Inditex (pour Industria de Diseño Textil) est la société propriétaire de Zara. Fondée en 1963 par Amancio Ortega Gaona, désormais l'une des plus grandes fortunes d'Europe, Inditex produisait à l'époque des vêtements pour femme. Un virage a été amorcé en 1975, lorsque la première boutique Zara a ouvert ses portes à La Corogne (Galice, nord de l'Espagne). Le groupe est entré en Bourse de Madrid en 2001; il y enregistre, depuis, une croissance soutenue, grâce notamment à la progression ininterrompue de son chiffre d'affaires (CA) et de son bénéfice.
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Inditex (pour Industria de Diseño Textil) est la société propriétaire de Zara. Fondée en 1963 par Amancio Ortega Gaona, désormais l'une des plus grandes fortunes d'Europe, Inditex produisait à l'époque des vêtements pour femme. Un virage a été amorcé en 1975, lorsque la première boutique Zara a ouvert ses portes à La Corogne (Galice, nord de l'Espagne). Le groupe est entré en Bourse de Madrid en 2001; il y enregistre, depuis, une croissance soutenue, grâce notamment à la progression ininterrompue de son chiffre d'affaires (CA) et de son bénéfice. Confinement oblige, Inditex, qui possède, en plus de Zara, les marques Pull and Bear, Massimo Dutti, Bershka, Stradivarius, Oysho, Zara Home et Uterqüe, a fermé plus de 6.000 de ses 7.500 points de vente en avril. En date du 31 janvier, il recensait 7.469 boutiques dans 96 pays, un chiffre déjà en baisse de 12 unités en un an; la tendance historique n'avait donc pas attendu la pandémie pour commencer à ralentir, voire à s'infléchir. Mais la crise a accéléré le mouvement, puisque la direction a récemment annoncé son intention de fermer les 1.000 à 1.200 magasins les moins rentables. La mesure frappera moins Zara que les autres marques, et davantage l'Europe et l'Asie que les autres régions. Le commerce virtuel, dans lequel le groupe investissait considérablement depuis des années déjà, va bénéficier d'un coup d'accélérateur, une politique qui sera le fer de lance du plan stratégique Inditex 2022 - l'entreprise entend générer d'ici à 2022 plus de 25% de son CA en ligne, contre 14% lors de l'exercice 2019-2020. Elle compte investir à cet effet un milliard d'euros environ. Loin d'avoir eu raison de la confiance que la direction a en l'avenir et en son modèle d'affaires, le Covid-19 l'a tout simplement incitée à mettre davantage l'accent sur le numérique, au détriment des boutiques physiques.Inditex doit son succès à la parfaite symbiose qui unit stylisme, production, logistique et ventes. Malheureusement, le confinement a fait chuter de 44% (de 5,9 à 3,3 milliards d'euros) son CA net, un recul que l'envolée de 50% (et de 95%, même, en avril) des ventes en ligne a échoué à compenser. En mai, premier mois du deuxième trimestre de l'exercice décalé, le déclin a même atteint 51%. La réouverture progressive des commerces a permis de ralentir la chute, si bien que l'écart, tout début juin, n'était plus que de -34% par rapport à la même semaine un an plus tôt. Nombre de marchés asiatiques importants, comme la Chine, le Japon et la Corée du Sud, enregistrent, eux, une normalisation de leur CA hebdomadaire en glissement annuel. Les flux de trésorerie d'exploitation sont tombés de 1,7 milliard à 484 millions d'euros (-71%). Les dépenses opérationnelles ont pourtant été allégées de 21% et les stocks, de 10%. La traditionnelle croissance du bénéfice net fait désormais place à une perte nette de 409 millions d'euros (734 millions de bénéfice net au premier trimestre du dernier exercice). La provision de 308 millions établie dans la perspective du programme d'optimisation des magasins explique en partie l'importance du repli. Le conseil d'administration propose de ne débourser en novembre qu'un dividende ordinaire de 0,35 euro au titre du dernier exercice; le dividende majoré relatif aux deux exercices suivants sera payé avec un an de retard, soit en 2021 et en 2022. Inditex, qui traverse la crise la plus grave de son histoire, n'annoncera pas d'augmentation de son CA et de son bénéfice, du jamais vu depuis son entrée en Bourse. Cette perspective lui coûte déjà 30 milliards d'euros de valorisation. Rien de cela ne remet toutefois ses qualités en cause. La crise a au moins le mérite de rendre, pour la première fois depuis une éternité et dans une perspective pluriannuelle, la valorisation plus intéressante. Un titre à surveiller, en attendant d'avoir la certitude que le pire est passé. Conseil: conserver/attendreRisque: faibleRating: 2ACours: 24,95 eurosTicker: ITX SMCode ISIN: ES0148396007Marché: MadridCapit. boursière: 77,8 milliards EURC/B 2020: 21C/B attendu 2021: 39Perf. cours sur 12 mois: -2%Perf. cours depuis le 01/01: -21%Rendement du dividende: -