des perspectives moins réjouissantes.
...

Malgré cinq années consécutives de ventes records sur fond d'explosion de la demande de semi-conducteurs, Intel a affiché des performances opérationnelles et boursières nettement inférieures à celles de ses concurrents et des perspectives moins réjouissantes.A la différence de ses pairs (hors Samsung), Intel présente un modèle économique dit vertical: le groupe produit la plupart des semi-conducteurs qu'il conçoit. Après la publication de ses derniers résultats trimestriels, il avait annoncé un changement de stratégie; nombre d'analystes tablaient sur une externalisation de la production. Or, Pat Gelsinger, CEO d'Intel depuis février, a annoncé que le groupe se concentrerait sur le marché des fonderies, en fabriquant notamment des semi-conducteurs pour les producteurs ne disposant pas d'usine. Sa nouvelle division, Intel Foundry Services, entend concurrencer TSMC, le leader du marché, en séduisant des clients comme AMD, Apple, Nvidia ou Qualcomm. La réorientation a surpris, car Intel a déjà testé sans succès ce modèle et souffre lui-même régulièrement de problèmes de capacité de production. Laquelle sera cependant étendue d'ici à 2023, puisque le groupe investit 20 milliards de dollars dans la construction de deux nouvelles usines en Arizona. La décision d'Intel intervient dans un contexte de pénurie mondiale de semi-conducteurs. Le fondeur cible en particulier les clients d'Europe et d'Amérique du Nord, où il espère conquérir des parts de marché. Mais l'industrie des semi-conducteurs est cyclique, avec une alternance de pénuries et de surproductions. En outre, l'architecture x86 d'Intel est menacée par les processeurs ARM, dominants dans le segment des puces à faible consommation d'énergie pour appareils portables, où Intel a raté le coche. Tous les produits Apple seront équipés de la technologie ARM d'ici à fin 2022, alors que la firme à la pomme était encore le quatrième client d'Intel en 2019, avec 8% des ventes - une part qui tombera sous 1% en 2023. L'architecture ARM fait également une percée dans les puces pour serveurs destinées aux centres de données, où Intel est également actif. Sur l'exercice 2020, le chiffre d'affaires (CA) d'Intel a augmenté de 8%, à 77,9 milliards de dollars. Le bénéfice net a cependant diminué de 1%, à 20,9 milliards. La baisse de la rentabilité est due à la hausse de l'imposition et des dépenses d'investissement, ainsi qu'au recul des prix de vente moyens. Cette année, les ventes du groupe diminueront de 8%, à 72 milliards de dollars, du fait notamment de la cession de la division des puces mémoire. Intel a réalisé un cash-flow disponible de 21 milliards de dollars en 2020, mais a racheté pour 14,3 milliards de dollars d'actions sur l'exercice. En 2021, le dividende trimestriel sera relevé de 5%, à 0,3475 dollar par action (5,7 milliards de dollars, sur une base annuelle). Fin 2020, la dette nette du groupe s'élevait à 13 milliards de dollars. En 2021, à peine 10 milliards de dollars de cash-flow disponible devraient être générés; si l'on tient compte, en outre, des dépenses supplémentaires, la dette nette va encore augmenter.La nouvelle stratégie d'Intel soulève beaucoup de questions. A près de 14 fois le bénéfice et 3,6 fois le CA prévus en 2021, l'action semble moins onéreuse que ses concurrentes; mais le CA d'Intel devrait diminuer cette année et sa marge bénéficiaire est sous pression. En l'absence d'amélioration prévisible à court terme, nous préférons attendre, malgré le boom que connaît le secteur. Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BCours: 63,77 dollarsTicker: INTC USCode ISIN: US4581401001Marché: NasdaqCapit. boursière: 259 milliards USDC/B 2020: 13C/B attendu 2021: 13,5Perf. cours sur 12 mois: +25%Perf. cours depuis le 01/01: +28%Rendement du dividende: 2,1%