Vu la belle évolution du cours du producteur de lingerie - il a gagné plus d'un tiers depuis que Marleen Vaesen a succédé à Erwin Van Laethem au poste de CEO en décembre -, les investisseurs prévoient un redressement du chiffre d'affaires (CA) et des marges. Mais pour la directrice, le défi est le même que pour son prédécesseur: l'entreprise, montée très tard dans le train du numérique, doit poursuivre le développement d'une infrastructure de commerce électronique. Ce n'est pas simple, et la transformation a un prix. Ce sont 5.000 boutiques qu'il faut préparer à la vente en ligne. Or, cela ne s'improvise pas, et la concurrence est rude. Marleen Vaesen comme le président de l'entreprise, Herman Van de Velde, ont d'ailleurs concédé qu'ils avaient encore beaucoup à apprendre...

Vu la belle évolution du cours du producteur de lingerie - il a gagné plus d'un tiers depuis que Marleen Vaesen a succédé à Erwin Van Laethem au poste de CEO en décembre -, les investisseurs prévoient un redressement du chiffre d'affaires (CA) et des marges. Mais pour la directrice, le défi est le même que pour son prédécesseur: l'entreprise, montée très tard dans le train du numérique, doit poursuivre le développement d'une infrastructure de commerce électronique. Ce n'est pas simple, et la transformation a un prix. Ce sont 5.000 boutiques qu'il faut préparer à la vente en ligne. Or, cela ne s'improvise pas, et la concurrence est rude. Marleen Vaesen comme le président de l'entreprise, Herman Van de Velde, ont d'ailleurs concédé qu'ils avaient encore beaucoup à apprendre. "Notre approche a insuffisamment tenu compte des clients et commerçants", reconnaissait ce dernier dans le rapport annuel 2018.La direction souhaite mettre l'accent sur les marques fortes de Van de Velde, que distribuent pour l'heure surtout un nombre restreint de ses boutiques et d'autres enseignes spécialisées. Elle espère que cette stratégie entraînera au moins une stabilisation des ventes en 2019. Elle a refusé de faire part de perspectives concrètes pour l'exercice courant et au-delà, précisant que "il faudra du temps avant de voir les ventes et le bénéfice progresser". L'évolution du comportement d'achat des consommateurs se ressent dans les chiffres annuels de 2018. On y voit aussi que le déploiement de la plateforme d'e-commerce a coûté cher. Sur l'ensemble de l'exercice, le CA comparable a fléchi de 1,2%; la baisse a été plus marquée au premier semestre, avant une stabilisation des ventes au second, par rapport à la même période en 2017. Les ventes à périmètre comparable des produits de Van de Velde dans les boutiques qu'elle n'exploite pas elle-même ont cédé 0,6%, un recul limité grâce à la collection d'articles de bain Marie Jo Swim, dont le succès a contrebalancé le repli des ventes de lingerie. Dans les boutiques exploitées par l'entreprise, les ventes ont progressé de 2,5% à périmètre comparable, grâce surtout à l'Europe. Aux Etats-Unis, aucune amélioration n'a été observée. La direction cherche encore la formule gagnante pour ce marché, qu'il est à son estime hors de question d'abandonner. C'est moins le recul du CA que la forte baisse de la rentabilité l'an dernier qui a retenu l'attention des investisseurs, lors de la présentation des résultats. Durant l'exercice 2018, le cash-flow comparable a cédé 28% et le bénéfice, 25%. Le second semestre n'a pas été le témoin d'une amélioration: le bénéfice a diminué d'un tiers en glissement annuel. Le coût - investissements substantiels dans la plateforme d'e-commerce et frais de consultance - de la transformation a fait peur à certains actionnaires. L'actuelle direction a dès lors pour (difficile) mission de transformer Van de Velde de manière plus réfléchie et à moindre coût que précédemment. En dépit des résultats, le dividende a été maintenu à 1,03 euro. De quoi fidéliser les actionnaires. La décision contraint Van de Velde à puiser dans ses réserves financières, mais heureusement, l'entreprise affiche un excellent bilan.Que la valorisation de Van de Velde (C/B de 16) tienne déjà compte d'un redressement, certes limité, du CA et des marges témoigne de la confiance des investisseurs dans la nouvelle direction. Ne seraient-ils pas impatients ? Ils n'ont peut-être pas conscience que des formules gagnantes (entre autres, progression des ventes aux Etats-Unis et en ligne - à moindre coût) ne se trouvent pas rapidement. Le titre demeure à conserver. Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BTicker: VAN:BBCode ISIN: BE0003839561Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 423 millions EURC/B 2018: 15C/B attendu 2019: 15Perf. cours sur 12 mois: -14% Perf. cours depuis le 01/01: +20%Rendement du dividende: 3,2%