Le Covid-19 a eu deux effets contraires pour Colruyt. La bonne nouvelle, ce sont les bons résultats enregistrés entre début avril et fin septembre, le premier semestre de l'exercice 2020-2021. Le chiffre d'affaires (CA) a augmenté de 5,7%, les marges sont restées stables et le bénéfice net comparable s'est hissé de 194 millions à 215 millions d'euros - des chiffres tout juste supérieurs au consensus. La nette progression des marges brutes, liée principalement à la baisse des promotions durant la première vague de Covid-19, laissait espérer une hausse plus forte du bénéfice, mais l'augmentation des coûts, consécutive notamment à l'adaptation des magasins aux prescriptions sanitaires, ne l'a pas permise. Les marges bénéficiaires sont restées quasi i...

Le Covid-19 a eu deux effets contraires pour Colruyt. La bonne nouvelle, ce sont les bons résultats enregistrés entre début avril et fin septembre, le premier semestre de l'exercice 2020-2021. Le chiffre d'affaires (CA) a augmenté de 5,7%, les marges sont restées stables et le bénéfice net comparable s'est hissé de 194 millions à 215 millions d'euros - des chiffres tout juste supérieurs au consensus. La nette progression des marges brutes, liée principalement à la baisse des promotions durant la première vague de Covid-19, laissait espérer une hausse plus forte du bénéfice, mais l'augmentation des coûts, consécutive notamment à l'adaptation des magasins aux prescriptions sanitaires, ne l'a pas permise. Les marges bénéficiaires sont restées quasi inchangées.La mauvaise nouvelle est la baisse de 32,5 à 31,7% de sa part de marché (80 points de base), alors que, depuis plusieurs décennies, Colruyt gagnait du terrain sur la concurrence. C'est que depuis la pandémie, nombre de consommateurs se sont tournés vers les magasins locaux. Et si Colruyt a beaucoup investi, ces dernières années, dans l'expansion d'OKay, son propre réseau local, la concurrence a toutefois de l'avance sur la distribution de proximité. Les grands magasins attirant les familles nombreuses forment en particulier une menace. Certes, le CA de Colruyt a augmenté car les consommateurs achètent davantage en supermarché, mais le groupe a dû se contenter d'une part plus petite d'un gâteau toujours plus grand. Reste à voir si les consommateurs reprendront leurs vieilles habitudes après la pandémie ou si Colruyt devra redoubler d'efforts pour défendre sa part. Le groupe investit en tout cas massivement dans Collect&Go en vue de surfer sur l'essor du commerce électronique. Il ouvrira un nouveau centre de distribution, plus grand, fin 2021. En raison de la fermeture des magasins non essentiels, Dreamland, Dreambaby et Fiets! ont vu leurs ventes reculer de 3,7%. Pourtant, le CA des activités non alimentaires s'est accru de 21,8%; c'est la conséquence de la consolidation du groupe de mode Fraluc (magasins ZEB, notamment).Pour l'exercice 2020-2021, la direction prévoit un bénéfice net courant au moins égal à celui de l'exercice précédent (380 millions d'euros). Colruyt enregistre une rentrée exceptionnelle de 31 millions d'euros grâce au transfert des activités éoliennes d'Eoly à Virya, le holding qui regroupe ses participations dans les énergies renouvelables. La direction s'est dégagé cette marge de manoeuvre pour répondre aux incertitudes liées au Covid-19. Son bilan reste très bon, mais pour la première fois depuis des années, Colruyt a accusé une dette nette, de 57 millions d'euros, principalement en raison de la consolidation de Fraluc. Le groupe n'a pas généré de cash-flow disponible au 1er semestre de l'exercice du fait de la constitution de stocks plus importants et d'investissements assez lourds. Colruyt entend investir au moins 400 millions d'euros sur l'exercice et 1,2 milliard d'euros sur les trois prochaines années.La crise sanitaire a soutenu les ventes de Colruyt, mais la concurrence a su davantage tirer profit du changement de modèle de consommation. La perte, relativement importante, de sa part de marché est à surveiller. La valorisation semble juste, avec un rapport cours/bénéfice de 17 et une valeur d'entreprise correspondant à 8 fois le cash-flow opérationnel. En tant qu'action défensive, l'action mérite une place dans tout portefeuille. Le conseil d'achat est maintenu.Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2BCours: 49,5 eurosTicker: BBCode ISIN: BE0974256852Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 6,6 milliards EURC/B 2019-2020: 19C/B attendu 2020-2021: 17Perf. cours sur 12 mois: +7%Perf. cours depuis le 01/01: +2%Rendement du dividende: 2,7%