La semaine dernière, les actionnaires du plus grand et plus ancien promoteur immobilier de notre pays, actif en Belgique, au Luxembourg et en Pologne, ont été surpris défavorablement par un avertissement sur bénéfice. La particularité des promoteurs immobiliers est que leurs bénéfices découlent de la réalisation de la vente de projets. En conséquence, les bénéfices fluctuent beaucoup au fil des ans. La vente importante, avec son partenaire Breevast (60% Breevast; 40% Immobel), de la participation dans RAC 1 NV à Hannover Leasing (projet Belair, redéploiement de l'ancien centre administratif au coeur de Bruxelles) était prévue pour fin 2013 mais a été fina...

La semaine dernière, les actionnaires du plus grand et plus ancien promoteur immobilier de notre pays, actif en Belgique, au Luxembourg et en Pologne, ont été surpris défavorablement par un avertissement sur bénéfice. La particularité des promoteurs immobiliers est que leurs bénéfices découlent de la réalisation de la vente de projets. En conséquence, les bénéfices fluctuent beaucoup au fil des ans. La vente importante, avec son partenaire Breevast (60% Breevast; 40% Immobel), de la participation dans RAC 1 NV à Hannover Leasing (projet Belair, redéploiement de l'ancien centre administratif au coeur de Bruxelles) était prévue pour fin 2013 mais a été finalisée au 1er trimestre 2014. En conséquence, le bénéfice net 2013 fut maigre mais l'année 2014 fut excellente, marqué par un bénéfice net de 20 millions EUR ou 4,86 EUR par action, son meilleur résultat depuis 2007. Les résultats 2015 se rapprocheront plutôt de ceux de 2013. A présent, les projets Black Pearl (11.000 m² de bureaux à Bruxelles) et RAC 2 (9500 m² de bureaux à Bruxelles) n'ont trouvé aucun locataire, et ne seront pas vendus avant la fin de cet exercice. Tout comme en 2013, le résultat 2015 sera donc proche de l'équilibre (ni bénéfice, ni perte). Mais contrairement à 2014, 2016 ne sera pas forcément un grand cru. L'an prochain devrait en effet être également une année de transition. Les résultats ne devraient pas s'améliorer avant 2017, selon la direction. Ce n'est donc pas un début des plus encourageants pour la nouvelle direction, conséquence d'un énième remaniement de l'actionnariat. L'an dernier, Cresida Investment, filiale de Eastbridge Groep, a disparu du tableau en vendant sa participation de 29,85% dans Immobel à Allfin Group, l'entreprise de Marnix Galle. La prochaine étape aurait pu être une alliance entre cette dernière et Immobel. Mais aucune transaction en ce sens n'a (encore ?) été annoncée. Une " prise de pouvoir " a cependant eu lieu, finalement, à la fin de l'été, par Marnix Galle, en tant que nouveau président du conseil d'administration. A l'occasion des résultats semestriels, Alexander Hodac a été désigné nouveau directeur (CEO). Il provient de Home Invest Belgium et a succédé le 1er décembre à Gaëtan Piret, qui est resté à la tête du groupe de promotion immobilière pendant une décennie. Après le premier conseil d'administration avec Hodac comme CEO, voilà donc qu'un avertissement est lancé. Le nouveau directeur voudrait redynamiser le groupe sur la base d'une analyse approfondie des résultats financiers de chaque projet (en cours). Dans un premier temps, cela revient à un pas en arrière. Au 1er semestre, le chiffre d'affaires s'est élevé à 36,83 millions EUR, le résultat opérationnel (EBIT) à 11,86 millions EUR et le bénéfice net à 2,01 EUR par action. Il est évident que le second semestre sera largement moins bon.ConclusionMarnix Galle (Allfin) entend insuffler une nouvelle dynamique à Immobel et conférer une rentabilité accrue aux projets. Mais d'abord, il faudra donc faire un pas en arrière, après une excellente année 2014. Le cours doit revenir à un nouvel équilibre et aura besoin de temps pour repartir à la hausse. D'autre part, la faible valorisation (inférieure à la valeur comptable), nous fera prendre patience.Conseil : conserver/attendreRisque : faibleRating : 2A